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CHAPITRE III

ou LES PLANTES ONT-ELLES LEURS NERFS ?

« Il est certain que les animaux et les plantes multicellulaires dérivent plutôt des protistes. »

Par cette phrase, Hæckel a eu le courage d’aflirmer que les plantes dérivent d’animaux, et comme sa démonstration m'a paru irréfutable, je n’ai pas hésité à formuler a posteriori que les plantes possèdent des centres nerveux.

La peau de la gastrea renferme déjà un tissu nerveux rudimentaire, les zoophytes ou animauxplantes, possèdent des cellules nevro-musculaires, et chez les échinodermes. les cellules nerveuses et musculaires sont séparées.

On a voulu placer les plantes plus bas que les animaux inférieurs, à cause de leur manque de mouvements volontaires ; mais si vraiment le fait de pouvoir changer de place constituait une existence supérieure, les oiseaux et les insectes seraient doués merveilleusement et les zoospores de l’algue devraient être plus élevées sur l’échelle que les orchidées.

Souvenons-nous de l’ascidie, dont on a abuse a

tant de fins; elle débuté par une vie nomade et douée d’une moelle épinière. Lassée de ce vagabondage infructueux, elle a fini par se fixer au fond de la mer où elle attend sa proie. En même temps, elle a perdu aussi sa moelle épinière, mais non son système nerveux, et sa peau s’est changée en une sorte de tissu en cellulose qui ressemble à l’épiderme des plantes.

L'ascidie ne pourrait-elle pas nous indiquer la trace de la dérivation de la plante ou de l’histoire de son origine ? Elle a été autrefois un vertébré qui, fatigué de la lutte, fit retour vers les tuniciers, poussa une espèce de racine et s’entoura de la peau cellusosique des végétaux.

D’où les plantes descendraient elles donc, car elles ont gardé le mode de reproduction des mammifères et en imitent les organes mâle et femelle à s’y méprendre ?

Le fucus dont Tépiderme comporte de la gélatine et dont les zoospores possèdent des mouvements volontaires, est-il donc plus près des animaux que les êtres immobiles couverts de cellulose? Vraisemblablement non, quoiqu’il soit cependant très difficile souvent de constater s’il y a progrès ou retour. Ainsi, quand le coquillage rétrograda et devint moule, fait démontré par Hæckel, cela constitue un retour au point de vue morphologique, mais un avantage pour la moule qui est mieux garantie par ses deux coquilles

hermétiquement closes et par son immobilité relative.

Un insecte qui s’établirait sur une plante, cessant brusquement sa vie mouvementée, se transformerait sans doute en puceron, perdrait ses antennes si finement organisées et les ailes devenues inutiles; sa bouche deviendrait un organe de succion correspondant à la racine des plantes.

Si une branche de lierre enroulée autour d’un tronc d’arbre se mettait à pousser des racines adventives, et que celles-ci s’exerçassent à fonctionner comme organes de nutrition, ce qui a peut-être déjà lieu pour le lierre qui grimpe sur les murs en plâtre, cette branche finirait par se détacher petit à petit de la racine principale et deviendrait parasite. J’en fis une fois l’expérience, en coupant un lierre qui étreignait un. sapin de ses racines adventives, et la branche ainsi détachée, vécut encore vingt-deux jours.

La cuscute qui s’agrippe aux orties, cesse tous rapports avec la terre, dès qu’elle a pris racine chez son nouvel hôte, mais en même temps, elle se simplifie totalement.

Le gui qui a dû à l’origine grimper aux arbres, est devenu par la suite complètement parasite. Ses feuilles ressemblent d’ailleurs à des cotylédons et sa manière de reproduction se rapproche de celle des cryptogames, attendu que les anthères se

trouvent dans le parenchyme des pétales et les sacs d’embryons dans celui des carpelles.

Nul ne songe à nier chez les plantes les cinq fonctions animales, savoir : la nutrition, la digestion, la circulation, la respiration et la reproduction. La racine est leur estomac, et les poils des radicelles sécrètent non seulement de l’acide carbonique, de l’acide acétique et de l'acide chlorhydrique, mais aussi plusieurs acides organiques. Elle salive donc à l’e.xtérieur co.mme la mouche, et exécute même une partie du travail de digestion.

Ce fait que la racine sécrète de l’acide chlorhydrique, lui donne une ressemblance frappante avec l’estomac des animaux supérieurs, où l’on rencontre cet acide, dont ils ne peuvent se passer.

La racine de la plante a-t-elle des glandes sécrétantes, correspondant au foie et au pancréas, et et sans lesquelles aucune digestion ne peut se faire. ^ La botanique répond non.

