RE ES
Autres maladie
Phtisie. :
infl. des poumons.
4 ES SRE PLAN Er EEE + 39,8 4251 AutriChe M NN M RC RL RTS 0e 22,8 Hongrie AMIE NERO RE REPAS STESS 24,4 FANS PATES ET EN NAT UE 30 , 2 30,4 SUOMI NREPAAER VTT 29,1 , JS Empire allemand. . . . .. 22,4 26,9 SUISSE DT RS ARE LS UE TN SR TER ES CAS DTAO lande terne Nes 20,3 SI EUT Danemark METRE PRET AT 2920 PaysBas Nr RENNES 18,8 10,1 lai ee EN PEER 18,7 47,9 Beloique. ui CPE PRE RES 17,0 46,8 NOnese NN NN CRIS SES 17,4 17,6 HCOREC UT Mr ACC TOR ENS 17,9 31,7 AD PIE TELLE AI SORA MS 13,0 T0
(1) L. Essrei, in Thèse, Lyon, 1901, p. 8. Note prise au cours de M. le Pr Courmont.
Régnant partout en pays conquis, la tuberculose n'épargne personne, frappant, indistinctement, jeunes et vieux, riches ou pauvres, exerçant, toutefois, plus particulièrement ses ravages chez ces derniers.
C'est qu'en effet, « tous ceux qui peinent le plus dans la vie paient lourdement l'impôt tuberculeux (1) ».
L'activité dévorante, les conditions pénibles de l’existence moderne, trop insoucieuse encore, malgré les progrès accomplis, de l'hygiène sociale, font de l’ouvrier et du travailleur des proies faciles pour la tuberculose.
Surmenage, ignorance ou mépris de l'hygiène, alcoolisme, misère, voilà les grands facteurs, les grandes causes de tuberculose, agissant quelquefois séparément, le plus souvent s'’aidant mutuellement et concourant ensemble à faire, non seulement du descendant de tuberculeux, mais même de l’homme sain et sans tare, un autre tuberculeux, « aboutissant et recommencement de tuberculose ».
Aussi généralisée dans ses causes et dans ses effets, la tuberculose nous apparaît done comme un véritable péril social. C'est le poison qui, lentement, mais sûrement, frappe mortellement l'humanité entière.
@ Il s’agit d'une affaire de vie ou de mort, tout simplement pour les peuples d'Europe. La tuberculose, quelle que soit sa localisation est bien la maladie parasitaire par excellence, celle qui désagrège les races comme les individualités affaiblies : c’est & le mal de misère »
idéal, le réactif spécifique de la fin d’un monde et la ques-
(1) Lanpouzy. Loco citato, p. 72.
tion est formellement posée à ce lambeau d'humanité :
l'heure est-elle donc venue de disparaître (1)? »
Pendant longtemps impuissants, les peuples sont restés impassibles devant les terribles ravages de la tuberculose. Nos pères la considéraient comme une maladie essentiellement héréditaire, contre laquelle, par conséquent. on ne pouvait lutter. On s’endormait € dans la douce foi d’un mystère impénétrable », et le fléau poursuivait tranquillement son œuvre, au milieu d’une indifgénérale qui n'avait d'égale que l'impuissance absolue dans laquelle on se trouvait vis-à-vis de lui.
férence
Encore faut-il se demander lequel était préférable de cette indifférence ou de l'enthousiasme qu'on eut, parfois, pour la maladie, comme, par exemple, au siècle dernier où, étrange aberration! être poitrinaire était à la mode et de bon ton!
Il nous faut arriver au 5 décembre 1865, date mémorable où Villemin (2), professeur au Val-de-Grâce, fit à l'Académie de médecine une communication retentissante: relatant les résultats d’une série d'expériences faites par lui et démontrant que la tuberculose était non seulement conlagieuse, mais encore qu'elle l'était par l'intermédiaire des
crachals desséchés. Précieuse découverte qui, battue en
(1) M. Lerurze. Croisade contre la tuberculose, in Presse médicale
du 27 janvier 1900.
