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blable humiliation et je quittai la salle. Qs Après mon départ l’Inspecteur insista et voici ce qui se passa, Ins me dit Sr Dillon. Sr | Sr Dillon.—Te vous reavoie à la déclaration que j'ai déjà faite. Ins Insp.—Vous devez de nouveau faire cette déclaration et il or- ponses donna à son secrétaire d'écrire Gr] métis.
CANADA ; Moi, Sœur Dillon, du village de St. Albert, dans les conséq. N.W.T. : Territoires du «or@-Ouest, principale de l’école Ca- Lions + Towit. } tholique publique de St. Albert. Obligés se serv Déclare solennellement que j'ai présidé l'examen des formes Mor TTL et IV, au mois de juin dernier, conformément aux Règlements | était so écrits du Département de l'Education. Mor Insp.—Je vous demande de répondre à des questions non en Part rapport direct avec l'examen. était, qi Avez-vous personnellement reçu les papiers d'examen ? | Jr Sr D.—Oui. était év.
Insp.—Qui vous les a remis ? d'humil Sr D.—IIs furent remis à mes soins par votre facteur à son ie Conse retour de la poste. Haultai
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Sr D.—Je les enfermai sous clef dans mon bureau à l’école, jusqu’à l’heure de l’examen.
Insp —Quelqu'un a-t-il ouvert ces papiers ?
Sr D.— Non. Je suis sûre que personne ne les a ouverts que moi.
Insp.— La grande enveloppe a-t-elle été ouverte avant ce temps ?
Sr D.—Non.
Insp.—Qui a brisé le sceau ?
Sr D.—Moi-même, le matin de l'examen, en présence des enfants.
Insp.—Où les papiers écrits par les candidats furent-ils déposés à midi et à 4 h. du soir ?
Sr D.—Ils furent recueillis par moiet mis sous clef.
Insp.—Qui prit soin de ces papiers depuis le commencement de l'examen jusqu’au moment où ils furent mis à la poste ?
Sr D.—Tls restèrent à mes soins.
Insp.—Quelqu'un les a-t-iltouchés pendant ce temps ?
Sr D.— Personne, si ce n’est moi.
Insp. Qui les mit à la poste ?
Sr D.—Moi-mêrmne.
Insp.—Avez-vous chargé quelqu'un de présider l'examen ?
Sr D.—Personne autre que moi.
Insp.—Personne ne vous a-t-il remplacée pendant l'examen ?
Sr D.—Personne.
Insp.—Avez-vous vu vos élèves copier ?
Sr D.— Non.
Insp.—Comment pouvez-vous expliquer la similitude des réponses de plusieurs des enfants ?
Sr D.— La majorité des candidats sont canadiens-françuis ou métis. Leur connaissance de la langue anglaise est bien limitée, par conséquent on ne peut attendre d'eux qu'ils varient leurs expressions ‘avec la même facilité que les enfants de langue anglaise: Obligés pourtant de s'exprimer correctement il est évident qu'ils se servent des expressions les plus courtes et les plus faciles.
Monsieur H. McKenny demanda alors à l'inspecteur quelle était son opinion.
Mon opinion répondit-il, c'est que les candidats ont copié.
Parfait, riposta M. McKenny, si votre opinion reste ce qu'elle était, quelle était donc lutilité de cette enquête ?
Je réponds moi-même à cette question. Le but de l'enquête était évidemment bien moins de trouver les enfants en défaut que d'humilier la Révde Sœur Dillon principale de l'école. Je dis plus: le Conseil de l’Instruction publique, dans la personne de MM. Haultain, Goggin et C aurait été trop heureux de trouver les sœurs en faute et d’avoir l’occasion de les priver de leur certificat professionnel. Nos ennemis ne sont-ils pas évidemment jaloux de
la bonne renommée et des succès incontestables de cette école dirigée par des religieuses et fréquentée par 150 enfants de langues diverses et de quatre ou cinq nationalités différentes. Visitée à maintes reprises par les personnages les plus distingués et les plus influents tant du Nord-ouest que de la Puissance tout entière, elle a été louée hautement par son Excellence le gouverneur général et par Lady Aberdeen; par l'honorable Premier Sir McKenzie Bowell, par l’hon. Daly ministre de l'Intérieur, par son prédécesseur l’hon. Edgar Dewdney, par tous les Lieutenants-gouverneurs qui se sont succédé à Régina, y compris le Lieutenant-gouverneur actuel, l’hon.
f. McKentosh. Nous pouvons ajouter à ces illustres visiteurs les noms de MM. Chapleuu, Vankoughnet, H. Reïd, A. Forget, Wadsworth, D. Barret, Sir John and Lady Shultz, ete., etc., sans parler de Nosseigneurs les évêques de toute la Province ecclésiastique de St- Boniface. Tous ont admiré la bonne conduite, la politesse de ce qu'ils ont vu et entendu, tous ont proclamé hautement l’excellence de l’éducation donnée et reçue dans cette école de St-Albert. Ces louanges n’ont-elles pas offusqué les sentiments jaloux de noire Conseil de l'éducation ? et ils ont cherché à nous humilier par une enquête faite d’une façon outrageante. MM. Haultain, Goggin et C° avaient aussi probablement une autre raison d’en agir de la sorte.
