JUL1B
Tant il a couru vent arrière
Avec bonnett'z et perroquets,
Qu'il croit ne plus revoir la terre.
Hélas! la verront ils jamais?
Mais voici le cri : « France! France ! »
Allons! enfans, pare à virer !
Mais n'est-ce pas trop d'espérance,
Bon matelot?... faut-il pleurer!
Le mattlot pense à sa brune...
Sitôt dit et sitôt paré!
< Laissez-moi monter dans la hune, Pour vous tous je regarderai» »
« Je vois la brise qui se lève, La mer sur les brisans briser.
Terre ! je vois la grande grève, Et la girouetl* du clocher. »
(Reprise du Chœur.) (Julie remonte vers la terrasse.)
Julie, tu chantes à ravir !
JULIE
Ma chère, on met un canot à la mer... un canot à six rameurs... celui du capitaine...
Vraiment?
julie, descendant la scène.
Oui, oui... s'il vient à terre, M. d'Anterive l'accompagnera. Nous allons donc le revoir, ce pauvre Lucien! En vérité, je ne croyais pas que cela pût me troubler à ce point.
Charles, à Hortense.
Encore une fois, pardon, madame ; mais peut-être voulez-vous voir vous-même...
JULIE
Oh ! non, monsieur, cela ne la regarde pas; c'est moi qui attends et qui espère; continuez... je lâcherai de ne plus vous interrompre...
Elle remonte vers le fond et disparait encore un moment.
M"5* d'Espallion a raison,, monsieur, je n'attends personne; pardonnez-moi donc si j'ai donné à sa joie un peu de l'attention que vous m'aviez demandée... Et maintenant, veuillez me dire à quoi tendent tous ces éloges que je ne mérite pas, mais que j'accepte comme une preuve de la tendresse de M. Dupcrron.
CHARLES
Ils tendent à une conclusion tout au moins singulière; c'est que moi, qui sais tout ce que vous valez, qui comprends combien on doit être heureux de vous ado-