(2) VizcemiN. Cause et nature de la tuberculose. Bulletin de l'Acad. de méd., 5 décembre 1865.
brèche par quelques-uns, corroborée par d'autres, et
nolamment par Cornet, ne devait cependant triompher de l’obstination et des doutes de ses adversaires que beaucoup plus tard, en mai 188», lorsque l'Allemand Koch découvrit le bacille de la tuberculose.
« Le soldat phtsique, avait dit Villemin, est à son voisin de chambrée ce que le cheval morveux est à son compagnon d'écurie. » La découverte de Koch venait, 17 ans après, donner raison à l’éminent professeur.
À ces nolons de contagiosité et d’évitabilité de la tuberculose, qui étaient la conséquence des recherches de Villemin, vint s’adjoindre celle de sa curabilité.
Nous n'avons pas à entrer ici dans de longs développements à ce sujet. Qu'il nous suflise de dire que cette notion de curabilité, entrevue dans l'antiquité par Hippocrate, Gallien, Celse, ete., a été confirmée par les travaux des anatomo-pathologistes : Laënnec, Andral, Carswell, Natalis Guillot, Cruveilher, Beau, Hérard, Cornil, Charcot, Letulle. & Quant à moi, dit le P' Brouardel (1), qui, à la Morgue de Paris, pratique fréquemment les autopsies d'individus morts accidentellement je puis aflirmer que dans la moitié des cas, si l'individu autopsié habite Paris depuis une dizaine d'années, je trouve des lésions tuberculeuses guéries soit par transformalion crétacée, soit par cicatrisation fibreuse. » Et le P° Grancher a pu dire, lui aussi, € que la tuberculose était la plus
curable des maladies chroniques ». Les cliniciens eux-
(x) P. Brouarpez. La lutte contre la tuberculose, p. 110.
GEORGES. 2
ES mêmes, MM. Jaccoud, Bouchard, etc., ont confirmé cette
opinion à
Ces importantes découvertes ne devaient pas tarder à porter leurs fruits.
Conscientes enfin du danger qui les menaçait, COnvaincues que la maladie n'était pas invincible et qu'elles avaient mieux à faire que de témoigner vis-à-vis d'elle une indifférence coupable, les nations ont secoué leur apathie séculaire et ont engagé la lutte contre le redoutable bacille.
Lutte timide et hésitante à ses débuts, elle a pris dans ces dernières années une importance considérable : médecins, savants, gouvernements se sont solidarisés et coalisés contre l'ennemi commun. Une véritable « croisade » s'est organisée contre la tuberculose.
Nous allons voir rapidement ce qu'elle est à l'étranger
et en France.
La lutte antituberculeuse à l’étranger et en France.
Il importe, tout d'abord, de remarquer que les moyens mis en œuvre pour lutter contre la tuberculose ont varié dans les deux grands pays, qui ont été, en somme, les premiers à entamer cette lutte : l'Allemagne et l’Angleterre. he
C'est en 1859, que Hermann Brehmer eut l’idée de
traiter les tuberculeux dans des « établissements fermés »,
dits € sanatoriums », et qu'il fonda le premier établissement de ce genre à Gœrbersdorf. Quelques années plus tard, en 1876, son élève, Dettweiler, en fondait un autre à Falkenstein, près de Francfort.
En 1887, au congrès de médecine de Wiesbaden, Detweiler exposaitles brillants résultats obtenus par le traitement Q hygiéno-diélélique » dans la phtisie pulmonaire, et à parur de ce moment le mouvement antituberculeux en Allemagne prit une extension formidable.
« C'est qu'en Allemagne, moins que partout ailleurs, les succès des sanatoriums pour riches ne pouvaient ne pas conquérir à la triade thérapeutique en établissements fermés, à la fois les médecins et les offices d'assurances, puisque ces offices ont, dans l'Empire, à indemniser les ouvriers frappés de maladie ou d'invalidité (1). »
Il ne rentre pas dans notre cadre de nous arrêter longuement sur cette institution des caisses d'assurances allemandes, œuvre de Guillaume I” et de Bismarck et créées par une loi datant de 1883.
