‹ Hortense de BeauharnaisChapitre 52 sur 54 · janvier · texte numérisé non relu

janvier

Hortense, est tombée entre les mains de madame Buonaparte qui l'a donné (sic) à lire au général, qui s'en est beaucoup amusé, parce que la lettre étoit drôle; mais ce qu'on m'en a dit me prouve qu'il y avoit des folies qui lui donneront des regrets d'être crâne même dans les correspondances. Elle y parlait des temps de la chevallerie (sic), du désir qu'elle auroit d'avoir été héroïne dans ces temps merveilleux, d'avoir des chevaliers combattant pour elle, etc., enfin mille folies qui prouvaient des lectures de ces anciens romans; puis, tombant dans le grotesque et dans le trivial, elle lui demandait si le général se chargeoit de son éducation, et que, sûrement, il feroit d'elle une jolie petite fille demandant bien à faire pipi à pot. Elle parlait aussi de messieurs, mais, heureusement, avec légèreté.

Je vous rends compte de tout cela, madame, pour que vous lisiez les lettres. J'en ai laissé partir une d'Olympe % fort bête, mais il n'y avoit rien de blâmable. Caroline auroit dû juger qu'écrire à Hortense à Saint-Germain, ou dans l'hôtel de son beau-père, à Paris, c'étoit une grande différence.

On ne sait comment faire avec ces pauvres têtes : écrire quelques lettres à des amies forme le stile (sic) et paroit, en quelque sorte, utile, et elles trouvent le moyen d'en faire un mauvais usage!...

Cependant, pour vous rassurer, je vous dirai qu'il n'y avoit rien de très blAmable et que le général en a admiré l'écriture et l'orthographe; mais moi je trouve blâmable de se faire passer pour un crAne.

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