‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 63 sur 76 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

LUCIEN

Mais alors, puisque vous savez tou% pourquoi ne vouloir plus m 'épouser?

JULIE

Parce que les hommes sont des monstres; parce que, pour séduire une femme, il n'y a ni ruse, ni mensonge devant lequel ils reculent... parce que, prières, sermons, larmes, menaces même, ils emploient tout... jusqu'à ce que la malheureuse victime qu'ils ont choisie, tremblante, égarée, souvent à moitié folle, leur donne sa vie, pour n'obtenir que leur mépris !

Mais tous les hommes ne sont pas les mêmes!

JULIE

C'est vrai, monsieur, vous ne m'avez jamais aimée avec cette passion; vous ne m'avez jamais priée comme ça !

LUCIEN

Ainsi donc, si j'avais été moins délicat... julie, avec malice.

Hé !... (Reprenant un air sérieux.) Mais si une faute est excusable, c'est assurément celle d'Hortense... Et comme j'aurais honte d'être heureuse, lorsqu'elle souffrirait un tel abandon, je vous annonce que notre mariage ne se fera qu'avec le sien.

LUCIEN

Ah ! c'est par trop fort !

DUPERRON

Eh bien ! madame, puisque vous voulez bien attacher votre bonheur à celui de Mme de Blengie, permettezmoi d'essayer de la sauver.

JULIE

L'espérez-vous?

DUPERRON

Je ferai pour cela tout ce que peut le dévouement le plus absolu.

JULIE

Comptez^vous donc ramener d'Ervillé ?

duperron. Je tenterai peut-être d'un autre moyen.

N'oubliez pas que votre succès intéresse Mœe d'Espallion.

JULIE

Impertinent!... {On entend sonner dans la chambre d'Hortcnse.) Qu'est cela ?

DUPERRON

C'est elle !

LUCIEN

Mnie de Blengie, qui probablement s'impatiente de ne pas voir arriver les chevaux de poste...

On sonne encore.

DUPERRON

Elle va sans doute venir... (Lucien va pour s'asseoir ; il l'arrête.) Oh ! veuillez me laisser seul avec elle... Et souvenez-vous surtout d'une chose... c'est que ce secret doit mourir entre nous.

lucien. Oh! je suis la discrétion même. julie, à Duperron.

A bientôt, n'est-ce pas? J'entre là, où m'attend Amélie, car je l'ai amenée... Elle souffrait tant!...

DUPERRON

Eh bien! consolez-la... Dites-lui que j'approuve son amour pour Villars... (// va vers la porte à droite.)

LUCIEN

Ah! à propos, Viiiars...

Eh bien?...

LUCIEN

Villars et d'Ervillé... vous ne savez pas ?...

On sonne au dehors.

duperron, qui estprès de la porte de droite. Silence, la voici...

julie, à Lucien.

Venez donc !

LUCIEN

Mais vous ne savez donc pas...

julie, le forçant de sortir à gauche.

Vous me le direz pfus tard !...

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