Nous dirons seulement que la lutte antituberculeuse, en Allemagne, est intimement liée à leur création : & elle a été, pour ainsi dire, la conclusion forcée à laquelle ont été acculées ces grandes institutions sociales (2). »
Mais, dans ce formidable mouvement 1l faut réserver
aussi une place à l'Etat, aux communes, aux districts,
(x) P. Brouarpez et Lanxpouzy. Rapport lu à l'Acad. de méd., séance du 4 juillet 1899, in Presse méd., n° 53, 1899.
(2) Jean-Ch. Roux. Les mesures de défense sociale contre la tuberculose. Rueff, 1902.
aux provinces, aux associalions nombreuses et puissantes qui se sont formées contre la tuberculose et qui ont contribué pour une large part à doter l'Allemagne des nombreux sanatoriums qu’elle possède à l'heure actuelle.
« L’Allemand lutte contre la tuberculose par le sanatorium », mais il ne faut pas oublier qu'il ne néglige aucun des autres moyens qui peuvent lui assurer le succès.
Dans les hôpitaux ordinaires on cherche à réaliser le plus possible le traitement des phlisiques, à les isoler, & soit en construisant des pavillons spéciaux, soit en leur réservant des salles. On construit même des hôpitaux suburbains pour les gens atteints de tuberculose ou d'autres maladies chroniques, afin de débarrasser les hôpitaux urbains et de placer en même temps ces malheureux dans les meilleures conditions d'hygiène (1) ».
L'éducation populaire, la propagande sont faites activement par ces associations dont nous parlions tout à l'heure et notamment par le puissant Deutsche Central Comile zur Errichlung von Heilstätten für Lungenkranke sous le protectorat de Sa Majesté l'Impératrice d'Allemagne et la présidence du comte von Posadowsky-Wehner et avec le D’ G. Pannwitz comme secrétaire général.
De nombreuses policliniques, véritables dispensaires de consultation, fonctionnent ou fonctionneront bientôt à Berlin, Breslau, Kiel, Gôütlüingen, et dans les grands centres universitaires.
Les pouvoirs publics et l'Office Impérial de santé
Gr) Dr Vax Rvn. Rapport au Congrès de Londres, 19017.
Me
s'efforcent de répandre partout et de vulgariser l'hygiène t Là sociale.
Avec une aussi formidable organisation, l'Allemagne a diminué sa mortalité de 10 pour 100.
L'AxGLETERRE a envisagé la lutte contre la tuberculose d'une autre façon. Tous ses efforts se sont portés sur l'assainissement et l'hygiène du logement. « Vous, messieurs les Anglais, disait M. le P* Brouardel (1) au congrès de Londres, en 1901, vous avez en 1836, il y a près de soixante-dix ans, édicté une loi pour favoriser la construction de maisons salubres. Depuis lors votre zèle ne s’est pas ralenti. Votre législation compte plus de dix acts par lesquels, avec une persévérance admirable, vous avez assaini le logement du pauvre, l'atelier, la ville et le royaume tout entier. »
Si on songe qu'en Angleterre la propriété est très peu divisée, que, par exemple, en 1878, à Londres, près des 4/à de l'étendue de la ville appartenaient au même propriélaire, on comprendra les excellents résultats que devaient donner et que donnèrent cette série d’acls, véritables mesures coercitives qui, surtout de 1851 à 1882 forcèrent propriétaires aussi bien que paroisses où municipalités à assainir leurs logements ou leurs immeubles.
« Notre travail, dit le D' Thorne-Thorne en parlant
(1) P. Brouarnez. Congrès de Londres, 1901.:
de l’œuvre gigantesque accomplie, s'est borné à l’application des principes connus d'hygiène journalière. »
Ajoutons à cela les hôpitaux d'isolement que possède l'Angleterre depuis 50 ans, les sanatoria qu'elle a construits et qu’elle construit encore. Ajoutons-y les œuvres philanthropiques (Peabody, miss Ottavia Hill) et nous comprendrons comment la mortalité a baissé de 45 pour 100 et comment, à l’heure actuelle, il se fait que l'Angleterre ait la mortalité tuberculeuse la plus fable.
L'exemple donné par l'Angleterre et l'Allemagne a été suivi par les autres pays.
