‹ Hostilité démasquée [microforme]Chapitre 15 sur 46 · INJUSTE REFUS DE CERTIFICATS PROFESSIONNELS · texte numérisé non relu

INJUSTE REFUS DE CERTIFICATS PROFESSIONNELS

D'après les premiers règlements du Conseil de l’Instruction Publique, toute personne en possession d’un certificat professionnel émis depuis le ler janvier 1886, dans la Province d'Ontario ou du Manitoba, pouvait recevoir un certificat de même degré et de même valeur dans les Territoires du Nord-Ouest.

Appuyé sur la force et l'autorité de cette clause, plusieurs de nos districts scolaires catholiques, dépourvus de maîtres d'école, firent appel à des institutrices du Manitoba, les exhortant, les suppliant de venir dans les Territoires où les Commissaires de ces écoles seraient heureux de s'assurer leurs services et leur expérience dans l’art pédagogique.

Sur la promesse faite par nous que les certificats professionnels du Manitoba seraient, sans aucune difficulté, échangés à Regina pour des certificats de même degré et de même valeur, Mademoiselle Zénaide Marcoux arriva au Fort Saskatchewan en octobre 1893, munie d'un certificat professionnel de première classe, et d’un certificat d'école normale, également de première classe, émis par la section catholique du Bureau d'Education de Manitoba, approuvé d'abord pour trois ans, puis rendu permanent après plusieurs années d'enseignement, par décision du même Bureau.

Le certificat a été émis après 1886, comme requis par les règlements de notre Conseil de l’Instruction Publique ; il remplit toutes les autres conditions exigées par le dit Conseil. Dès lors, les Commissaires d'école engagent, sans prévoir la moindre difficulté, la dite Mlle Z. Marcoux. Klle-même n'a pas le moindre doute que ses certificats de première ciasse, qualification et école normale, ne soient approuvés et échangés pour certificat jrofessionnel de première classe à Regina. Or voici ce qu'elle m'écrit à la date du 24 juin 1895:

‘* Vous êtes réellement bon de bien vouloir vous intéresser à moi. C'est donc avec la plus sincère reconnaissance que je vous remercie par avance du trouble que vous vous donnerez pour faire valoir mes certificats. J'ai apporté du Manitoba un diplôme de première classe et ce diplôme vient de l’école normale. En échange, le Conseil de l’Instruction Publique m’a donné un /nterim Certificat bon pour un an seulement.”

J'avoue que je fus indigné de cette façon d’agir que je connaissais déjà depuis longtemps, et de cette manière de mettre en pratique les règlements du Conseil de l'Education. Aussi lorsque

Religieuses, aise volonté

NNELS,

l’Instruction professionnel ntario ou du degré et de

plusieurs de itres d'école, xhortant, les ssaires de ces et leur expé-

rofessionnels gés à Regina Mademoi«elle octobre 1893, sse, et d’un sse, émis par fanitoba, apnt après pluureau.

ar les règlebmplit toutes ès lors, les re difficulté, re doute que normale, ne essionnel de à la date du

intéresser à que je vous ez pour faire diplôme de En échange, rém Certificat

à je connaisttre en praassi lorsque

nous eûmes à St-Albert le plaisir et l'honneur de recevoir la visite de Son Honneur W. Mclntosh, lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, et celle de Mr Haultain, chef de l'Exécutif et président du Conseil de l'Education, je ne pus m'empêcher d'avoir avec ce dernier une explication assez pénible, en présence de plusieurs des principaux citoyens de la place et du président de notre bureau des commissaires d'école.

Je suis heureux, dis-je à Mr Haultain, d’avoir encore une fois l'occasion de vous parler de nos écoles. Vous savez qu'avec vous je n'y vais point par des chemins détournés et que j'ai l'habitude de vous dire franchement et clairement ce que je pense, parce que je sais que vous aïmez cette franchise et, que de votre côté, vous en usez de même avec moi.

Eh bien! j'ai la douleur aujourd’hui de vous le dire: Malgré ce que vous m'avez affirmé plusieurs fois, que vous aviez le contrôle complet de l'Education, que rien ne se faisait au Conseil de l’Instruction sans votre connaissance et votre approbation, je crois sérieusement, c’est ma conviction absolue, que toute l'Education des Territoires est entre les mains du Surintendant. Dans mes rapports personnels avec Monsieur Goggin, je le reconnais humblement, je n'ai eu qu'à me louer de sa parfaite politesse et courtoisie et je ne puis ne pas louer et aimer en lui les qualités personnelles qu'il possède à un si haut degré. Malheureusement je ne puis en dire autant de mes rapports avec lui en sa qualité de surintendant de l'Education. Je suis convaineu que c’est lui qui conduit toute la barque et qu’il met continuellement la main au gouvernail, non de droit, mais de fait, pour faire reposer le capitaine et ses matelots.

Je vais trop loin, me dites vous.

Non, non, mille fois non, mon cher Monsieur Haultain, je n’affirme que des faits. Selon moi, le Surintendant ne garde nême pas les Règlements du Conseil de l'Education, ou bien il les applique d'une manière arbitraire. En voici la preuve:

N’est-il pas vrai que par vos règlements un certificat professionnel énis depuis 1886 dans l'Ontario ou le Manitoba, peut être échangé pour un certificat de même degré et de même valeur dans le Nord- Ouest.

Oui, me répondez-vous, vous êtes sous cette impression.

