S. Matth. XIV
et sa posture impossible; à côté du roi se trouve Hérodiade parlant à une jeune fille qui semble l’interroger, c’est évidemment la danseuse venant consulter sa mère, pour savoir ce quelle doit demander au roi pour prix de la jouissance quelle lui a procurée1. La salle du festin est jointe à une tour où se remarquent des traces de détérioration, comme aussi à l’un des personnages assis à table; la peinture, une fois détachée du manuscrit, avait sans doute souffert, et l’artiste chargé de la calquer aura, pour être très exact, marqué les lacunes sur son dessin. — La dernière miniature, la mort de saint Jean-Baptiste, fait malheureusement défaut.
PLANCHE XXXIir\ — SUPPLÉMENT.
PARABOLE DU SEMEUR. — MORT DU MAUVAIS RICHE ET DU PAUVRE LAZARE. — VISION DE SAINT PIERRE.
Le premier dessin de cette planche est une copie réduite de la Parabole du Semeur, qui occupait dans le manuscrit une place au fol. 10S verso, copie fidèle et charmante, avec toutes les inscriptions, où la parabole est complètement, expliquée. Le semeur porte la semence dans un pan de son manteau qu’il soulève de la main gauche, tandis que la main droite est prête à jeter la semence quelle renferme. «Une partie est tombée sur la route, aux pieds du semeur, où elle a été écrasée et mangée par les oiseaux. » Un peu plus loin, on voit des rochers avec quelques tiges renversées ou très peu élevées, avec cette inscription: «une autre partie tomba sur la pierre, et ayant levé, elle sécha, parce qu’elle n’avait point d’humidité. A côté, on aperçoit des tiges de blé étouffées par des plantes épineuses, qui les dépassent de beaucoup, c’est la partie qui tomba parmi les épines et, croissant en même temps, les épines l’étouffèrent». Enfin à l’extrémité de la ligne se trouve la «partie qui tomba dans la bonne terre, et ayant levé, elle porta du fi'uit au centuple3». Ce sont en effet de magnifiques tiges droites, serrées l’une contre l’autre et fort élevées. La morale de cette parabole est exprimée dans une inscription placée près de la main droite du semeur: «Tout le genre humain est appelé par Dieu, mais les élus qui persévéreront dans la foi chrétienne seront seuls sauvés».
Le second tableau est une répétition excellente, d’après un calque du Cabinet Royal de Berlin, de la miniature de la mort du mauvais riche et du pauvre Lazare, déjà publiée précédemment, planche XXXIII, mais d’après un calque bien imparfait. Pour l’explication, nous renvoyons le lecteur au texte de cette planche, pages 26 et 27.
La troisième miniature, qui nous manquait jusqu’ici, est la vision de saint Pieri'e relative à la vocation des Gentils ou nations païennes, racontée dans les Actes des Apôtres, X, 1 — 48- Nous voyons dans ce tableau saint Pierre accoudé dans une sorte de loggia, au haut de laquelle un ange tient la nappe, qui renferme des animaux immondes dont les Israélites ne devaient pas manger. L’Ecriture-Sainte raconte que, pendant que saint Pierre hésitait en lui-même sur ce que signifiait la vision qu’il avait eue, voilà que les hommes qui avaient été envoyés par le centurion Corneille encore païen, s’enquérant de la maison de Simon le corroycur où se trouvait alors l’apôtre, arrivèrent à la porte. L’Esprit-Saint lui dit de suivre ces hommes, et saint Pierre comprenant alors le sens de la vision, n’hésita pas à aggréger à l’Église le pieux centurion et toute sa maison : c’était la première conquête du christianisme sur le paganisme. Les quelques mots écrits près de la tête de l’apôtre dans cette miniature sont l’explication du mot extase «extase, saisissement ou ravissement de l’esprit3».
PLANCHE Lf . — SUPPLÉMENT.