‹ Hortense de Blengie, comédie-drame en trois actesChapitre 64 sur 76 · DUPERRON, HORTENSE · texte numérisé non relu

DUPERRON, HORTENSE

duperron, au fond.

Puisse-l-elle me comprendre !

hortense, entrant par la porte de droite. Holà!... quelqu'un !... Comment se fait-il que personne ne vienne?... (Elle va pour sortir par laporte du fond et voit Duperron.) Du perron... vous ici!

DUPERRON

Pardonnez-moi d'avoir cherché à vous voir une der nière fois.

Je ne puis pas vous en vouloir... Mais ce que vous avez fait là n'est pas bon...

L'amitié n'a-t-elle aucun droit?

Elle n'a pas celui d'être sans pitié.

DUPERRON

Sans pitié, dites-vous ?...

Oui, Duperron... Qu'êtes-vous venu faire ici?... Pourquoi m'avez-vous poursuivie? pour me demander le secret de mon départ? Je ne vous le dirai pas... Pour me faire changer de résolution? Duperron, vous me connaissez assez pour savoir que je ne mets ni emportement ni colère dans mes décisions... et que c'est pour cela qu'elles sont inébranlables...

Elle s'assied près de la table.

DUPERRON

Je suis venu parce que vous avez oublié vos amis, parce que vous n'avez pas pensé à leur chagrin.

Vous vous trompez.. .j'y ai pensé... et c'est pour cela que j'étais partie sans revoir personne... J'ai mesuré ma force et j'ai trouvé que j'avais assez de ma part de douleur sans m'exposcr à la vôtre...

78 HORTENSB DE BLENGIE.

DUPERRON

Et vous n'avez espéré d'aucun d'eux aucune consolation?

Vous voyez, Duperrou!... voilà, voilà ce que je voulais éviter. Prétendre me consoler, c'est vouloir discuter ma douleur, c'est donc aussi vouloir la connaître... Eh bien ! Duperron, je vous dois la vérité... Je ne sais si je guérirai du désespoir quej'emporte...mais je vous le déclare, si la chose en était connue, j'en mourrais... ainsi donc, ayez pitié de moi et laissez-moi partir...

Elle veut se lever.

duperron, la retenant.

Eh bien ! soit, Hortense. . je n'insiste pas... Mais vous venez de prononcer un mot, qui laissent à ceux qui vous aiment un espoir dans l'avenir... Peut-être, avezvous dit, peut-être guérirez-vousde votre désespoir.

hortense. Peut-être...

DUPERRON

Eh bien ! si ce jour arrive, Hortense, il faut que vous sachiez alors qu'il y a au monde un cœur qui vous attend, un cœur plein de tendresse et de repentir.

De repentir, dites-vous? Quoi... ce cœur... {Après un silence, à part.) Oh ! mais, non, c'est une ruse, Du perron ne sait rien, il ne doit rien savoir. duperron, à part.

Elle ne pense qu'à lui ; elle ne me comprendra pas. hortense.

En vérité, je ne sais ce que vous voulez me dire. Le repentir neconvient qu'aux coupables, et je ne sache personne qui ait envers moi des torts dont il ait à se repentir.

DLTERRON.

Et si ce coupable, c'était moi?...

Vous ?

DUPERRON

Oui, moi, Je vous connais, dites- vous, mais, vous

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