HORTENSE D K BE A U II A KN A 1 S
C'est dans cette prison qu'aboutissaient les rêves ambitieux du malheureux vicomte !
A cette nouvelle, Joséphine, n'écoutant que son cœur, vole au secours de son mari : lettres, démarches, prières, supplications, elle n'épargne rien pour le tirer de peine, sans calculer que son dévouement peut la rendre suspecte à son tour. C'est pourtant ce qui arrive.
Dans la soirée du dimanche de Pâques, 1" floréal (21 avril), deux membres du Comité révolutionnaire de la section des Tuileries, assistés d'un membre du Comité révolutionnaire de la section Fontaine-Grenelle, se présentèrent rue Saint-Dominique, porteurs d'un arrêté du Comité de Sûreté générale, ordonnant que « la nommée Beauharnois, femme du ci-devant général, rue Dominique, n^ 43, la nommée Hoston, môme maison, et le nommé Croisœuil, leur allié, demeurant à Croissy, près Chatou, seront saisis par les citoyens Lacombe et George..., perquisitions seront faites, les scellés apposés, procès-verbal dressé, et les
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sus-nommés et tous autres chés eux trouvés suspects, conduits dans des maisons d'arrêt de Paris, pour y rester détenus par mesure de sûreté générale » .
Les commissaires constatent, dans leur procèsverbal, que la « citoyenne Beauharnois, » ayant pris connaissance de Tordre qu'ils étaient chargés d'exécuter, présenta ses papiers et correspondances, mais « après la recherche la plus scrupuleuse », ils ne trouvèrent « rien de contraire aux intérêts de la République, au contraire une multitude de lettres patriotiques qui ne peuvent faire que l'éloge de cette citoyenne ».
Les perquisitions terminées, les scellés furent apposés sur divers meubles de l'appartement et « la citoyenne Marie Lannoy, amie de la citoyenne Beauharnois », en fut instituée gardienne.
Après avoir signé le procès-verbal avec les commissaires et Marie Lannoy, Joséphine fut conduite d'abord rue de Lourcine, à la prison des Anglaises, d'où, faute de place sans doute, on la renvoya à la maison des Carmes, rue de
Oi HORTENSE DE REAUHARNAIS.
Yaugirard, où elle fut écrouée le lendemain, 2 floréal*.
C'est là qu'elle retrouva son mari, dont l'adversité avait singulièrement amendé le caractère et qui, pour la première fois de sa vie peut-être, allait s'attacher à sa femme et à ses enfants, qu'il était à la veille de quitter pour toujours.
Quant à madame de Lamothe-Hosten, dont le « domicile, tant à la ville qu'à la campagne », avait été signalé « comme un lieu de rassemblements de gens suspects, entre autres d'un nommé Galon, Vergenne, perre et fils aîné... », elle fut arrêtée à Groissy avec sa fille et son gendre, malgré les efforts de la municipalité,
1. cf Section des Tuileries. — Comité de surveillance révolutionnaire. — Le concierge de la maison d'arrêt des Carmes, (biffé Anglèses, sic)^ rue de Lourcine, recevra la citoyenne Beauharnois, femme du général, suspecte aux termes de la loi du 17 septembre dernier, pour y être détenue jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, et par mesure de sûreté générale.
» Fait au Comité, le 2 floréal, l'an II de la République française une et indivisible.
T> Signé: charvet, george, lacombe, picot,