En Bezaique, depuis 1808, une Lique nationale contre la tuberculose s’est formée, qui, par une active propagande, à réussi à éveiller l'attention publique.
L'isolement se fait dans bon nombre d’hôpitaux, dans des salles ou des pavillons séparés. &« Le Conseil des hospices à Bruxelles a fait installer à hauteur du toit, sur une terrasse de l'hôpital Saint-Jean, une galerie couverte où les tuberculeux jouissent des bienfaits de la cure d'air: d'après les rapports de MM. les P' Stiénon et Destrée, les résullats thérapeutiques obtenus jusqu'ici ont dépassé l'attente, malgré la situation défectueuse, au cœur d’une grande ville et malgré la nature d'ordinaire peu favorable des cas de tuberculose qui forment la clientèle des hôpitaux (1). »
(x) Dr Van Ryn. Loc. cit.
ES en
Sous l’énergique impulsion des D" Putzeys et Malvoz,
des dispensaires gratuits fonctionnent à Liège, à Namur,
" à Bruxelles, à Mons, etc.
En Suisse, en Norwèce, en Suèpe, dans le Danrmarx, la lutte est également engagée, de nombreux sanatoria s'élèvent, de même qu'en Espagne et en Italie.
En Russie, le mouvement a pris également de sérieuses proportions. Grâce à la propagande des Sociélés des médecins russes de Moscou et de Saint-Pélersbourg, aidées des munificences de l'Empereur, des sanatoria se créent çà et à. Des hôpitaux spéciaux sont construits : l'isolement se
fait dans quelques-uns.
Après avoir quelque peu tardé, la France, un des pays les plus éprouvés, s’est résolument engagée dans le mouvement général, et dans ces dernières années surtout, la lutte antituberculeuse y a pris une extension considérable.
Il ne faudrait cependant pas oublier qu'il y a 17 ans, le P' Verneuil fondait l'OŒuvre de la tuberculose, sous le patronage de MM. Brouardel, Grancher, Potain, etc., et attirait l’attention du public sur la nécessité qu'il y avait de combattre le fléau dont les ravages se faisaient si cruellement sentir dans notre pays. Le premier congrès de la tuberculose eut heu en 1888. Mais le cri d'alarme jeté par
LOGE ces savants ne rencontra guère d’écho : 1l en fut de même du projet d’/nstruclions contre la phtisie, que Villemin, en 1889, présenta à l'Académie de médecine.
Il nous faut arriver en 1891, année où le D' Armaingaud, de Bordeaux, fonda la Ligue française contre la tuberculose, et commença une active propagande au moyen d'articles de presse, de brochures et de conférences nombreuses (plus de 300 jusqu'à ces dernières années).
Au congrès de la tuberculose, en 1893, L.-H. Petit exposait les opinions de beaucoup de médecins des hôpitaux, au sujet de l’hospitalisation des tuberculeux : tous étaient d’avis que le système existant était défectueux.
En mars 1896 une longue discussion s’engagea à l'Académie de médecine à propos de « l’origine hospitalière de la phtisie pulmonaire ». MM. Jaccoud, Terrier, Debove, Duguet, Tarnier, Nocard, Ferrand, Kelsch, etc., prirent la parole et à la suite de cette discussion et d’un excellent rapport présenté par MM. Bompard et Clairin au Conseil municipal de Paris, le 22 avril, une comnussion était nommée le 27 avril par le directeur de l’Assistance publique, pour étudier la question.
Les travaux de cette commission, dite «commission spéciale de la tuberculose », durèrent environ 6 mois. Elle tint 5 séances plénières et aboutit à une série de réformes dont nous aurons, ultérieurement, l’occasion de parler.
En 1898, l'Académie s'occupe, de nouveau, de la tuberculose, et après l'admirable rapport de M. Grancher, approuve, cette fois, el recommande la mise en pratique de toutes les mesures préventives connues.
oh en
En novembre 1899, les pouvoirs publics entrent dans la lutte. A la suite d’une lettre de M. G. Bompard à M. Waldeck-Rousseau, une commission dite « Commission extraparlementaire de la tuberculose », composée de 71 membres, est nommée.
