GASTON, HECTOR
HECTOR
Ce cher monsieur Gaston; vous ne me rearanaietiet pas.
CASTOR
Ma foi, non!... Cest qui* depuis que nous avons été on gar oison onttmh’o... à Metz, il y a deux ans, vous avez pris du corps.
HECTOR
Mais, oui, je me porte asic* bien, merci!... L'ennui m’étiolait dans le militaire... mais le calme de la vie civile m’a remplumé.
GASTON
Vous avez quitté le service... comme moi !
HECTOR
Ah bah!... vous aussi? mon compliment.
GASTON
Depuis un an... et vous?
HECTOR
Ab ! moi, peu do temps après notre dernière rencontre, à Metz... vous savez, sur le rempart... où je vous remis ma carte...
CASTON.
Voire carte... ah! oui... (A part, arec impatience.) et la mienne... la mienne! (Il passe derrière Hector et va à fa porte de la maison avec agitation .)
iitcTOR, sans s'apercevoir que Gaston n'est plus là.
Nous allions tous deux en congé h Paris, el vous me promettiez de venir me voir... promesse bien vite oubliée... Qu’avezvous donc?
CASTOR, revenant à Hector.
Rien, rien... c'est qu'au lieu de profiler du congé qui m’était accordé, désireux de me distinguer un p«u el de conquérir un grade autrement que par la patience, qui n’est pas mon fort... je partais le lendemain môme pour l'Afrique...
Où vous vous êtes fait remarquer... J’ai vu votre nom dans l«a journaux... et, en si bon chemin, vous avez renoncé à une carrière qui se présentait si belle?
OASTOR.
Ah ! ne m’en parlez pas 1 un coup de tête! (A port.) Qu’elle est lente, celte femme 1 (Il remonte vers la porte de la maison.)
HECTOR, allant à Gaston.
Pouf moi, je conçois ça... le militaire ne m'allait pas... je n’étais pas de calibre... Mais vous, indépen tant, ardent, impétueux... comme l’obus, dont on vous avait donné le nom... oaston, rnvnanl arec Hector sur le devant.
Eh ! justement, mon cher, ce sont mes qualités qui m’onl perdu. . . Mes chefs ont prétendu que j’étais un brouillon, emporté, colère. . . ça n’avait pas le sens commun.
HECTOR
Prenez donc garde, vous déchirez votre mouchoir.
CASTOR
Ahl... Dans mes états de Service, des éloges sans fin. cl toujours, h côté, h la colonne des observations, le reproche d'on mauvais caractère.
HECTOR
Comme correctif. . , Fumez- vous ? ( Ils ramonteisf.)
GASTON
Jamais. . . Tout cela pour trois ou quatre malheureux duels...
HECTOR
Une misère!
CASTOR
Des gens qui venaient me chercher querelle, ne fallait-il pas leur tendre l'autre joue?
HECTOR
Non!
CASTOR
Bref, j’ai donné ma démission. (Us descendent en se donnant le bras.)
HECTOR
Par incompatibilité d’humeur. Et vous voilà voyageant?... marié?.*, non! (Lui donnant ta main.) Compliment derechef. castor.
Il n'y a pas de quoi, l'étouffe ! (Il te promène .)
HECTOR
J’entends. . . toujours amoureux, romanesque, comme à Metz, vous vous rappelez ?
castor, un peu embarrassé.
Ah! vous savez?. .«
HECTOR
Ce que tous m’avez dit alors, pas davantage; car nous limes ce jour-là un échange de confidences. . . Vous étiez au premier chapitre, et, toujours patient comme l'obus... apres un billet sans réponse, vous vouliez déjà brusquer la fin.
CASTOR
Chut ! ici, pas un mot de cette sotte aventure.
HECTOR
Ah bah!
Am : Voltaire chez Ninon.
Ce roauii qu’avec volupté
Vous commenciez plein d’espérance.
GOTM.
Au début, il en est resté.
BKctna.
Alors, pour votre honneur, silence 1 ft’en parlons plus.,. Car un amant Est ridicule à juste litre,
Quant il tient un sujet charmant.
D’en rester au premier chapitre.
«asto.h, remontant vers la maison.
Ah? l’on vient. . . non. . •
hsctor, à part.
Ah çà ! il ne lient pas en place.. . (Haut.) En ce moment, j’ai idee quo vous avez entrepris un autre feuilleton.
castor, ot.Yc amour.
Ohl cette fois, voyez-vous, ma vie tout entière est là!... J’aime comme un fou ! comme un insensé. . . ce n’est pas do l’amour ... c’est du délire 1... et en ce moment, tenez, mon sang bout, je suis en nage, je. . . ( Jetant par terre la chaise qui est à droite et sur laquelle il s'était appuyé .) Mats elle ne viendra donc pas I
HECTOR
Ah çà! mais l’obus éclate 1 Et cette femme?
CASTOR
Un angel... que vous ne devez pas connaître. J’ai eu tort de vous parier d’elle, car elle est ici.
Ah bah I
HECTOR
CASTOR
Silence! (Apercevant jtf®* Caplain qui sort de la maison.) Enfin! (Il court à elle.)
8CEME V.
HECTOR, GASTON, M- CAPLAIN.
H®* CAPLAIH.
Monsieur...
castor, la faisant avancer vivement.
Vous lui avez donné ma carte. • . elle sait. . . elle m’attend. . . parlez, parlez donc l
M®* CAPLAIN.
Dame! monsieur, vous parlez toujours. (Hector éclate de rire.) castor, le regardant.
C’est moi qui vous fais rire? (Af®* Caplain va ramasser la chaise.)
HECTOR
Non, non. . . Allez toujours. (Il remonte.)
castor, à M m * Caplain.
Eh bien, elle vous a dit?
m®* caplaih, avec hésitation.
Que vous vous trompez, monsieur (lui rendant sa carte), qu’elle ne conualt pas ce nom-là.
oastor, prenant la carte.
Aht
H®* CAPLAIH.
Cesl une dame allemande, qui va rejoindre son éooux à Paris, elle ne parle même pas très-bien français et c’est à peine si elle a pu lire.
castor.
Assez, assez, laissez-moi. (Il passe à droite .) Oh ! mon Dieu ! mon Dieu! (Il s'assied.)
CAPLAIN.
Quand Monsieur voudra sa chambre.
castor, avec emportement.
Mais laissez-moi donc l
CAPLAIR.
Je m’en vais» monsieur (A/®* Caplain en s’en allant se trouve
face à face avec Hector qui s'est dirigé vers la maison et qui l'engage à s'en aller ”.) Je suis chez moi ! (Elle passe devant Hector et rentre dans la numon, Hector l'accompagne jusqu'à la porte et redescetid à droite. )