‹ Hortus deliciarumChapitre 134 sur 157 · LE FESTIN DU PÈRE DE FAMILLE · texte numérisé non relu

LE FESTIN DU PÈRE DE FAMILLE

La première miniature de cette planche nous présente la parabole du débiteur insolvable1. Le roi est assis sur un trône, sous un dais richement décoré, ayant à côté de lui son écuyer qui tient l’épée. Le malheureux serviteur insolvable est

1. Ces planches étaient imprimées et numérotées par les soins de M. Straub 2. S. Matth. XVJII, 23 — 34.

avant la composition du texte.

prosterné dans l’attitude la plus humble, la plus suppliante, la plus propre à toucher le roi. Un groupe de serviteurs semblent intercéder pour leur camarade, l’un d’eux touche le bras de celui qui le précède, sans doute, pour le pousser à prendre la parole et plaider la cause du débiteur : le roi cède à ces prières et étend la main en .signe de grâce et de miséricorde. Ce dessin, qui ornait le folio m verso du manuscrit, n’a pas encore été publié; il est tiré de la collection de la Bibliothèque nationale de Paris.

Le second dessin reproduit le dernier des quatre tableaux de la parabole des conviés qui s’excusent'. Il se trouvait au folio 119 verso du manuscrit. La planche XXXIV a déjà donné le commencement de la parabole: une table couverte de mets, et le père de famille assis à l’extrémité, chargeant son serviteur de dire aux invités que tout est prêt, mais il n’y a pas encore de convives.

Dans la miniature que nous publions aujourd’hui, il y a déjà trois convives à table, et le serviteur en amène de nouveaux, auxquels le maître assigne des places. Entre ces deux tableaux se trouvaient les invités qui s'excusent; il n’en reste qu’un groupe : alius dixit uxorem duxi publié par Engelhardt, tab. II, et dans notre collection, planche XXX iw3.

En expliquant le premier tableau, la table sans convives, M. Straub a fait cette remarque: «Viollet-le-Duc considère le dossier, qui parait derrière la table, comme faisant partie du meuble qu’il compare à nos buffets. Ne serait-ce pas le dossier d’une forme placée derrière la table?4»

Le calque XXXIV Wj justifie pleinement l’observation de M. Straub, c’est bien le dossier d’une forme où sont assis les invités.

PLANCHE XXXVI’“ détails divers de la passion.

La planche XXXVI a déjà donné un détail du reniement de saint Pierre, ainsi qu’une figure d’Hérode. C’est à ces scènes qui occupaient les deux côtés du folio 1 4 1 du manuscrit, que se rapportent les détails des deux planches XXXVP* et XXXVP".

Notre premier calque présente la scène complète du reniement de saint Pierre5, dont nous n’avions jusqu’ici que le détail du milieu. On voit d’abord saint Pierre désigné par une servante comme disciple du Christ; puis saint Pierre se chauffant les mains au-dessus d’un réchaud, apostrophé par une servante, en présence de deux personnages; enfin, deux serviteurs sortant d’une porte richement ornée, désignent saint Pierre comme disciple de Jésus, tandis qu’un coq perché sur la porte chante. Dans ce troisième détail, le geste de saint Pierre est plus vif et plus énergique que dans les deux premiers; il semble que par son indignation il veuille couper court à tout soupçon.

Les deux autres dessins de cette planche sont copiés du même folio 14 1 du manuscrit, probablement de la scène de Jésus-Christ insulté et frappé par les Juifs. Us ont été calqués en vue du costume, comme l’indiquent les inscriptions : Convention et costume de convention; le dernier porte en outre en caractères gothiques le mot consilium, c’est donc un groupe de membres du Sanhédrin.

PLANCHE XXXVL" détails de la passion.

Cette planche donne d’abord un groupe de jeunes gens portant tous une espèce de chlamyde ou manteau, et copiés en vue du costume. Ils sont tirés de la scène de Jésus-Christ insulté et frappé par les Juifs.

Les deux autres sujets sont des détails des miniatures qui occupaient le verso du folio 1 4 1 du manuscrit. On y voyait: i° Jésus devant Hérode; i° Jésus ramené devant Pilate, et 3° la flagellation. Notre deuxième calque complète le premier de ces trois tableaux déjà publié en partie8. C’est Jésus lié et conduit devant Hérode7, figui’e admirable de dignité, une des mieux réussies de Y Ho r tus deliciarum.

Le second tableau du folio 1 4 1 verso, Jésus ramené devant Pilate, a été publié partiellement8.

Enfin, du troisième tableau, la flagellation, il ne reste qu’un des bourreaux, armé d’une verge, que nous donnons sur cette planche. La tunique est relevée des deux côtés, de manière à laisser voir les cordons qui retiennent les chausses.

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