‹ Hostilite demasqueeChapitre 14 sur 18 · Aucun pouvoir à exercer dans les examens des candidats · texte numérisé non relu

Aucun pouvoir à exercer dans les examens des candidats

9. Aucun pouvoir dans les classifications, licences et certificats des instituteurs.

10. Défense de faire aucun règlement, mais obligation d'accepter tous ceux qui leur seront imposés.

Bref, ils seront bannis du Conseil de l'Instruction Publique, du Bureau des Inspecteurs, du Bureau des Examinateurs et de l'administration de leurs propres écoles.

En retour ils recevront les privilèges suivants, laïques, obligatoires, tyranniques, impossibles :

Les membres de communautés religieuses enseignantes, tant d'hommes que de femmes, auront l'obligeance de subir, devant les représentants- du dieu-Etat, un examen de capacité, de suivre ensuite un cours d'école normale et de passer enfin un examen de pédagogie.

Les Catholiques du Manitoba auront beau dire, affirmer et prouver que les Frères enseignant à Winnipeg, que les Sœurs des SS. Nom de Jésus et Marie, ainsi que les Sœurs de Charité choisies spécialement à cet effet, donnent de bien plus grandes garanties de succès dans l'enseignement à raison de leurs longues études préparatoires, de nombreux examens subis dans leurs communautés, de la formation normale à laquelle ils travaillent toute leur vie, que des instituteurs non-religieux en possession d'un diplôme obtenu après un examen passager et quelques mois de cours normal seulement: ils n'obtiendront rien, absolument rien. Frères instituteurs, religieuses institutrices avec dix. vingt, trente ans d'expérience et de succès dans l'art d'enseigner, tous devront se soumettre ou se démettre. \

Les examinateurs seront plus ou moins consciencieux dans la correction des compositions des candidats II leur sera toujours facile, quand ils le voudront, de faire échouer, sur un sujet ou sur un autre, le meilleur candidat qu'ils n'aimeront point ou qui leur aura été désigné. Ce sort sera celui des candidats catholiques, des religieuses surtout, bien plus souvent qu'à leur tour, aussi longtemps du moins que la direction des sociétés secrètes sera suivie par le Conseil de l'Instruction ou son Surintendant.

Les inspecteurs des écoles, pour les mêmes raisons, feront aussi les rapports qu'il leur plaira, bons ou mauvais, selon les avis à eux transmis par les quartiers généraux. De bons rapports ne seront généralement point le partage des écoles catholiques, nous en savons quelque chose et pour cause.

Enfin tout sera mis en œuvre pour diminuer le nombre des écoles prétendues séparées.

Avec le système scolaire des Territoires du Nord-Ouest appliqué au Manitoba, les écoles catholiques renaîtraient nominalement sans doute, mais elles ne renaîtraient pas de fait ; car elles apporteraient avec elles, en revenant à la vie, une condamnation à mort à très brève échéance.

Soutenir que le Système du Nord-Ouest est admirable au Manitoba c'est affirmer purement et simplement que la minorité catholique de cette Province peut aller trouver Messieurs Greemvay et Cie et leur faire la déclaration suivante :

" Messieurs, nous avons l'honneur de nous soumettre en toit et partout à vos lois scolaires de 1890. Nous acceptons avec pleine satisfaction tout ce que vous avez fait, tout ce que vous avez décrété contre nous. Nous renonçons à tous nos droits et privilèges même à ceux manifestement reconnus par le Conseil Privé de Sa Majesté la Reine, Notre gracieuse Souveraine. Nous nous soumettons donc sans réserve et sans mesure à vos lois scolaires passées, présentes et à venir. En retour ayez la bonté de nous donner un morceau de pain pour ne pas nous laisser mourir de faim, accordez-nous notre petite part des secours généreusement octroyés par votre gouvernement aux écoles protestantes ; laissez-nous nos propres cotisations et nous serons contents, heureux, pénétrés de la plus vive reconnaissance."

Tel est, pourtant, l'affreux système scolaire des territoires du Nord-Ouest, qualifié du doux et beau titre de " modéré" par un membre distingué du Parlement Fédéral, système injuste et persécuteur imposé par la force à la minorité catholique des territoires; système néfaste que la minorité catholique ne pourra ni ne voudra jamais accepter.

Aujourd'hui la force prime le droit. La persécution scolaire, déchaînée contre l'Eglise catholique parla haîne des sociétés secrètes qu'elle condamne voudrait envahir l'Univers.

Dieu ne le permettra pas

Notre cause est celle du droit et de la justice, elle devra nécespairemenl triompher1, parce que si l'iniquité n'a qu'un temps, la justice esl éternelle. Elle peut dans un moment donné, être nn;connue e1 foulée aux pieds; mais disparaître et mourir l jamais.

Page 1