Chez les animaux inférieurs, les cellules épithéliales des viscères sécrètent ce que nous appellerions de la bile, et chez les insectes les tubes malpighiens tiennent lieu de foie.

Il est très probable que les racines n’ont point de foie, mais par contre, il semble que les poils radicaux, les poches digestives et peut-être la coiffe, possèdent la faculté de la digestion, au point de pouvoir même digérer des pierres.

Bref, le vêtement extérieur de la racine, qui est -J toujours glandulaire, sécrète, mais il absorbe également comme un intestin et amène la matière à moitié préparée dans le cylindre central où commence l’ascension, et que Ton pourrait nommer un vaisseau chylifère.

Ce vaisseau s’épanche dans le collet de la racine et chez les dicotylédones, il aboutit à la périphérie du tronc, transportant comme les veines, le suc nutritif dans les poumons ou feuilles, où a lieu ce qu’on appelle l’oxydation.

Admettons donc que l’opération qui se fait dans les feuilles poumons, soit une oxydation, bien que ce soit également une évaporation, une sécrétion d’acide carbonique, d’eau, d’ammoniaque et d’azote...

Jusque-là les botanistes sont d’accord, mais voici que leurs chemins se séparent, car les uns croient que le suc nutritif oxydé dans les feuilles, descend dans la plante par des vaisseaux spéciaux; d’autres, comme Sachs et Van Tieghem, sont d’avis contraire.

Or, comme la circulation a été jusqu’ici complètement analogue à celle des animaux supérieurs, on se trouve tenté de chercher les artères qui, après l’acte de la respiration, doivent transporter tous les sucs dans tout 1 organisme, et spécialement dans le bas de la racine, afin de

renouveler les sucs gastriques sans lesquels le premier travail serait vain et inutile.

La raison qui a pu empêcher cette affaire d’être éclaircie, est sans doute que la nutrition n’a peut-être lieu que périodiquenjent. Souvenonsnous des arbres fruitiers, qui n’ont que deux poussées de sève, dont une au printemps et la seconde à la fin de l’été. Le sommeil d’hiver chez les plantes qui perdent leurs feuilles, ne serait donc qu’une période d’élaboration des sucs!

Tout cela est si peu connu, tellement mal élucidé, que pour étudier de nos jours la botanique, on est obligé d’avoir recours aux ouvrages des agriculteurs, des jardiniers et des pharmaciens, si l’on veut avoir une idée de la façon dont la natuie travaille.

Il est ada'ds actuellement, que la circulation chez les plantes, n’est pas réglée par un cœur, mais par des forces mécaniques, comme si le rôle du cœur n’était pas d’agir mécaniquement comme une pompe. Il y a cinquante ans on croyait que certaines cellules, certains vaisseaux, possédaient des mouvements de systole et de diastole (ij, mais on le nie à présent.

U-n auteur peu connu, mentionne en passant, que le vent joue un assez grand rôle dans la vie des plantes, par ce fait qu’il leur imprime un

(i) Voir la lioUinique de De Candolle,

balancement capable, par suite de l'étendue des vaisseaux, de produire un mouvement de pompe.

Je me serais volontiers attardé sur ce sujet, bien qu’il ne se rattache pas directement à ce qui nous occupe, mais fait penser aux deux poussées de sève déjà mentionnées et correspondant aux vents maxima qui tombent au printemps et à Tautomne !

Enfin, en ce qui concerne la reproduction, elle est, chez les plantes, développée à un si haut degré qu’on peut non seulement la comparer à celle des animaux supérieurs, mais, à certains points de vue, même la considérer comme identique.

Quand alors on demande : comment il est possible que des fonctions si franchement distinctes ayant chacune leur organe particulier, peuvent agir dans des centres distincts, la botanique vous laisse sans réponse. Car elle dit ceci ; les plantes n’ont pas de nerfs et leur énergie se trouve partout dans le protoplasma.

C’est là le cas du zoophyte monocellulaire, mais chez le gastrida le tissu nerveux se trouve sous la peau et l’hydra possède des nerfs sensoriels qui reçoivent l’impression, et des nerfs moteurs qui exécutent l’action.

Si donc nous refusons aux plantes : a) la conscience et les sens, nous rayons le cerveau ; b) le mouvement volontaire, nous laissons de côté le cervelet et certaine partie de la moelle épinière.

Mais comme nous ne pouvons leur refuser une nutrition, une digestion, une circulation et une respiration organisées, nous sommes en droit d’admettre ; une partie de la moelle épinière (proprement dite), le plexus Solaris, le système nerveux sympathique.