Savants, économistes, hommes politiques étudièrent ensemble « les moyens les plus propres à combattre la tuberculose, et dont il appartenait à l'État, soit d'assurer, soit de favoriser l'application (1) ». Le travail fut réparti entre cinq sous-commissions.
L'une d’elles demandait dans son rapport que les tuberculeux qui ne peuvent être envoyés dans des sanatoriums « soient toujours séparés des autres malades et toujours placés, quelque atteints qu'ils soient, dans les conditions les plus propres à favoriser leur guérison, ou tout au moins l’amélioration de leur état ».
Nous aurons encore l’occasion de revenir sur l’admirable rapport que M. Letulle, au nom de cette sous-commission, fit à propos de lorganisalion d'un service hospitalier en vue de l'isolement el de la cure de la phlisie pulmonaire.
Entre temps, de nombreux congrès contre la tuberculose se réunissaient à Berlin (mai 1899), à Naples (avril 1900), à Paris (juillet 1900), à Londres (juillet 1901). La France y était largement représentée, montrant que si elle s'était un peu tardivement lancée dans la mêlée, elle avait à cœur de rattraper le temps perdu. j
Entre temps aussi, de nombreuses OEuvres antituber-
(x) Farvre. L'OEuvre antiluberculeuse, n° 1, p. à.
EN Ta" privée n'en est que plus admirable dans les efforts grandioses qu’elle a faits jusqu'ict.
Mais ce qui a surtout entravé notre marche en avant « ce sont les divergences et les discussions qui s’ensuivent, sur les moyens à employer ».
On a trop oublié, ce nous semble, que toutes les armes de combat que nous avions à notre disposition étaient bonnes, à condition que l’on sache s’en servir.
Avec cet admirable armement antituberculeux, que le P' Landouzy a improvisé et si curieusement schématisé, nous sommes puissamment armés pour la lutte. Que comprend cet armement ?
En première ligne: l'éducation antituberculeuse à l’école, sous toutes ses formes (ligue du D' Armaingaud), populaire (ligue de préservation, dispensaires).
En seconde ligne : le sanatorium et enfin, en troisième ligne : les hôpitaux spéciaux pour tubereuleux.
Le jour où la cohésion se sera faite entre ces divers éléments de combat, où l'on sera bien persuadé que leurs efforts doivent être réunis et que, loin de se nuire les uns aux autres, ils doivent au contraire se prêter un mutuel appui et se compléter réciproquement, ce jour-là la question antituberculeuse en France sera presque résolue.
Dans cette lutte sociale, que nous engageons en ce moment, nous devons envisager l'avenir et ne pas oublier le présent.
Répandre dès l’école et dans le public les notions d'évitabilité, de contagiosité et de curabilité de la tuberculose, lutter contre l'insalubrité du logement (loi Sies-
fried), de la rue, de l'atelier ; répandre, en un mot, ces
No notions d'hygiène qui, si elles étaient plus connues et mieux observées, sufliraient à elles seules à enrayer le fléau, améliorer le sort de l’ouvrier, du travailleur, des collectivités, ce sont là des mesures indispensables, dont les résultats ne sont pas douteux : c'est là notre espoir dans l'avenir, mais on ne saurait envisager leur réalisation lointaine ; nous devons agir de suite et énergiquement.
& Dans la lutte contre la tuberculose, dit le P' Brouardel(r1), les moyens prophylactiques sont les armes véritables. Mais lorsqu'un homme est atteint de tuberculose, que devons-nous faire ? »
Trois moyens se présentent à nous : le dispensaire, le
sanatorium et l'hôpital.
Insutulion récente (elle ne date que de 1899) et éminemment française (son créateur est le P' Calmette, de Lille), le dispensaire anliluberculeux n’a pas tardé à conquérir dans notre armement contre la tuberculose, une place considérable, et bien légitimée d’ailleurs par les immenses services qu'il est appelé à rendre.
Nous ne pouvons ici reproduire, in extenso, les nombreuses conditions auxquelles il doit répondre et que M. Calmette a longuement développées devant la Commission extra-parlementaire de la tuberculose. Nous dirons seulement qu'il est destiné « à la prophylaxie de la tuberculose par l'éducation hygiénique du peuple et par l'assistance à domicile des nombreux malades qui ne peuvent être admis
ni dans les hôpitaux, ni dans les sanatoria de cure ».