Et bien, nous avons ici, dans un de nos districts scolaires, une institutrice qui, sur la foi de cet article de vos règlements, est venue se consacrer à l’enseignement au Fort Saskatchewan, Les certificats de capacité et d'école normale sont de première elasse, ils sont postérieurs à 1886 et permanents. En retour le surintendant lui a fait envoyer par le Secrétaire, un certificat provisoire, bon pour un an:

Ceci n’a pu être fait, dites vous ? En voulez-vous la preuve par écrit ? J'ai dans mon bureau les dits certificats et le certificat provisoire ; Je vais vous les montrer.

— jd —

Oh ! alors, c’est inutile, me dit Mr. Haultain. Il y a 1à un malentendu auquel on apportera remède.

J'ajoute de suite, qu'au moment où j'écris ces lignes le remède est encore à venir.

2. Parlons maintenant d'un autre certificat, celui de Mile Camille Cusson.

Au printemps de 1894, elle reçoit des commissaires d'école d’un de nos districts scolaires à une quinzuire de milles de Saint- Albert, la proposition d’un engagement comme institutrice dans ce pays. Elle habite le Manitoba, et la première chose dont elle s’informe est de savoir si ses certificats professionnels de cette Province, seront acceptés dans le Nord-Ouest.

La réponse ne se fait pas attendre, et les commissaires, appuyés sur les règlements encore en force à cette époque, affirment qu'elle peut être sans inquiétude sous ce rapport. l'Ile abandonne donc sa position dans le Manitoba, arrive dans l'Alberta et entre en fonction, en qualité d’institutrice, après les vacances de 1894. Or voici ce qu'elle aussi m'écrit à la date du 4 juin 1895: ‘‘ Ayant obtenu au Manitoba des diplômes de première classe pour enseigner en français et en anglais, ayant également un diplôme d'école normale au même degré, émis par le Bureau Catholique, j’espérais obtenir sans difficulté à Regina des certificats équivalents : or on ne m'a accordé qu'un certificat provisoire expirant au mois d’août prochain.”

Le certificat du Manitoba de Mile Camille Cusson est subséquent à 1886 et professionnel ; il remplit toutes les conditions voulues par les règlements de Regina. On y répond par un certificat aussi illusoire que provisoire.

En vérité, n'est-ce pas se moquer de nous? N'est-ce pas vouloir nous mettre dans la nécessité de fermer nos écoles, faute d’instituteurs ? J’ajoute qu’on n’y a que trop réussi, et, devant de tels obstacles, nous avons vu le district scolaire de Saint-Thomes Duhamel privé d'école pendant des années entières; les districts de Bellerose et de Sainte-Anne le sont encore aujourd’hui ; d’autres légalement organisés, n’ont pas encore pu fonctionner pour la même raison

De son côté, Mgr Pascal, de Prince Aibert, m'écrivait à la date du 18 août 1855 :

‘Il ne faut pas que vous ignoriez, mon cher Père, que nos écoles de la Saskatchewan vont à la dérive. A l'exception des centres un peu populeux, les autres, comme Saint-Louis de Langevin, Domremy, Fish Creek, Saint-Laurent, Bellevue, Carlton, Cumberland, etc., sont sans instituteurs. Les enfants croupissent dans l'ignorance ; c'est le progrès, paraît-il! De seize écoles que nous avions autrefois, il n’en reste que sept ou huit!”

tt pt

de

et se

Jà un malennes le remède à Mile Camille

8 d'école d’un Saint- Albert, dans ce pays.

elle s’informe tte Province,

ires, appuyés rment qu'elle lonne donc sa entre en fonc- 894. Or voici Ayant obtenu r enseigner en école normale pérais obtenir : or on ne m’a s d'août pro-

son est subsénditions vour un certificat

e pas vouloir ute d’institut de tels obsome&s Duhadistricts de hui; d’autres iner pour la

ait à la date

ère, que nos xception des is de Langearlton, Cumpissent dans es que nous

ile

Ah ! si les certificats des demoiselles Zénnide Marcoux et Camille Cusson avaient été émis par la section protestante ou par le Conaeil d'Education du gouvernement Greenway au lieu de l'avoir été par la section catholique, sous la signature du Surintendant Bernier et du Président, feu Mgr Alex. Taché, archevêque de Saint- Boniface, comme ces certificats auraient reçu bien meilleur accueil à Regina et comme ils auraient trouvé un défenseur dévoué dans le Surintendant de l'Education !

Pour se tirer de ce mauvais pas et ne pas davantage donner prise à des plaintes semblables au sujet de certificats de l’ancien bureau catholique de Manitoba, qu'a fait le Conseil de l'Education Publique des Territoire+, sons la surintendance de Mr Goggin? Il a tout simplement amendé ses règlements et se déclare parfaitement libre aujourd’hui d'échanger les certificats quels qu'ils soient, émis dans les autres Provinces, pour des certificats analogues, ou de moindre degré, selon son bon plaisir; ou même de ne pas les échanger du tout, surtout sans doute, s'ils sont coupables de porter un cachet catholique et français.

Voilà où nous en sommes de par l’ordonnance de 1892 et les dispositions du Conseil de l'Education. Malgré cela nos ennernis aflirment mordicus que nous avons des écoles séparées dans le Nord- Ouest ; que nous sommes satisfaits du système et que les Catholiques du Manitoba seraient trop heureux d’en avoir un pareil. Que le Bon Dieu les en préserve ! Du reste, je reviendrui sur cette question avant de terminer mon travail.

Page 1