‹ Hospitalisation des TuberculeuxChapitre 3 sur 31 · RES · texte numérisé non relu

RES

La commission extra-parlementaire de la tuberculose, instituée par M. Waldeck-Rousseau et présidée par M. J. Siegfried consacra bientôt la participation effective du gouvernement à l'œuvre de salut public.

Lorsque parut le remarquable rapport de cette commission, dans lequel le P' Brouardel indiquait, avec netteté, les ravages causés par la tuberculose dans notre pays, ses foyers, ses causes, les remèdes qu'il convenait de lui opposer, la question se précisa et s’élargit ; et, lorsque, deux ans plus tard, M. Combes institua la Commission permanente de préservation de la tuberculose, l'opinion était faite. En ouvrant les travaux de cette nouvelle Commission, son président, M. Léon Bourgeois, décrivait un vaste programme d'études qui englobait à la fois : l'hygiène, l'éducation, l'assistance, les conditions du travail.

Avec une admirable largeur de vues, 1l démontrait ainsi que la nécessité de combattre la tuberculose imposait des modifications profondes jusque dans les rouages essentiels de notre vie publique.

En suivant les phases successives de cette évolution vers l'organisation antituberculeuse définitive, un point nous a paru mériter réflexion : il nous a semblé que l'hôpital, qui dans le rapport de MM. Grancher et Thoinot occupait le premier rang, comme instrument de combat, était quelque peu délaissé: à tel point même que des études récentes n'en parlent pas ou n'en font qu'une courte mention.

Or, nous étions à ce moment, interne du service d'isolement des tuberculeux à l'hôpital Pasteur du Havre.

Nous avons été à même de juger les services que

as DRE

l'hôpital pouvait et devait rendre dans la lutte contre la tuberculose, d'abord en isolant les phtisiques, en leur donnant ensuite un traitement approprié, le seul reconnu efficace pour eux jusqu'à ce Jour.

Nous avons pu nous rendre compte que le dispensaire et le sanatorium avaient là un puissant auxiliaire, qui, loin de faire double emploi avec eux, possédait lui aussi ses indications précises, et un rôle bien délimité.

Nous avons cru qu'il serait intéressant d'étudier et d'approfondir un peu ce rôle de l'hôpital dans la lutte antituberculeuse et d'essayer de lui rendre son importance et la place qu'il doit occuper.

Nous en avons fait le sujet de notre thèse inaugurale.

Mais avant de commencer ce modeste travail, nous avons à remplir un devoir des plus agréables : celui d'adresser nos plus vifs remerciements à tous ceux qui, dans le cours de nos études médicales, voulurent bien nous éclairer de leurs conseils.

Nous remercions tout particulièrement nos maitres de l’École des sciences de Rouen : MM. LEecAPLAIX, Penverier, Dumont, Rexarp, Haraucourr, du grand intérêt qu'ils voulurent bien nous porter pendant l’année passée près d'eux.

A Paris nous fümes successivement l'élève de MM. Mourarp-Marrin, Dieuraroy, Ravmoxp, Come. Nous garderons toujours le meilleur souvenir du temps passé dans ces beaux services.

MM. Taccaux, Wazrner, Mario et Faure nous iniüèrent à l’art chirurgical : MM. Prxarn et Waruicn à

celui des accouchements.

SE

À tous ces maîtres dévoués nous adressons nos sincères remerciements.

Nous eûmes le grand bonheur d'être, pendant deux années, interne des hôpitaux du Havre.

Quelques mois passés, à ce titre, dans le beau service de M. le D' Sorez, à l'hôpital Pasteur, nous permirent de bénéficier de cette large initiative, que l'éminent chirurgien du Havre veut bien laisser à ses élèves. Sous sa direction et avec ses conseils nous avons pu compléter notre éducation chirurgicale, et nous ne saurions trop exprimer à ce maître bienveillant toute notre reconnaissance pour l’amabilité avec laquelle il s’est toujours mis à notre disposition, chaque fois que nous avons eu recours à lui.

Notre second semestre d’internat s’est écoulé dans le service de M. le D' Frorrier.

Nous n oublierons jamais combien nous sommes redevable à cet excellent maître qui fut en même temps un ami sûr et dont le dévouement et l'expérience furent, souvent, mis par nous à contribution.

Nous garderons toujours vivace le souvenir de nos longues causeries quotidiennes de la côte. Elles compteront parmi les meilleurs moments passés au Havre. C'est là que nous nous sommes intéressé à celte question passionnante et inépuisable de la lutte antituberculeuse ; c'est là que nous avons puisé les quelques idées que nous soumettons aujourd'hui à nos juges. M. le D' Frorrrer a mis à notre disposition ses conseils et sa grande expérience en la question. Nous le remercions bien sincèrement de l'amitié qu'il nous a toujours lémoignée et des bontés

quil a eues pour nous.

Nous fûmes aussi l'interne de M. le D' Leroy à l'Hospice Général : nous lui exprimons 1c1 toute notre reconnaissance pour l'affabilité qu'il nous témoigna.

Enfin, un dernier semestre fut passé par nous dans le service de M. le D' Rexau: nous en emportons un agréable souvenir.

Nous n'oublierons pas MM. les D° ExcrzBacn, Caro, Levormanp, Bazarp D'HERLINVILLE, Warcn, GuizLor, Deronxpe et Devize, à qui nous adressons également tous nos remerciements, ainsi qu'à MM. Lemarié et Domi- NIQUE, pharmaciens des hôpitaux du Havre.

Nous tenons aussi à remercier MM. les membres de la commission administrative des hôpitaux, ainsi que M. le Directeur, avec lesquels nous eûmes toujours de cordiales relations.

Des documents nécessaires à cette thèse nous ont été fort aimablement communiqués par MM. les PS Leruzze, Ausser (de Lille), Grasser (de Montpelher), Armaxcaup (de Bordeaux), Srizzmanx (de Nancy), Forrer (de Rennes), OLuve (de Nantes), Berri (de Nantes), et par MM. les D Sersinox (de Paris), Derece (de Paris), Taprer (de Paris), Moxcour (de Bordeaux), CErr (d'Angers), Senevpr (de Cette), Jacor (de Nantes).

À tous nous adressons nos plus vifs remerciements. M. le P' Brouarpez nous a fait le grand honneur de bien vouloir accepter la présidence de cette thèse. Nous lui

exprimons 101 toute notre plus profonde gratitude.

Au moment où nous allions livrer ce modeste travail à l'éditeur, nous apprenons avec plaisir que la Commission permanente de prophylaxie de la tuberculose a, dans sa quatrième séance plénière, pris d'importantes décisions concernant l'isolement des tuberculeux dans les Hôpitaux.

Après avoir, en effet, voté à l'unanimité les conclusions d'un admirable Rapport présenté par M. le D: Armaingaud, au nom de la Commission de Défense collecüve, cette Commission a décidé qu'à Paris et dans les grandes villes de province, dotées de plusieurs hôpitaux généraux, un ou plusieurs de ces établissements seront exclusivement consacrés à traiter les phtisiques, à améliorer ceux qui sont susceptibles d'évoluer vers la guérison et à assurer un asile et quelques douceurs à ceux qui sont prêts à s'étendre.

Dans les villes qui ne disposent que d’un seul hôpital, des services spéciaux seront réservés aux tuberculeux. — Dans les établissements plus modestes encore, on Îles 1s0lera dans des salles ou des chambres dislincles, pour qu'ils ÿ recoivent les soins dus à leur état, tout en ne risquant

pas de contagionner les autres malades.

Page 1