(1) P. Brouarpez. Presse médicale, 1908, n° 37, p. 357.
ta AUTAE
privée n'en est que plus admirable dans les efforts grandioses qu’elle a faits jusqu'icr.
Mais ce qui a surtout entravé notre marche en avant « ce sont les divergences et les discussions qui s'ensuivent, sur les moyens à employer ».
On a trop oublié, ce nous semble, que toutes les armes de combat que nous avions à notre disposition étaient bonnes, à condition que l’on sache s’en servir.
Avec cet admirable armement antiluberculeux, que le P:' Landouzy a improvisé et si curieusement schématisé, nous sommes puissamment armés pour la lutte. Que comprend cet armement ?
En première ligne: l'éducation antituberculeuse à l'école, sous toutes ses formes (ligue du D' Armaingaud), populaire (ligue de préservation, dispensaires).
En seconde ligne : le sanatorium et enfin, en troisième ligne : les hôpitaux spéciaux pour tuberculeux.
Le jour où la cohésion se sera faite entre ces divers éléments de combat, où l'on sera bien persuadé que leurs efforts doivent être réunis et que, loin de se nuire les uns aux autres, ils doivent au contraire se prêter un mutuel appui et se compléter réciproquement, ce jour-là la question antituberculeuse en France sera presque résolue.
Dans cette lutte sociale, que nous engageons en ce moment, nous devons envisager l'avenir et ne pas oublier le présent.
Répandre dès l’école et dans le public les notions d'évitabilité, de contagiosité et de curabilité de la tuberculose, lutter contre l'insalubrité du logement (loi Sies-
fried), de la rue, de l'atelier ; répandre, en un mot, ces
ge notions d'hygiène qui, si elles étaient plus connues et mieux observées, sufhiraient à elles seules à enrayer le fléau, améhorer le sort de l’ouvrier, du travailleur, des collectivités, ce sont Ià des mesures indispensables, dont les résultats ne sont pas douteux : c’est là notre espoir dans l'avenir, mais on ne saurait envisager leur réalisation lointaine ; nous devons agir de suite et énergiquement. ;
& Dans la lutte contre la tuberculose, dit le P' Brouardel(:), les moyens prophylactiques sont les armes véritables. Mais lorsqu'un homme est atteint de tuberculose, que devons-nous faire ? »
Trois moyens se présentent à nous : le dispensaire, le
sanatorium et l'hôpital.
Institution récente (elle ne date que de 1899) et éminemment française (son créateur est le P' Calmette, de Lulle), le dispensaire antliluberculeux n’a pas tardé à conquérir dans notre armement contre la tuberculose, une place considérable, et bien légitimée d’ailleurs par les immenses services qu'il est appelé à rendre.
Nous ne pouvons ici reproduire, in extenso, les nombreuses conditions auxquelles 1l doit répondre et que M. Calmette a longuement développées devant la Commission extra-parlementaire de la tuberculose. Nous dirons seulement qu'il est destiné « à la prophylaxie de la tuberculose par l'éducation hygiénique du peuple et par l'assistance à domicile des nombreux malades qui ne peuvent être admis
ni dans les hôpitaux, n1 dans les sanatoria de cure ».
(1) P. Brouarpez. Presse médicale, 1908, n° 37, p. 357.
LD
A Lille un de ces dispensaires fonctionne depuis plusieurs années. Paris en possède déjà plusieurs et dans bon nombre de villes de, province on s'occupe activement d'en
organiser.
Le second moyen, c’est le sanalorium. C'est, dans « l'armement antituberculeax », le véritable instrument de cure et de guérison de la maladie.
En présence des résultats acquis par les société d’assurances allemandes au moyen du sanatorium on a cru qu’il était le seul moyen de lutte contre la tuberculose et on lui a attribué un rôle qui a été restreint par l'expérience acquise. « On reconnaît aujourd'hui, sans amoindrir en quoi que ce soit son incontestable utilité qu'il doit être réservé (comme établissement d'assistance, bien entendu) aux premières atteintes du mal et, particulièrement qu'il représente la méthode de choix pour cette catégorie de malades qu'on appelle les € prétuberculeux » (D: Frottier). »
Nous ne pouvons entrer ici dans de longs détails sur les critiques qu'on a faites du sanatorium, pas plus d’ailleurs que sur les arguments qu'on a opposés pour sa défense.
