‹ Hostilité démasquée [microforme]Chapitre 41 sur 46 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

L'assemblée legislative des territoires du Nord-Ouest est en pleine session et poursuit activement les travaux commencés depuis la fin du mois dernier.

Arrivé depuis quelques jours à Régina, l’occasion me semble des plus favorables pour demander encore une fois à nos législateurs que justice nous soit rendue.

Monsieur KF. Oliver, Président du Comité des Ecoles, m'accorde uracieusement, ainsi qu'à monsieur A.E. Forget, la permission d'exposer de nouveau devant le comité, nos vues, nos désirs et nos

justes griefs.

Nous n'avons point l'intention d'entrer cette fois-ci dans une discussion longue et détaillée; nous savons trop bien que nous ne réussirions pas mieux que l’année précédente; mais nous tenons à déclarer publiquement que l’'Ordonnance et les Règlements du Conseil de l’Instruction Publique qui nous régissent, n’ont jamais eu et n'auront jamais l’assentiment de la minorité catholique, tant qu'ils n'auront pas été substantiellement amendés.

Notre première démarche au comité est done une protestation bien claire, faite au nom des catholiques du Nord-Ouest contre la triste réponse donnée à nos requêtes par la Législature et le Conseil de l'Instruction, l’année précédente, Nous déclarons que nous ne cesserons de venir tous les ans réclamer et protester jusqu’à ce que nous ayons obtenu la légitime satisfaction à laquelle nous avons droit.

Plusieurs sujets sont ensuite traités plus en détail. Nous n’en

mentionnerons que trois qui méritent une attention spéciale, et sur

lesquels Monsieur Haultain, chef de l'Exécutif et Président du Conseil de l’Instruction Publique, a donné les réponses les plus catégoriques et les plus absolues.

1. Comment se fait-il que Monsieur Goggin, soi-disant agissant au nom du Conseil de l’Instruction Publique, ait refusé à certaines de nos sœurs enseignantes, l'autorisation de prendre part à la session d'école normale, donnée spécialement et uniquement pour les dames, à Calgary? Il a tout fait pour’ que les religieuses ellesmêmes n'en fussent pas exemptes sous aucun prétexte que ce soit. Sur leur refus absolu et définitif de quitter leur couvent, une session spéciale aura lieu dans leur propre maison. Mais au dernier moment, Monsieur le Surintendant refuse l’admission à toutes les sœurs qui n'ont pas un certificat non-professionnel de Régina.

‘ C’est-là, disons-nous, une nouvelle preuve de la guerre hypocrite faite à nos couvents.”

‘* Pas le moins du monde, répond Monsieur Haultain, qui prend hautement la défense de cette prohibition tyannique. Vous mettez la charrue devant les bœufs. Avant de passer par un cours normal, il est de toute nécessité que les candidats aient fait preuve de posséder déjà les connaissances requises pour suivre ce cours avec chance de succès. Or, un certificat professionnel émis par notre Conseil de l’Instruction, après examen prescrit passé avec succès, ou bien, émis par le même Conseil en échange d’un certificat venant d’uneautre province, est pour nous la seule preuve authentique que les candidats à l’école normale ont les connaissances préalables absolument requises. Lorsque ces conditions ne sont pas remplies par les Sœurs, nous ne pouvons, pus plus pour elles que pour les autres, admettre la moindre exception. Nous n'admettons de privilège pour aucune classe d'individus, pas plus pour les Religieuses que pour les personnes du monde.”

‘ C'est fort bien, Monsieur Haultain, mais après tout il ne s’agit point ici des Sœurs en tant que membres d’une communauté religieuse ; il s’agit. remarquez-le bien, d’un corps enseignant. Or, est-ce que tous les membres qui le composent, s'occupant exclusivement et pendant toute leur vie, de la grande affaire de l’éducation, n’ont pas droit à quelque considération ? Soumis dans leurs communautés à de nombreux et sérieux examens, ne donnent-ils pas des garanties spéciales de capacité? N’acquièrent-ils pas une connaissance de plus en plus parfaite de l’art pédagogique, par l'étude, la pratique et l'expérience de leur vie tout entière ? Ne sont-ils pas, après tout, par vocation et par état, de véritables spécialistes en matière d'éducation ? ”

‘ Lorsqu'il s’agit des sœurs, faites donc abstraction de leur qua-

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