Si on voulait réduire encore et s’arrêter simplement au système nerveux sympathique, qui règle, chez les animaux, les fonctions végétatives, nous nous rapprocherions plus de nos adversaires, qu’avec des exigences exagérées de concessions.

Darwin, comme on le sait, allait plus loin encore et voulait attribuer à la coiffe qui garantit la pointe de la racine pénétrant en terre, de très grandes capacités, il va jusqu’à employer, à ce propos, le mot cerveau. Il attribue à ce petit organe délicatement construit, la faculté de choisir, sentir, discerner, et lui reconnaît même un mouvement volontaire conscient.

Je n’ai pas encore une opinion basée sur les fonctions de la coiffe, mais je recommanderai ce qui suit aux botanistes pour être approfondi.

J’avais longtemps cherché les nerfs des plantes au microscope, et pour faciliter la découverte des fibres invisibles à l’œil nu : je demandai à un physiologiste des nerfs, sous quels phénomènes maladifs, les nerfs des animaux s’hypertrophiaient ou se développaient anormalement. '

Far la réponse que j’obtins, j’en tirais les résultats suivants :

Je plaçais une bulbe de hyacinthe dans un vase, de façon que les racines ne pussent atteindre la surface de l’eau. Ceci pour augmenter leur activité, car elles cherchaient l’eau avec convoitise.

Avec l'eau dans laquelle j’avais mis de l’amidon et du sticre, j’arrosai fréquemment les racines Les plus fortes racines poussaient tout droit vers l’eau, sans fuir la lumière, mais quand elles eurent atteint l’eau, j’en abaissai le niveau, de façon à ce que la racine, trompée dans ses espérances, fût obligée de continuer ses efTorts...

Quand j’ouvris la coiffe et que je l’eus traitée par l’acide osmique, elle montra en noir sous le microscope, des éléments nerveux complètement identiques au système nerveux sympathique des mammifères.

L’acide osmique est, comme on sait, le réactif des tissus nerveux des animaux (i).

Je montrai un jour des tissus végétaux à un médecin très versé dans la question des tissus et surtout des nerfs, mais peu ferré sur la botanique.

Il s’étonnait d’abord que les cellules végétales se multiplaient par le karyokinesis, tout comme les cellules animales.

^1) Celui qui veut répéter l’expérience, peut, 3’il n’est pas liistologique, comparer la figure 97 de VHhtoh^ie üe Klein, représeuiant un faisceau de sympaiicus d’un lapin avec sa préparation de la coiffe de la hyacinthe.

Il s’étonna de rencontrer cette richesse de types de tissus chez des organismes placés si bas sur l’échelle, et desquels il avait lu qu’ils étaient sous le microscope d’une uniformité lassante

Quand je lui montrai les fibres ligneuses du sapin, aux ponctuations aréolées, il constata leur identité avec les muscles cardiaques des mammifères.

Il prit le sclérenchyme de la coquille de noix pour le tissu lumineux de l’os.

Les vaisseaux végétaux à valvules étaient des veines et des vaisseaux lymphatiques. Il y avait là des fibres musculaires, il ne doutait nullement de la présence des trachées ou des vaisseaux annelés et en forme de spirales, surtout de ceux qui, chez les insectes, aboutissent à des stomates.

Mais lorsqu’à la fin je lui montrai les tubes criblés, il confirma mon idée déjà ancienne, qu’ils étaient semblables à s’y méprendre aux nerfs à myéline des vertébrés. Et quand je lui eus appris que ces vaisseaux mystérieux et discutés des végétaux avaient été par moi teintés en violet par le chlorure d’or, et en noir par l’osmiun, ainsi que les éléments des nerfs animaux, il n’osa pas quand même croire que les plantes avaient des nerfs. Je citai un botaniste très célèbre qui avait vu que ces tubes faisaient des mouvements serpentins quand on agaçait les feuilles du mimosa. J’afïîrmai qu’une autorité comme Sachs avait nié que ces

tubes transportaient les sucs préparés dans les feuilles et qu’ils n’étaient, par conséquent, pas une aorte ni d’autres artères. Je lui appris qu’ils transportaient des albuminates et des graisses, et qu’on y avait même rencontré de la fibrine.

Cela ne servit de rien. Les plantes n’avaient pas de nerfs, car. . . elles n’en avaient pas!

