Cf. Ch. Schmitt. Herrade de Landsberg, p. note
PLANCHE LXXX. congrégation, des religieuses de hohenburg.
Cette dernière miniature a pour titre : « Congrégation religieuse unie dans la charité pour le service de Dieu, au monastère de Hohenburg, à l’époque des Abbesses Rilindis et Herrade Elle nous a conservé les figures en buste, nous ne dirons pas les portraits, des soixante religieuses qui formaient alors la communauté de la célèbre abbaye, avec leurs noms, à l’exception de la première et de la dernière, lesquelles ne sont pas nommées. Les treize dernières sont des Soeurs converses. Herrade leur fait dire cette invocation : «Soyez, o Christ, la douce récompense de nos épreuves, daignez nous associer au nombre de vos Elus2». A la suite de ses religieuses, notre pieuse Abbesse s’est représentée elle-même, en figure entière, à côté de sa communauté. Donnant de nouveau, comme à la miniature précédente, un souvenir de piété filiale à sa chère maîtresse, elle se nomme elle-même « Herrade instituée Abbesse du couvent de Hohenburg après Rilindis, qui l’avait instruite par ses leçons et ses exemples3». Elle tient de ses mains une inscription à l’adresse de sa communauté: «O blanches fleurs, pures comme la neige, vous qui répandez le parfum de vos vertus et qui, méprisant la poussière terrestre, vous reposez dans la contemplation des choses divines, oh! que votre course soit toujours dirigée vers le ciel, où vous verrez face à face le Fiancé en ce moment encore caché à vos faibles regards ! 4 » .
Ces quatre vers sont comme le résumé des débeieuses poésies intitulées Rithmus de Monte Hohenburg et De contemptu mundi qui terminaient le Hortus deliciarum. La digne Abbesse y a déposé toute sa sollicitude pour le salut des fiancées du Christ confiées à sa gai’de ! Et maintenant que nous avons successivement parcouru toutes les feuilles de ce grand ouvrage, nous pouvons dire, en connaissance de cause, que cette pieuse sollicitude y brille partout, jointe constamment au culte et à l’amour de Jésus-Christ, de la sainte Yiei’ge et de l’Eglise, jointe aussi au mépris du monde et de soi-même. Heureuse la
5. Cf. pour ces deux dernières planches : Engelhardt, Herrad von Landsperg, p. 4 — 11, 58—61, 1 17, et tab. XI et XII. — L. Spacii. Lettres sur les Archives départementales du Bas-Rhin, p. 179 — 180. — Gérard. Les Artistes de F Alsace pendant le Moyen-Age, T. I, p. 83 — 84. — Ch. Schmitt. Herrade de Landsberg, p. 47.
Nous avons eu la bonne fortune de découvrir, dans ces deux dernières années, un certain nombre d’excellents calques, que nous donnerons en Supplément pour compléter autant que possible cette reproduction du Hortus deliciarum; trois de ces planches paraissent à la fin de la présente livraison X, les autres formeront la XIe et dernière livraison.
communauté dirigée par une Herrade de Landsberg* !
1. « Congregatio religiosa temporibus Rilindis et Herradis Abbatissarmn in Dei servilio in Hohenburg caritativè adunala. »