CHARLES, HORTENSE, AMÉLIE
Charles, s'élançant brusquement en scène. Mais non pas comme vous m'aviez promis à moi, madame.
M. de Villars !
AMÉLIE
Charles, je vous avais prié de ne pas entrer.
CHARLES
C'est vrai, mais vous m'aviez dit aussi : Ayez confiance en Mme de Blengie ; elle dissuadera mon père de ce mariage, elle ne peut le vouloir.
hortense, à Amélie, Je ne puis le vouloir, as-tu dit ?
amélie, passant à la gauche d'Horlense.
Ah! Charles!...
hortense, allant à Villars.
Et pourquoi cela? quel intérêt puis-je avoir à l'empêcher? Je ne connais M. d'Ervillé que par ce qu'en dit le monde. De quel droit me placerais-je entre lui et son bonheur?... en quoi cela me iegarde-t-il, et pourquoi ne dois-jc pas vouloir ce mariage ?
AMÉLIE
Par amitié pour moi, je croyais...
Tu t'es trompée, Amélie... Et vous aussi, monsieur. Ce mariage, que je ne dois pas vouloir, selon vous, je le désire... je le souhaite, j'engage Amélie à lecontracter; et cela devant vous, devant tout le monde, s'il le faut... car je ne veux pas que M. d'Ervillé puisse croire comme vous que ce mariage me déplaît, que je m'y suis opposée. Qu'ai-je à m'en inquiéter ? qu'ai-je à y faire ? Et puisque M. Duperron y voit le bonheur de sa fille, je
dois l'y voir aussi, et je me mets de moitié dans ce désir. Amélie doit épouser M. d'Ervillé... il le faut! amélie, à part.
Cette lettre que j'ai trouvée, oh ! je la comprends maintenant !... Pauvre Hortense!... Eh bien! c'est moi qui la sauverai.
le domestique, annonçant.
M. d'Emile.
hortense, à part.
Lui!
charles, à part.
Oh ! puisqu'il en est ainsi, je sais ce qu'il me reste à faire.