‹ Hortus deliciarumChapitre 90 sur 157 · Dict. du mobilier, I · texte numérisé non relu

Dict. du mobilier, I

7. Cf. le dessin de ce trône rectifié ou traduit par Viollet-le-Duc, o. c., I, 283. S. Cf. Weiss, Kostümkunde. Handbuch der Gescbicbte der Tracbt etc. des Aller-

thuins. II, 1031 etc. — Gescbicbte der Tracbt und des Gerâtlis im Miltelalter, 19. i°3-

Le songe de Procula, la femme de Pilate, a dû être bien rarement représenté. Comme on le voit par cette inscription, le démon agit en haine de l’humanité pour empêcher l’œuvre de la rédemption. Même disposition de l’appartement que dans la miniature de la mort du mauvais riche : tabouret au bas du lit, en guise de ciel de lit des traverses ou poutres en bois portant les courtines relevées reposant sur des montants faits au tour et richement ornés1 2.

Dans la deuxième scène, Procula sort de son appartement et envoie dire à Pilate, pendant qu’il était assis sur son tribunal: «Qu’il n’y ait rien entre vous et ce juste, car j’ai beaucoup souffert aujourd’hui dans un songe à cause de lui»1 : use or Pilati mittit nuncium ad Pilatum dicens nichil tibi et justo illi. Multa passa sum per visum pr opter eurii3 4.

PLANCHE XXX VIII. le sacrifice de la croix.

Deux grandes compositions remplissent la première page du feuillet i5o. La première se rapporte aux préparatifs de la crucifixion du Sauveur, la seconde expose avec un ensemble de figures traditionnelles les effets de la mort du Christ.

I. «Après s’être joués de lui, ils lui ôtèrent le manteau de pourpre, le couvrirent de ses vêtements et l’emmenèrent pour le crucifier. . . et ils le conduisirent au lieu appelé Golgotha, c’est-à-dire lieu du Calvaire.»

Ces versets (XV, 10 et 22) de l’évangéliste saint Marc servent d’introduction à la première miniature, qui nous montre la croix dressée et Jésus revêtu de sa tunique avec manches retroussées, prêt à monter sur l’instrument de son supplice, Jésus ascendit crucem \ Un groupe de seize hommes se trouve près de la croix élevée sur un petit tertre et qu’un bourreau demi-nu est en train de munir du suppetaneum. A côté du Christ on lit l’extrait suivant du Spéculum Ecclesice :

«Postc/uam primus parens per lignum in pelagus hujus sceculi quasi in verticem naufragii corruit, alque avulus Leviathan seva morte totum genus hurnanum absorbuit, placuit redemptori nostro vexillum sancte crucis erigere, et hamo carnis sue squamea hostis guttura constringere, ut cuspide vitalis ligni perfossus evomeret quos per vetitum lignum improbus predo devorasset. Hec sancta crux est nobis lampas lucis eterne in hujus vite caligiiie, que suos sequaces ducit ad celestia, suis amatoribus confert gaudia angelica.»

«Lorsque le premier homme, perdu par l’arbre de la science du bien et du mal, se fut en quelque sorte engouffré dans la mer de ce siècle comme un malheureux qui fait naufrage, et que tout le genre humain voué à une mort cruelle fut devenu la proie de Léviathan, il a plu à notre Rédempteur d’élever la bannière de la sainte croix et de percer avec l’hameçon de sa chah- la gueule du dragon, afin que, perforé par la pointe de l’arbre de la vie, le monstre fut forcé de rendre ceux que dans sa rage injuste il avait dévorés par suite de la désobéissance commise sous l’arbre de la science du bien et du mal. Cette sainte croix est pour nous le fanal de la lumière éternelle destiné à nous guider dans les ténèbres de cette vie; ceux qui suivent cette lumière sont conduits aux biens du ciel, ceux qui l’aiment sont enivrés de joies angéliques5.»

Au-dessous de cette citation on lit les versets 25 — 27 du chapitre XIX de l’évangile de saint Jean : Pendant que Jésus- Christ était suspendu à la croix, «la mère de Jésus et la sœur de sa mère, Mai'ie, femme de Cléophas, et Mai'ie-Madeleine étaient debout près de sa croix. Jésus donc, voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà votre fils. Après il dit au disciple : Voilà votre mère. Et depuis cette heure-là le disciple la reçut chez lui.» Nous voyons Marie et Jean à côté de la croix dans la représentation suivante, l’une des plus belles et des plus riches de tout l’ouvrage :

IL Jésus a payé à la mort le tribut de l’humanité.

Le sacrifice est consommé sur le Golgotha ; mais la mort est vaincue elle-même dans son apparent triomphe. «Une hostie vivante est suspendue à la croix pour sauver la vie du monde; au moment où la mort lui fait sentir ses morsures, elle retourne contre elle ses propres armes.» Pro mundi vita suspenditur hostia viva. Quam mors dum mordet, in se sua tela retorquet. «Ce que l’arbre et le serpent, ce que la chair et le sang ont amené de malheurs et de souillures par le péché, le voilà effacé par le sang qui coule de la chair du Christ suspendu à l’arbre croix et devenu le salut des mourants, comme autrefois le serpent d’airain qui en a été la figure.»

Quod caro quod sanguis deliquit arbor et anguis.

i. Christi

Carne jluens sanguis cruce suspensi lavai anguis *.

On donnerait un excellent traité iconographique sur cette l’e présentation, rien qu’en réunissant ce que les PP. Cahier et Martin ont dit sur la matière dans leurs magistrales publications7. Nous devons nous borner à interpréter par quelques lignes l’ordonnance traditionnelle du sujet, qui paraît une infinité de fois dans les monuments figurés du moyen âge, mais

1. Viollet-le-Duc a rendu ces dispositions très-sensibles dans un dessin modernisé de notre sujet. V. o. c. I, 175.

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