‹ Hostilite demasqueeChapitre 8 sur 18 · LIVRES CLASSIQUES DE LECTURE ET D'HISTOIRE · texte numérisé non relu

LIVRES CLASSIQUES DE LECTURE ET D'HISTOIRE

Arrivons maintenant à la question des livres de classe. Le Conseil de l'Education Publique, toujours appuyé par ou sur l'Ordonnance hypocrite de 1892, a donc, dès son entrée en fonction, dépouillé la minorité catholique de tous les droits qu'elle possédait dans l'administration et la discipline des écoles, la formation des instituteurs, les examens des candidats, l'émission des diplômes et certificats, la nomination des inspecteurs et examinateurs. Une seule chose restait à faire à ce Conseil et il n'a pas reculé devant ce dernier atteniat à nos droits les plus sacrés.

La Section Catholique de l'ancien Bureau d'Education, avait de temps à autre, pour l'amour de la paix, fait certaines concessions dans le choix de ses livres pour l'enseignement de l'arithmétique, la géographie, la géométrie, l'algèbre et autres sciences semblables; mais elle était restée inexorable pour conserver ses livres de lecture, son histoire et sa littérature.

Elle a tenu bon pour ne mettre entre les mains de ses enfants que des livres où, tout en apprenant à lire parfaitement, ils puisent la connaissance de Dieu et l'amour do Jésus-Christ.

Sans perdre un Beul instant du temps consacré à l'acquisition des sciences profanes et séculières, les enfants des, Catholiques, par le seul fait qu'ils ont les livres de lecture de leur choix, acquièrent des connaissances divines et surnal urelles. Ils connaissent d'où ils viennent; lis savent qu'ils sont de Dieu, qu'ils appartiennent à Dieu qu'ils doivent se s;mver par la garde de sa loi et de ses commandements. Ces livres Leur enseignent qu'ils retournent à leur Créateur pour la contemplation e1 la possession duquel ils ont été

Dansées m ÔOieS livres, ils trouvent la sanction divine du bien et du mal, récompense éternelle de l'un, châtiment éternel de l'autre. Lis apprennent que le Christ est leur modèle, qu'il doivent

l'imiter et marcher sur ses traces. Ces livres leur rappellent qu'ils ont une âme immortelle, vivante image de Dieu, et qu'ils doivent orner de toutes les vertus produites et vivifiées par la Foi, l'Espérance et la Charité.

Ces livres ne sont en aucune façon inférieurs aux autres sous le double rapport de la littérature et des sciences humaines qu'ils enseignent ; de plus il donnent au cœur et à l'âme un aliment divin, une impulsion divine.

Mais les Catholiques ont-ils le droit de mettre aux mains de leurs enfants des livres de lecture où sont consignés des dogmes auxquels la majorité protestante ne croit pas, une révélation qu'elle rejette ou interprète à sa guise ; l'autorité d'une Eglise qu'elle combat ?

Le Conseil de l'Instruction Publique est évidemment pour la négative, et de suite un règlement est fabriqué, promulgué, mis en force. C'en est fait : l'un des plus grands obstacles aux écoles matérialistes et athées est aboli, anéanti par la force brutale, par la loi du plus fort: le choix de nos livres de lecture nous est enlevé.

Garderons-nous au moins nos livres d'Histoire d'Angleterre et du Canada, écrits par des auteurs catholiques ?

Ces auteurs, appuyés sur les faits les plus certains, sur les témoignages les plus authentiques, réfutent, d'une manière victorieuse, tous les mensonges, toutes les calomnies lancées par la libre pensée, le rationalisme, le schisme et l'hérésie ; par le matérialisme, l'infidélité et l'athéisme, contre l'Eglise Catholique et ses institutions. Ils affirment et prouvent que cette Eglise a toujours été la gardienne du droit et de la vérité, la gardienne de toutes les connaissances divines et humaines; la fondatrice des grandes Universités et la sauvegarde de la science dans ces temps-là même si faussement réputés âges de ténèbres et d'ignorance.

Ils prouvent encore que l'Eglise Catholique a toujours été la mère de la civilisation chez tous les peuples où elle a porté le trésor de ses lumières et de ses enseignements.

C'en est trop, de tels auteurs ne sauraient être tolérés ! Le Conseil de l'Instruction Publique délibère donc de nouveau et bientôt sa décision est prise : Lingard et les Frères des Ecoles Chrétiennes sont chassés des écoles catholiques et remplacés par Buckley et Robertson.

Nous verrons dans un chapitre subséquent quelle misérable excuse apporteront les membres du Conseil pour justifier ce nouvel acte de tyrannie.

Dans son discours prononcé à la Chambre des Communes à

Ottawa, le 17 février 1895, l'honorable Nicolas F. Davin, député de

l'Assiniboia-Ouest, pourra dire en parlant de notre système scolaire :

" C'est un système extrêmement modéré et bien différent de ce

qu'on est convenu d'appeler " Les lois rémédiatrices. Dans le Nord-Ouest, nous avons des écoles publiques et des écoles séparées (?) Nous avons dans ces deux espèces d'écoles le même programme, les mêmes inspections, les mêmes livres, le même enseignement pendant tont le temps des classes depuis 9 heures du matin jusqu'à 3 heures après-midi." (Il aurait dû dire jusqu'à 3 heures et demie.)

Ce qu'avance ici l'honorable Monsieur Davin est parfaitement exact, mais si je le mets lui-même au défi de trouver dans ce système modéré qu'il décrit si bien, des écoles séparées, de vraies écoles catholiques.

Terminons ce chapitre par un autre exemple indubitable de la mauvaise volonté du Surintendant et du Conseil de l'Education. Je viens seulement d'en être officiellement informé :

Au commencement de juillet 1895, le Conseil est dûment convoqué à Regina afin de discuter entre autres choses, l'opportunité d'ajouter une nouvelle série de livres de lecture, à la série déjà approuvée et obligatoire dans toutes les écoles des Territoires.

Le Conseil est d'avis que cette série sera simplement supplémentaire et toute liberté laissée aux écoles de l'adopter ou de la refuser.

Les choses étant ainsi, les représentants des Catholiques au Conseil de l'Education, c'est-à-dire le Révérend Père Linnett et Monsieur A. E. Forget, proposent d'adopter pour les écoles catholiques, comme livres de lecture libres et supplémentaires, ceux que nous avions avant l'Ordonnance de 1892, c'est-à-dire la Dominion Catholic Séries. Ils représentent avec raison que cette occasion est des plus favorables pour les membres du Conseil. Ils prouveront par là qu'on les accuse faussement de persécuter la minorité catholique et, qu'à l'occasion, ils sont heureux de faire droit à ses justes réclamations. La minorité gardera comme obligatoires les livres des écoles publiques, mais elle aura, si elle le veut, comme supplémentaires et libres des livres de son choix.

Quoi de plus juste, de plus modéré que cette unique demande?

Le Très-Révérend Cyprien Pinkham, Evêque anglican de C.ilgary et Saskatchewan, se joint à Messieurs Linnett et Forget. Il réclame pour nous, et nous l'en remercions bien sincèrement, cet acte de tolérance <'t de La plus élémentaire justice, mais tout est inutile; Les meilleures raisons vont se heurter contre plus évident mauvais vouloir qu'il s<>i< possible d'imaginer.

Les membres <!<• L'Exécutif ayant seuls droit de vote, délibèrent entre eux, vont aux voix et la requête «les catholiques est foulée aux pieds à L'unanimité !

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