‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 38 sur 76 · DUPERRON, HORTENSE · texte numérisé non relu

DUPERRON, HORTENSE

Duperron, en entrant, paraît très-ému ; il dépose sur un siège, près de la porte, son chapeau et ses gants, regarde Hortense qui se retourne et lui fait un petit signe d'amitié ; puis, il redescend la scène, s'approche d'Hortense et lui baise la main.

DUPERRON

Pardon, mon enfant, pardon. J'ai vu, dès la pointe du jour, beaucoup de mouvement dans votre appartement; je viens de voir votre voiture prendre le chemin de la petite porte du parc; j'ai supposé que vous vouliez faire une promenade matinale, et je venais vous demander une bien grande faveur.

Mon ami, ma liberté ne m'a pas fait oublier la reconnaissance que je dois à celui qui a été mon tuteur : je n'ai pas de faveur à vous accorder, j'ai des devoirs à remplir.

Hortense, je ne veux pas qu'il en soit ainsi; oubliez le tuteur, pensez à l'ami... et permettez-moi de vous accompagner.

Où donc?

DUPERRON

Mais dans votre promenade.

hortense, vivement.

Dans ma promenade?... ce n'est pas possible. Je ne puispas, je... (Silence.) Pardon, mon ami, ne m'en veuillez pas; mais, mais pourquoi me demandez-vous cela?

DUPERRON

Parce que j'avais beaucoup de choses à vous dire et un service à vous demander.

hortense, déposant son châle et son chapeau. Un service? Oh ! je reste, mon ami... je reste.

DUPERRON

Non, allez; plus tard... on vous attend, peut-être.

hortense, avec tristesse.

Personne ne m'attend, mon ami... personne... Je pars... je sors, veux-je dire... parce qu'il le faut... parce que...

DUPERRON

Pas un mot de plus, Hortense ! il ne doit y avoir entre vous et moi rien qui ressemble à une justification. Vous faites ce que vous voulez, et c'est bien; tout secret qui vous touche m'est sacré, car il ne peut cacher que quelque pur dévouement ou quelque noble action. hortense, à part.

Quelque malheur aussi !

DUPERRON

Pardonnez-moi donc ce que j'ai dit, si vous y avez vu l'intention la ptus légère de chercher à savoir ce que vous ne voulez pas dire.

Merci, mon ami. Je sais quelle amitié vous avez pour moi.

DUPERRON

Oui, de l'amitié.

De l'estime aussi.

DUPERRON

Oui, de l'estime et surtout, Hortense...

Revenons à ce service que vous attendez de moi.

DUPERRON

Vous avez raison... Oui! d'abord , le bonheur de ma fille avant tout... et puis après...

Ah! il s'agit d'Amélie?... vous voulez la marier, n'est-ce pas ?

DUPERRON

Sans doute. D'où le savez-vous ?

Oh! mon Dieu! cela se devine.,, à la moindre chose... à rien... à l'air joyeux d'une jeune fille... quelquefois à ses larmes.

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