‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 13 sur 76 · ACTE I, SCENE i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE i

rer, je ne viens implorer que votre protection en faveur de l'amour que j'éprouve pour une autre. iiortense.

Je m'en cloutais, monsieur, et c'est pour cela que je vous laisse parler. Vous aimez donc Amélie?

CHARLES

Oui, madame, j'aime la fille de M. Duperron; mais, faut-il vous le dire, il a repoussé toutes les insinuations que je lui ai faites à ce sujet.

Ce ne peut être à cause de votre famille, elle est trop honorable pour cela... Est-ce votre fortune?

CHARLES

Sans égaler la sienne, ma fortune est considérable; et il vient de me donner une preuve nouvelle de sa confiance en m'offrant la direction supérieure de sa maison de banque à Naples.

Oui, je sais quelle estime il fait de vous... D'où vient donc sa résistance?

CHARLES

D'un motif bien étrange, chez lui du moins; il me trouve trop jeune.

HORTEINSE.

Lui?

CHARLES

Lui qui s'est marié à vingt ans, lui qui est un grave père de famille à l'âge où tant d'autres jouent encore le rôle d'étourdis, i! trouve qu'à vingt-cinq ans onesttrop jeune pour le mariage.

Peut-être en sait-il plus que vous à ce sujet.

CHARLES

L'union de M. Duperron a été un modèle, madame, et les regrets qu'il a montrés â la mort de sa femme prouvent qu'il avait été heureux daus cette union .

Peut-être... Mais enfin, monsieur, que voulez-vou-* que je lui dise ?

!6 H0RTEN E DE BLESGIE.

CHARLES

Il arrive aujourd'hui même chez Mm« d'Espallion ; je viens de régler pour son compte de très-graves intérêts qu'il avait à Gênes et à Naples, et je dois lui rendre ici compte de sa mission... Mais je ne crois pas que ce soit le seul but de son voyage : une lettre d'Amélie...

Une lettre de sa fille?

CHARLES

Oui, madame, elle sait mon amour, elle ne l'a point repoussé. Elle ne m'a écrit qu'un mot: Autant que j'ai pu le deviner, me dit-elle, ce voyage cache des projets de mariage...

Avec qui?

CHARLES

Je suppose que M. Duperron désirerait resserrer, par le mariage de sa fille avec le vieux comte de Tovolia, les liens d'affaires qui unissent ces deux riches maisons de banque.

Vous avez raison, ce doit être cela. Et Amélie redoute cette union?

CHARLES

Mne Duperron me dit : Adressez-vous à Hortense... C'est elle qui parle ainsi... Mon père a pour elle la vénération la plus tendre, il n'osera lui refuser ce qu'elle lui demandera, et...

julie, revenant en scène*

Le voilà ! le voilà !...

Qui donc?

JULIE

Mais lui, M. d'Aulerive... Il a quille le pont et descendu l'échelle... Mais... toujours le même! si étourdi, si emporté, qu'il tombait à la mer, sans un officier qui l'a retenu.

Un officier?

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