‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 5 sur 76 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ALEXIS

Autres temps, autres lieux !

Quand vient la primevère aux chants harmonieux, A la voix du poète, en villageois docile, Je m'arrache en riant au boudoir de la ville; Je cours a la prairie, aux bosquets déjà verts, En tous ces lieux charmants que célèbrent mes vers^ M'unir aux villageois, et, sous l'ombre des hêtres, Mêler des pas légers à leurs danses champêtres, Et l'urbaine élégance à leur franche gaîte ; Le bon ton le permet; et, désormais, l'été, Reine des boulevards, la modeste rentière Peut seule en liberté respirer la poussière. Mais quand la pâle automne a chassé les beaux jours, Quand des bois dépouillés s'envolent les amours, Sans regret, à son tour, je quitte le village : De deux chevaux normands le fringant attelage Me ramène gaîment dans les murs de Paris. Varier ses plaisirs, c'est en doubler le prix ; A des plaisirs nouveaux lorsque l'hiver m'appelle, Ma foi, l'hiver pour moi c'est la saison nouvelle. Quand on peut s'amuser qu'importe la saison ! Qui retrouve un tapis songe-t-il au gazon ! Le rossignol sans voix jusqu'au printemps sommeille ? Mais vous et TAlboni charmerez mon oreille. L'hiver, dit un poète, et c'est un des meilleurs, L'on ne vit qu'à Paris, et l'on végète ailleurs.

EMILIE

A merveille!

ALEXIS

Parlons de la pièce nouvelle...

Vous y jouez ?

GABRIEL

Tous deux.

ALEXIS

Bon ! l'on compte sur elle?

EMILIE

Mais... je le crois.

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