Pour nous le sanatorium, comme les autres éléments de l’armement antituberculeux, a son rôle bien défini, une sphère d'action bien délimitée, et 1l nous semble que la juste vérité sur lui a été exprimée par le P' Brouardel, au récent Congrès de Bruxelles: & C’est, dit:l, le meilleur
instrument de cure et ne guérit-1l que 19 pour 100 des
“Ed CT A UT ER EM RE PE OR LE jure A1 4 D NT. x A A 7-1 } ÿ
LT es
tuberculeux, il n'existe pas un seul traitement qui puisse donner ce résultat : il n'y a pas lieu de demander que l'État prenne l'initiative de construire des sanatoriums : mais, du moins, devons-nous ne pas méconnaître la valeur de l’un des moyens les plus efficaces que nous ayons à notre disposition et dont l'utilisation intéresse surtout la population indigente (1). »
Telle est aussi, sans réserve, notre opinion et d'ailleurs nous n avons qu à constater que c’est également celle qu'on pouvait déduire de l'expérience déjà réalisée, en France, à Angicourt, et qu'a si bien exposée M. le D' Kuss, l’émi-
ment directeur de ce sanatorium.
Il nous reste enfin un dernier moyen de combat contre la tuberculose : c’est l'hôpital.
Alors que dans les préoccupations de ceux qui, dès l'origine du mouvement antituberculeux en France, tracèrent le programme des premières réformes à réaliser, l'hôpital tent le principal, on pourrait presque dire l'unique rôle, on peut s'étonner à bon droit qu'aujourd'hui son nom même soit oublié dans certains des écrits sur la lutte antituberculeuse.
IL était de toute logique, en ellet, que dans cette lutte commençante on songeât à utiliser le moyen d'assistance,
en somme, le plus répandu et le plus à la portée de tous.
(x) Congrès de Bruxelles. Revue d'hygiène, septembre 1903, t. XXV,
Less
Il était surtout logique de vouloir mettre en pratique là où les phtisiques pauvres sont appelés à venir en grand nombre ces notions de contagiosité, d'évitabilité et de curabilité, que par tous les moyens on s'efforce de répandre dans la masse.
Au lieu de cela, qu'a-t-on fait ? Rien, ou peu de chose, en dépit des vœux émis, aussi bien en France qu'à l'étranger, dans les congrès que dans les commissions successives |
A l'heure actuelle le rôle de l'hôpital dans la lutte antituberculeuse est négligé, pour ne pas dire dédaigné. On ignore que nous avons là un instrument puissant, prêt, quand nous le voudrons, à entrer en ligne, répondant lui aussi à des indications précises, et qui, loin de nuire au sanalorium ou au dispensaire, ne peut que favoriser leur tâche et contribuer pour une large partau résultat final.
C'est ce rôle que nous allons étudier, plus longuement, persuadés avec le D' Kuss que: « dans ces problèmes angoissants et complexes, il faut s'abstenir d'idées spéculatives et de la recherche de l'absolu; il ne s’agit pas de savoir si on pourra appliquer à tous les tuberculeux les méthodes dont on aura reconnu l'efficacité ; il ne s'agit pas de savoir non plus si le bien qu'on aura fait à un malade se maintiendra indéfiniment ; commençons par faire quelque chose d'immédiatement utile, le criterium de toute tentative antituberculeuse se trouvant, non dans de fallacieuses promesses ou de chimériques espoirs, mais dans l'observation loyale des faits : demandons aux méthodes que nous emploicrons de répondre avant tout
modifiant et en les perfectionnant au fur et à mesure des enseignements de l'expérience (1). »
4006 Kvss: Sanatortunis populaires et Taeures antituberculeux. 3 4 Bulletin médical, 4 février 1903.
Grorces.
aux besoins actuels et adaptons-les à ces besoins en les CE