Pour porter la lumière dans cette affaire, je voudrais prier les zoologues de s’occuper un moment de la physiologie végétale, et d’examiner ces tubes criblés qui ressemblent aux nerfs à myéline, non seulement par la construction du tube au fibre courant dans une gaîne^ mais également en ce qu’ils possèdent un anneau resserrant, une cellule annexe et une plaque motrice appelée crible chez une plante.

Ces tubes criblés sont considérés comme transportant seuls des albuminates et servent à répandre la sève descendante.

Cela n’est pas vrai, attendu que chaque cellule et surtout le noyau, contiennent des corps albumineux et des graisses. Et la sève montante même, contient de l’albumen qu’on peut voir au printemps quand on taille la vigne, avant la formation des feuilles, ou qu’on saigne le bouleau.

Les plantes grimpantes et rampantes ont les tubes criblés les plus grands. Est-ce parce que le début d’un mouvement indépendant exige des

moteurs? Et ainsi ces tubes contenant une fibre, seraient des moelles épinières dégénérées?

Il y a au fond de l’oeil une lame criblée au travers de laquelle passe le nerf visuel. La couche extérieure contient une substance criblée et une grande quantité de noyaux ovales.

Le cerveau contient, entr’autres, une substance appelée Inosite O H'* O®, qu’on retrouve chez les plantes grimpantes.

On a considéré que les plantes étaient insensibles en général, à quelques exceptions frappantes près, telle le mimosa.

Or, en réalité, les plantes sont paresseuses, mais très sensibles, et il faut une grande patience pour voir leurs mouvements. Je les garde le plus souvent sur ma table de travail, pour les avoir devant les yeux toute la journée et la moitié de la nuit.

L’expérience que Claude Bernard fit avec le mimosa qu’il chloroforma et auquel il donna le tétanos, est restée célèbre. Comme on' le sait, le chloroforme agit d'abord sur la substance grise du cerveau, de façon à ce que la conscience s’éteint, ensuite sur les nerfs sensoriels, pendant que tout l’appareil végétatif continue à fonctionner. Jugez donc de cela, si le mimosa possède d autres fonctions que des fonctions purement végétatives.

Et à ceux qui comparent les plantes aux che-

veux, ongles el plumes qui poussent sans sentir, je conseillerai de se chloroformer les cheveux pour voir s’ils présenteraient une analogie avec les ' plantes, abstraction faite de cette énorme diffé- ' rence que le cheveu, malheureusement, ne se ^ reproduit pas.

Il est difficile de décider si les nerfs des plantes possèdent des points de concentration ou des ten- j dances à ganglions, mais cela ne paraît pas invrai- 1 semblable. Je vais rapporter certains faits qui j

indiquent quelque chose d’approchant. ’ î

L’oxalis présente, comme on le sait, à la base du pétiole, un organe moteur du mouvement de j la feuille. Je l’ai constaté sur un exemplaire d’hiver, que j’avais traité par l’hyposulfite de ^ sodium.

Mes notes sur l’oxalis mentionnent entre j

autres :

L’oxalis placé dans de l’eau contenant de l’acide chlorhydrique ne refermait pas ses feuilles quand on l’enfermait de jour dans une armoire sombre, ce qui, au contraire, avait toujours lieu sans l’acide.

Lorsqu’à l’aide d’une lentille, je brûlais la nervure principale des feuilles, la feuille était

paralysée. Blessées à n’importe quel endroit, les feuilles se refermaient.

Une des plantes les plus sensibles est, sans

contredit, la balsamine jaune sauvage, appelée avec raison Impatiens noli tangere.

La première fois qu'il m’arriva de loucher une capsule mûre, et qu elle me sauta des doigts comme un insecte, répandant les graines à l'entour, je crus avoir afTaire à un être animé qui se protégeait par la fuite

Combien sagement arrangé, me dis-je, pour une plante qui vit à l’ombre, sous les arbres, de pouvoir projeter au soleil ses graines. Mes amis plus âgés m’expliquèrent qu'il y avait à l’intérieur un mécanisme qui exécutait la manœuvre, mais ils ne reconnaissaient pas le mécanicien.

Depuis, j’ai remarqué, observé le mécanisme avec son ressort à boudin, remarquablerr.ent bien fait.

Mais la balsamine sait (aire encore d’autres tours. 'Vivant sous les arbres des parcs et des bois, elle avance ses fleurs jaunes d’or vers la lumière du soleil., pendant le jour, et les ramène sous les feuilles pour la nuit.

Comme la feuille part des nœuds de la tige articulée, je soupçonnai un centre d’énergie dans le nœud et organisai, en conséquence, l'expérience suivante ;

Je coupai deux tiges de deux pieds différents d’impatiens.

