SCENE XX
M« CAPLAIN, HORTENSK, GASTON.
nOfHBXÇK.
Eh bien. Madame... ce canon... on tous l’a remis?
k. Caplain, embarrattèe.
Ce carton... en •(Toi...
caston, tatangasU ei le lui présentant.
Le voiuî
nonTBNSE, ctouffant «a cri.
Ah ! (Elle s’appuie sur la chaise à gauche'.)
caston, allant à Hortente pour la tou Unit.
Do grâce, revenez A vou«. *
IIORTFXSR.
Ah l Monsieur.
oumm, à i/“» Caplain.
Tenez, emportez ! (Jl lui prcxcnle le carton.)
m— caplain.
Mais, monsieur?
cartoU, fl&iemmeni.
Mais allez donc 1 (Jl bouscule .W“« Caplain en lui donr "n » U
carton. Elle rentre dans la maison.)
HOntENSe, remontant vers la droite.
Laissez-moi.. . jo ne pub...
gaston, la retenant.
Au nom du ciel, n« mn fuyez pas ! ne me réduise/ pas au désespoir.
UORTENSE DE CKRNY,
HOATRNSB.
Mais, Monsieur, tant do persévérance k vous retrouver partout sur mes traces, à reparaître sans cosse do vaut moi, devient une persécution.
CASTOR
Tant d'obstination il me fuir, à vous cacher, c’est donc de la haine I
ItüRTBNJE.
Mon 1 fieu î pourquoi vous Lai rats-je 1 Non, Monsieur, non, je de vous hais point.
CASTON.
Mademoiselle !
Ce n’est pas k vous que jo me cachais.
GASTON
Pas à moi !
UORTENSB.
Non ! j'avais compté sur votro générosité, sur votre pitié même ! pourquoi m'avez-vous suivie?
CASTON.
Pourquoi I mais parce que je vous aime! parce que je ne puis rivro ou vous n’ôtes pas. Ah! dans celte retraite mystérieuse où je vous ai vue pour la première fois.. . dans cet asile où plus tard je vousavais retrouvée, vous pouviez me fermer impitoyablement votre demeure... Jo me disais : Elle est lh... bi elle n fuse do mn recevoir, mes lettre* lui porteront m>>u amour, cet amour qui triomphera de ses rigueurs. . et un sourire que je surprenais sur vos lèvres, remplissait mo i cœur d’espeiance! . .. c’était presque du bonheur !... c'était vivre du moins!
HOivrtKSi, iris-émue, à part.
Pauvre jeune homme !
CASTOR
Et quand je crois toucher au comble de mes vœux, vous partez, vous me fuyez encore.... voilh votre répouso k ma demande que vos regards avaient encouragée !
Monsieur...
GASTON
Pourquoi le nier ! Oh f le cœur d'un amant ne s’y trompe pas, Votre émotion vous a trahie, et même dans ce moment... hortense, à part.
O ciol! (/faut.) Quand j’évite votre présence?
CASTON.
Justement I
UORTBNSI.
Quand je vous fuis?
CASTON.
C’rst cela même.
Quand je voua supplie de m'oublier?
GASTON
Ce sont autant do preuves.
DORTENSE.
Comment ?
CASTON.
Oui! vous vous êtes sentie faible devant un amour si persévérant, si profond.. • Vou* avez fuit le combat... on no fuit pas celui qu'on déteste ... O» le brave 1 et ce billet, oe billet que j’ai trouve pour adieu (te lui Montrant) « Je ne puis êlro i vous, je suis trop malheureuse ’ • Uht vous m’aimez!
IIORTBNSE.
Eh bien, Monsieur Gaston, j« no me sens pas de forco k vous opposer plus longtemps la ruse... oui! lani d’amour m’a touchée (arec beaucoup de retenue ) ot s’il m’était permis d’aimer quelqu’un, (lui tendant la main) ce serait vous.
* oaston, s'emparant de sa main arec bonheur .
Oh I j'en mourrai de joie.
BOBTRNSB.
Mais vous voyez bien qu’il y a entre nous une barrière insurmontable.
CASTON.
Je la briserai !
BOBTBNSB.
Je ne puis êlro à vous, je ne puis dire b personne. (Elle passe à droite .)
CASTON.
Vous ête-s libre?
Oui... librel
Et alors pourquoi, mon Dieu! pourquoi?
Ne me le demandez pas.
caston, à demi-voix.
Ob! vous enfermez dans votre cœur quelque secret fatal
vous imposez silonco k quelque douleur profonde... conGez-vous k moi... je vous aime... cette douleur m’appartient.
bortense. *
Monsieur Gaston...., 6’il y avait dans ma vie un de ces événements cruels... un de ces scandales éclatants qui ne peuvent pas flétrir une honnête femme, non.... mais qui compromettent k jamais son existence... Si en me livrant k la calomnie, un lâche, un infâme, m'avait perdue!
CASTON.
Oh! son nom... son nom I Je le tuerai.
HORTENSB.
Réveiller un scandale ancien par un scandale nouveau! me livrer encore aux coups du monde, quand il daigne m’oublier (
CASTON.
Et qu'imnorte le monde!... Mais vous n’avicz donc pas un père, un frère pour vous venger !
BORTENSE.
Non, je suis seule j je n’ai pour moi quo mon honneur, auquel on n'a pas voulu croire!... Mon nom a été foulé aux pieds... j’ai su bientôt qu'il était indigne de s'allier k celui d'un honnête homme !... Qui donc eût partage la honte avec moi ?... J’ai caché mes larmes... j'ai cherché une rotraite... où je serais encore, si votro amour ne m’en eût chassée!
Ahl c’est le ciel qui vous euvoyait un vengeur, un ami.
UOflTiïK&B.
Vous I
CASTOR
Air d’Ttlta.
Tint qoi «or von* piieri cette offense.
Que von* «ares s crsiadis le mépris.
Je ne veux rien !... sa jour de In vengeance.
Je vous dirai, digne alors d’un tel prix :
« Koa.ce n'est plus un amant qui réclame,
• C'est un époux... Votre honneur est sou bien.
» Car le vengeur de votre nom, madame,
“ A seul le droit de vous donoer le sien.
HORTBNSE.
Non ! jo n’accepte pas un pareil dévouement... Je ne puis l’accepte#.. il ine fuit peur... et si vous m’aimez...
GASTON
Si je vous aime!
Partez... quittez celle ville... laissez-moi continuer ma route, jusqu’k la retraite que m’offre une amie.
OASTON.
Me fuir . . encore !
HORTESSS.
Ah ! ce n'est pas vous que jo fuis! (Elle rentre précipitamment dans la maison.)
CASTON.
Hortense! f Très-lentement). Ce n’est pas k moi qu’elle se cache, ce n’est pas moi qu’elle fuit! .. Mais alors, qui donc?... Kst-ce que?...