‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 12 sur 76 · JUL1B · texte numérisé non relu

JUL1B

Tant il a couru vent arrière

Avec bonnett'z et perroquets,

Qu'il croit ne plus revoir la terre.

Hélas! la verront ils jamais?

Mais voici le cri : « France! France ! »

Allons! enfans, pare à virer !

Mais n'est-ce pas trop d'espérance,

Bon matelot?... faut-il pleurer!

Le mattlot pense à sa brune...

Sitôt dit et sitôt paré!

< Laissez-moi monter dans la hune, Pour vous tous je regarderai» »

« Je vois la brise qui se lève, La mer sur les brisans briser.

Terre ! je vois la grande grève, Et la girouetl* du clocher. »

(Reprise du Chœur.) (Julie remonte vers la terrasse.)

Julie, tu chantes à ravir !

JULIE

Ma chère, on met un canot à la mer... un canot à six rameurs... celui du capitaine...

Vraiment?

julie, descendant la scène.

Oui, oui... s'il vient à terre, M. d'Anterive l'accompagnera. Nous allons donc le revoir, ce pauvre Lucien! En vérité, je ne croyais pas que cela pût me troubler à ce point.

Charles, à Hortense.

Encore une fois, pardon, madame ; mais peut-être voulez-vous voir vous-même...

JULIE

Oh ! non, monsieur, cela ne la regarde pas; c'est moi qui attends et qui espère; continuez... je lâcherai de ne plus vous interrompre...

Elle remonte vers le fond et disparait encore un moment.

M"5* d'Espallion a raison,, monsieur, je n'attends personne; pardonnez-moi donc si j'ai donné à sa joie un peu de l'attention que vous m'aviez demandée... Et maintenant, veuillez me dire à quoi tendent tous ces éloges que je ne mérite pas, mais que j'accepte comme une preuve de la tendresse de M. Dupcrron.

CHARLES

Ils tendent à une conclusion tout au moins singulière; c'est que moi, qui sais tout ce que vous valez, qui comprends combien on doit être heureux de vous ado-

Page 1