SCENE VI
D'ERVILLÉ, seul.
Je ne m'attendais pas à cette rencontra... Je ne m'attendais pas surtout à ce que l'indiscrétion de d'Auterive me forçât à une si prompte explication... Cependant, si j'ai bien compris la lettre de Duperron, il vaut mieux que cette explication ait lieu sur-le-champ. Pauvr Horten.se ! je l'ai tant aimée, et maintenant encore!... Oh! non, non, il n'y faut plus penser!... Ce seraitfaire un supplice de sa vie et de la mienne... il y aurait toujours entre elle et moi un souvenir, un doute, qui flétriraient notre existence à tous deux... Et ce serment sacré que me dicta mon père mourant!... Hélas! quel souvenir fatal le lui avait donc inspiré? ce serment, hélas! je l'ai jnré, je ne puis ni ne veux le trahir... Hortense e*t avertie, elle se résignera. D'ailleurs, quisait.... Villars la connaît... Il l'aime, sans doute... Et ce n'est peut-être plus que de la discrétion qu'elle attend do moi. Oh ! les femmes, les femmes! et celle-là surtout, si charmante, si belle !... (Se levant.) N'importe, c'est le cas d'appliquer nu mariage cet axiome de guerre de M.deTurenne : Qu'il ne faut pas confier le salut de son armée au général qu'on a vaincu.