La première, je la blessai au nœud, la seconde à l’entre-nœud, et je les plaçai dans l’eau. Celle

blessée au nœud mourut au bout de lo minutes, celle blessée à l’entre-nœud continua à vivre.

A cela on a fait l’objection irréfléchie suivante : Que celle blessée à l’articulation perdait sa turgescence par la perte d'eau et d’air. Ceci n’a pas de sens, attendu que dans ce cas, il ne pouvait se faner que jusqu’au nœud supérieur.

D ailleurs, le jardinier sait bien qu’on ne peut couper un plan à un nœud, sans .pouvoir dire pourquoi, surtout quand il coupe une branche grossière et boisée d’arbre fruitier, qui n’a pas besoin de turgor (i).

Afin de contrôler la chose et laisser sortir l’eau ou pénétrer l’air, je dirigeai la flamme du chalumeau a) sur le nœud d’un Impatiens et la tige s'affaissa immédiatement; b) sur l’entre-nœud et la tige se maintint droite.

[N. B. — Le mimosa se raidit sous la pompe à air, ce qui n’indique pas la perte de turgor. Sachs est d'avis que c’est par manque d’oxygène].'

J’ai supposé qu’il y avait un centre d’innervation dans les nœuds, et un auteur moderne a, sans le vouloir, donné des appuis, faibles, il est vrai, à ma supposition.

Adolphe Prunet, dans sa thèse pour le doctorat

(i) Il en est de même du col de la racine d’une plante, que l’on ne peut blesser sans que la plante meure, ce que n’ignorent pas les jardiniers.

sur les nœuds et çntre iiœuds, chez les Dicotylédones (Paris 1891), a remarqué entre autres ceci ; Que les nœuds sont plus riches en graisses et en albuminoïdes que les en.tre-nœuds, et ces substances fondamentales des nerfs.

Si j’ajoute que le célèbre réactif de Golgi, bichromate de potasse et azotate d’argent, m’a donné des réactions de nerfs, sur les nœ-uds végétaux que j’ai étudiés, la question me semble mériter d'être approfondie.

I.a raison pour laquelle on n’a ni cherché ni trouvé les nerfs des plantes, est sans doute qu on n’a rencontré ni ganglions, ni bipolaires, ni multipolaires, lesquels sont considérés comme étant le signe distinctif des éléments nerveux. 0,r, on retrouve ces cellules ganglionnaires, qui ressemblent à celles des animaux supérieurs, dans la chlorophylle d’algues comme le spirogyija. Et si on examine le diagramme du, fruit du Str3'chnos, on verra que chaque noyau cellulaire est relié à l’autre par des filaments nerveux.

Si ensuite on se met à chercher des éléments ressemblant aux nerfs et aux ganglions de crustacés, de gastropodes, et d’insectes, on en trouvera dans bea.ucoup d;’endroits; j’indiquerai seulement la coiffe, le col de la racine, les plis des feuilles, les nœmds de la tige, le réceptacle de la fleur, dans 1 épiderme, spécialement dans les poils, que l’on pourrait avec raison appeler l’organe

olfactif de la plante et qui sont construits comme les poils de l’écrevisse.

, Encore une fois, en ce qui concerne les tubes criblés, j’ai appris depuis que ses pareils se retrouvent chez le crustacé palæmon (i).

Je recommande à ceux qui voudraient étudier les nerfs des plantes, la thèse de B. de Nabias sur les centres nerveux des gastéropodes (2), et celle d’Alfred Binet sur les centres nerveux des insectes (3). Les planches merveilleuses contenues dans ces deux ouvrages éclairciraient peut-être ce sujet obscur.

Je terminerai cette esquisse par quelques citations.

Hæckel trouva que les ganglions de l’écrevisse contenaient des cellules qui ressemblaient aux ganglions du grand sympathique des vertébrés. Il entend par là que les tubes nerveux contiennent une substance gluante, diaphane, et que les cellules communiquent avec ces tubes nerveux.

Nabias avoue que si l’on ne peut, dans les détails, comparer le prostoplasma de la cellule végétale avec celui de la cellule animale, on peut cependant, dans les grandes lignes, les considérer comme analogues, attendu qu’elles donnent les mêmes réactions chimiques et physiques.

(1) Retsius.

(2) Bordeaux, 1894.

(3) Paris, 1894.

Le même auteur dit, d’autre part, que Thistologie comparée indique que les dimensions de l’élément nerveux diminuent à mesure qu’on s’élève dans l’échelle animale.

Si donc il y a une échelle, où placer alors les végétaux ? Où ?

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