Arch. nat., série F
inactive. Naturellement bonne et serviablc, elle n'hésite pas, lorsque lui parvient la nouvelle du malheur qui frappe sa belle-sœur, à se mettre en campagne et à faire agir toutes les influences dont elle peut disposer en faveur de cette dernière.
Les anciennes relations du vicomte de Beauharnais lui ont conservé, dit-on, beaucoup d'influences dans les bureaux des ministres. Elle se présente donc chez le représentant du peuple Vadier, mais celui-ci, devinant, sans doute, l'objet de sa visite, puisque avec David et Jagot il est l'auteur de l'arrestation, refuse de la recevoir.
Alors, elle lui écrit et profite de l'occasion pour lui recommander son mari, qui est fort compromis ; mais elle a beau essayer de le prendre par les sentiments, vanter le « patriotisme pur et vertueux..., l'humanité, la justice », voire même « la sensibilité de cet estimable citoyen », se dire « sans-culotte montagnarde », affirmer que son ménage est « un ménage républicain », que ses « enfants.
l'fnfance. 51
avant la Révolution, n'étaient pas distingués des sans-culottes », etc., etc., Vadier reste insensible à ces adroites flatteries et elle ne pourra pas plus obtenir la liberté de sa belle-sœur qu'elle n'arrivera à protéger son mari.
Le 12 ventôse an II (2 mars 1794), les mêmes Vadier, Jagot, etc. , du Comité de Sûreté générale, signaient un arrêté qui enjoignait au citoyen Sirejean, commissaire du Comité, de s'adjoindre deux membres du Comité de Surveillance de la commune de Romorantin, pour se saisir de la personne du « ci-devant commandant en chef de l'armée du Rhin » et de le conduire dans « une maison d'arrêt à Paris*. »
Appréhendé, le 21 ventôse, à la Ferté-Aurain, Beauharnais fut emmené à Paris et incarcéré aux Carmes le 24 du même mois (14 mars), bien qu'il affirmât que son « arrestation ne pouvait être attribuée qu'à une erreur ».