‹ Hortus deliciarumChapitre 132 sur 157 · ET LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

ET LA SAINTE VIERGE

La miniature, en tète de cette planche, présente la marche des Israélites dans le désert, qui ornait le feuillet 5i du manuscrit. M. le chanoine Straub en a donné de mémoire, page i3, une description sommaire, car le calque lui faisait alors délàut. Ce calque, très bien dessiné, nous montre la colonne de feu, et, au-dessus, la colonne de nuée. Un massier, revêtu d’une dahnatique de diacre, ouvre la marche, deux autres lévites portent les tentures du tabernacle; vient ensuite l’arche d’alliance, portée par deux prêtres vêtus de la chasuble antique. Deux autres prêtres suivent en sonnant de la trompe, puis on voit Aaron, en costume d’évêque, et Moïse, reconnaissable à la verge qu’il tient levée comme une épée; enfin, un groupe de guerriers avec étendards.

Le bas de cette planche est occupé par quatre calques. Le premier présente un groupe d’enfants de la scène de Moïse recevant les tables de la loi sur le Sinaï (folio 4o du manuscrit). — Une partie de cette scène est donnée PI. XIV.

Les deux calques suivants sont tirés des scènes qui ornaient les feuillets 6o™ et 65™, et qui présentaient l'histoire de Judith et celle d’Esther; c’est une figure de jeune homme et une figure de roi; cette dernière est un dessin magistral. — Enfin, deux figures de la sainte Vierge avec l’Enfant Jésus sur les genoux; ces deux figures n’ont été calquées qua cause de l’Enfant, comme le marque l'inscription : Enfants.

PLANCHE XXV Wl l’arbre généalogique du christ.

Nous avons ici l’arbre généalogique du Christ qui formait le frontispice de la seconde partie du flortus deliciarum. Le deuxième calque de la planche XXV, emprunté à la collection de l’OEuvre Notre-Dame, ne donne que le sommet de cet arbre ; ici c'est la miniature complète remplissant tonte la page et admirablement copiée. A droite et a gauche du Christ, on voit sa famille mystique : les apôtres, les dignitaires de l’Église, les martyrs, les rois et les représentants des peuples chrétiens.

PLANCHE XXVII1"’ les trois mages.

Les deux miniatures de cette page servent à compléter les dessins du cycle de l’Épiphanie. Le calque de la planche XXVII a donné l’arrivée des Mages à Jérusalem; ici nous avons: i° au bas de la planche, ordre renversé, l’offrande de leurs dons à Bethléhem ; la figure de la Vierge avec le divin Enfant est la même que la première de la planche XV"; — et a” au haut de la planche, les Mages avertis en songe de retourner dans leur pays par un autre chemin, et ensuite conduits par l’ange.

PLANCHE XXIX1"’ • sujets divers.

Cette planche porte six petits calqués détachés. Le premier se rapporte encore au cycle de l’Épipliame (f° gu du manuscrit) et devrait être placé avant les deux dessins de la planche XXVII*" C’est le voyage des Mages à la suite de l’Étoile. Ce groupe a été donné par Euoeihardt, tab. III, mais il est certainement rendu ici avec plus d’exactitude.

Le deuxième dessin représente le héraut d’armes, armiger, du roi Hérode, dans la scène du massacre des Innocents. La planche XXVII et Engelhakdt, tab. IV, ont déjà donné cette figure.

Les deux calques suivants portent l’indication: convention? et ont été sans doute copiés pour le costume; ils sont pris, l’un de la feuille 98, l’autre de la feuille 101 du manuscrit.

Vient ensuite un possédé, probablement copié à cause du costume, espèce de blouse serrée à la taille, et enfin un villageois sortant d’une maison et portant un vêtement suspendu à son bâton qu’il tient sur l’épaule; cette figure devait faire paitic d’une scène plus considérable, car on voit encore le pied d’un homme en marche qui précède (1° io6u).

PLANCHE XXX"’ le bon samaritain.

Les deux dessins de cette planche complètent l’histoire du hon Samaritain commencée au bas de la planche XXX*“, où l’on voit les brigands accablant de coups leur victime et la dépouillant, tandis qu’un prêtre à cheval passe outre. Ici, nous avons le prêtre et le lévite à cheval passant tous deux à côté du malheureux blessé, couché tout nu à terre. Suivant 1 usage adopté par les miniaturistes du moyen âge pour mieux exprimer la succession des scènes d’un même évènement, le blesse est représenté deux fois, dans la même attitude aux pieds du cheval du lévite et de celui du prêtre. Sur la planche XXX , e dessinateur avait simplement calqué le prêtre à cheval sans le blessé.

Le second calque montre le bon Samaritain hissant sur sa monture le pauvre blessé bandé à la tête, aux bras et aux jambes, et a côté, nous voyons celui-ci confié aux soins de l'hôtelier à qui le bon Samaritain remet deux deniers; pour mieux exprimer la grande faiblesse du blessé, on l’a représenté assis par terre et tenu par l’hôte el par le Samaritain. De même que toutes celles de ce supplément, cette planche est admirablement dessinée, comme on peut s’en convaincre en la comparant au dessin de la planche XXXWî.

PLANCHE XXX?"'"er sujets divers.

Les cinq calques de cette planche reproduisent des détails dp diverses scènes de l’Évangile, qui offrent de l’intérêt pour l’étude du costume. C’est d’abord un personnage portant une robe 'richement brodée (f° ita); — a0 une possédée, les cheveux hérissés: le démon qui sort de sa bouche a la forme d’un oiseau (f° 1 1 6) ; — 3° Notre Seigneur bénissant et montrant un enfant, dans ce passage de saint Matthieu, chap. XV 111, v. a: «Et JésuSj appelant un petit enfant, le plaça au milieu d’eux et dit: En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez, et ne devenez comme les petits enfants, vous n entrerez pas dans le royaume des cieux. » Ce calque, comme on s’en aperçoit par l’inscription, est contourné; — 4° deux possédés, dont le premier, déjà donné par Engeliiardt, tab. I, figure aussi sim la planche XXXte, — le second est inédit (1° ia3); — 5° enfin, un lépreux, ne portant pour tout vêtement qu’un linge autour des reins, et dont le corps est couvert de pustules (f° ia6).

PLANCHE XXXIP" le mauvais riche et lazare.

Cette planche, la dernière de ce supplément, devrait être marquée XXXIIIWî, car elle complète la planche XXXIII,

dont le premier calque, malheureusement bien imparfait, présente la mort du mauvais riche el celle du pauvre Lazare. -

Ici nous avons deux calques bien dessinés, dont l’un présente le festin du mauvais riche, et l’autre, le pauvre Lazare dans le sein d’ Abraham, tandis que le mauvais riche, dans les flammes de l’enfer, montre sa langue desséchée et demande une goutte d eau. Dans la scène du festin, le mauvais riche à table porte une couronne, ainsi que sa femme, assise à sa droite, tandis que les trois convives n’en portent pas; le pauvre Lazare eçt accroupi au pied de la table, il est presque sans vêtement, son corps est couvert d’ulcères, que viennent lécher deux chiens. — Abraham est une figure noble et imposante; il est assis sur un beau trône couvert de coussins; l’âme de Lazare repose sur ses genoux sous la forme d’un enfant richement vêtu.

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