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& Partant de ce principe que dans les salles communes les tuberculeux constituent pour les autres malades une source de contagion permanente, lorsqu'ils crachent, et que, d'autre part leur tuberculose peut subir de successives aggravations au contact des infections banales, trachéobronchitiques et pulmonaires voisines, et contagieuses au premier chef, je décidai, depuis mon entrée à la clinique, 1l y a bientôt 5 ans, d’affecter exelusivement, l’une des salles de mon service, la salle Saint-Ignace, aux phüsiques.
« Fout entrant suspect occupe pendant 24 heures un lit désigné d'avance dans une salle connexe de douteux : lorsque l'examen bactériologique de ses crachats ÿ confirme l'existence du bacille de Koch, il est dirigé sur la salle des phüsiques : — dans le cas contraire, lorsqu'il n'y a aucune contagion à craindre, il est évacué sur la salle commune.
« La salle des tuberculeux réalise une sorte de sanatorium hospitalier qui, pour le cubage d'air, l'aération continue, ses larges baies, l'exposition au soleil, de par son orientation Ouest-Est, nous donne toute satisfaction.
« Les malades y sont soumis à la suralimentation, l'administration ayant bien voulu pour eux accepter un régime spécial ; — les précautions les plus élémentaires de l'hygiène y sont observées rigoureusement (nettoyage des parquets, des murs : crachoirs individuels, à demi remplis de sublimé fort, désinfection du matériel à l’autoclave ; personnel spécial, ete., etc.
« L'état moral de ces pauvres gens qui, tous, se
savent tuberculeux, est infiniment meilleur qu'on ne pourrait le supposer.
« La salle qu'ils habitent est une nécropole en raison de l'état profondément cachectique des phtisiques à la 2° et à la 3° période qui viennent demander nos soins et ne se décident, comme on sait, qu'à toute extrémité à cesser le travail et à entrer à l'hôpital.
«Ils semblent pour la plupart ignorer leur tragique destinée. Au sein du confortable qui les entoure, confortable extraordinaire, eu égard à l’insalubrité et à la misère de leurs logements ouvriers, insoucieux de l'avenir, ils oublient le passé et jouissent du présent secourable. »
Et M. le P' Follet termine en disant : CIS y guérissent à peu près, aussi bien peut-être qu'ils eussent guéri
à Madère, en Suisse, ou dans les montagnes d'Allemagne !»
Lyon.
Dans un discours prononcé le 12 mars 1900, à la séance publique annuelle de la Société nationale de médecine, M. le P' Lépine formulait le vœu qu'à Lyon les tuberculeux indigents puissent trouver dans les hôpitaux les conditions suscepübles de leur procurer, sinon la guérison, tout au moins une amélioration.
« L'isolement des tuberculeux, disait M. Lépine (1), n'exige pas leur concentralion dans des hôpitaux particuliers, qui seraent bientôt un objet de terreur comme
les léproseries du moyen âge. Non, il suffit que certaines
(1) R. Lépine. L'Echo médical de Lyon, n° 4, 15 avril r900.