ACTE i, SCÈNE VII
d'Ervilîé, malheur à ces unions précoces où l'homme s'enchaîne à tout jamais avant d'avoir usé dansla liberté ces premières fougues de l'âge, ces premiers orages des passions, ces décevantes illusions de la jeunesse qui, plus tard, lui font apprécier bien haut le sincère bonheur d'une vie plus calme... C'est un délicieux départ plein d'amour et d'espérance, pour le jeune homme qui s'engage ainsi... Mais vienne la satiété de son bonheur et le désir d'un autre, vienne la tentation qui lui parlera par les mille voix de son âge, ivre de ses conquêtes nouvelles et de ses plaisirs renaissants... Alors la passion l'emportera, l'exemple Fégarera, et il payera aux amours faciles et aux joies enivrantes la dette de la jeunesse. Seulement, ce qui n'eût été que folie excusable chez le jeune homme, devient un crime chez le mari : car il enlre dans ce sentier périileuxavec une chaîne au pied, sans penser qu'à l'autre bout il y a une victime dont il flétrit la vie dans la fange et dont il déchire le cœur aux ronces du chemin où il marche. d'ervillé.
Ah ! Duperron, vous avez dû bien souffrir pour penser ainsi.
DUPERRON
J'ai surtout beaucoup regardé; et, je vous l'atteste, d'Ervilîé, ma fille n'épousera pas un de ces jeunes enthousiastes, qui s'imaginent que l'amour est le garant de tout bonheur.
d'ervillé.
Duperron, j'aurais beaucoup à vous dire à ce sujet... Mais j'aurais aussi trop mauvaise grâce à ergoter avec le bonheur que vous m'offrez; j'accepte, et pourvu qu'Amélie soit de votre avis...
DUPERRON
Elle en sera.
d'ervillé.
Je le désire.
Je vais près d'elle.
■TMiMMÉrtii
d'ervillé.
Déjà?...
DUPERRON
N'oubliez pas que je ne veux m 'occuper de mon bonheur qu'après que celui de ma fille sera assuré; ne vous étonnez donc pas si je suis si pressé...
11 sort à droite.