Depuis la mise en force de l’ordonnance scolaire hypocrite de 1892, je n’ai cessé d'aller chaque année protester à Regina avec Mr A. Forget, contre l'injustice que nous subissons. Chaque année je suis allé revendiquer nos droits
Dès lors, se seront dit ces messieurs, nous sommes fatigués d'entendre ce vieux prêtre et son ami Forget venir nous vanter les qualités de leurs religieuses et nous soutenir que, même sans passer d’.xamen, sans assister À nos sessions d’école normale, sans diplôme, etc, elles sont aussi capables que n'importe qui d’enseigner et de tenir une excellente écoie. Fermons-leur la bouche une bonne foi: pour toutes. Voici des enfants de leur école tant vantée de St- Albert qui ont écrit pour l’examen de promotion. Nous avons des raisons de croire que plusieurs d’entre eux ont copié. Si nous avions la chance d'arriver à la certitude du fait, si surtout nous pouvions découvrir que les enfants ont été aidés par les institutrices, quelle bonne aubaine ce serait pour nous! avec quelle plaisir nous casserions les certiticats ! quel soufflet nous donnerions ainsi à toutes les écoles catholiques et particulièrement à ces couvents que nous voudrions tant voir disparaître !
L'enquête à eu lieu et je dis de suite bien franchement que, après avoir examiné les papiers suspects que l’Inspecteur, M.
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Calder me remit entre les mains, j'eus moi-même des doutes que
je ne cachaï point. Et voilà pourquoi lorsque l’Inspecteur deman-
da à interroger les enfants sur la foi d’une déclaration solennelle,
je dis à la Rvde Sœur principale de ne pas s'y opposer ; ce qui
n'aurait, du reste, eu d’antre résultat que d'augmenter les soupçons. Mais j'avoue aussi que si j’eusse prévu la manière d'interroger dont l'inspecteur s’est servi, manière si insultante pour la Sœur, je ne l’aurais pas permis.
N'est-ce pas une grossièreté sans nom que de déprécier devant les élèves, le caractère de leur institutrice ? N'est-ce pas une honte d'insinuer dans l'esprit des enfants des doutes, des soupçons sur l'honnêteté de leur maîtresse. M. Calder a eu beau affirmer qu’il avait des instructions très sévères et très précises à ce sujet du Conseil de l’Instruction Publique, il m'est dûr de penser que MM. Haultain, Goggin et consorts aient voulu aller jusque Jà. IT me semble que M. Calder aurait pu faire son enquête consciencieusement sans dépasser les bornes des convenances et du respect dû à l'institutrice. Je ne dis pas qu'il ait parlé avec grossièreté, il ne l’a point fait, loin de là; maïs je dis que ses questions auraient pu être faites sans jeter des germes de soupçons injurieux dans l’esprit des enfants. Le programnie de morale civique (car il n’y a pas de programme religieux) imposé à nos écoles par le Conseil de l’Education, a été violé par les questions de l'inspecteur, et je dénonce la chose à l'opinion publique.
Après avoir entendu les réponses si claires et si précises des enfants, après avoir vu avec quel aplomb ils ont reconnu leur écriture, fait leur problème d’arithmétique et évité tous les pièges qui leur étaient tendus, les doutes et les soupçons que j'avais épousés au commencement se sont tellement modifiés que jen'’ai plus craint pour le succès de l’enquête.
Mais voilà que l'inspecteur non encore satisfait et n'ayant point obtenu le but poursuivi: faire accuser la Sœur par ses propres élèves, veut faire subir à cette sœur elle-même un examen humiant, pour elle, pour ses compagnes et pour nous tous. Sous l’empire d’une légitime indignation je lui conseille de toutes mes forces de ne pas se soumettre à cette indignité et de renvoyer l'inspecteur à la déclaration solennelle qu'elle a faite après l'examen de promotion.
Jer zrette qu'elle n'ait pas suivi mon conseil, rt répondu par le silence. C’est tout ce que les questions insidieuses de M. Calder. méritaient.
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Qu'on ne me force point À mon tour à demander des enquêtes qui porteraient sur des choses bien autrement sérieuses, et sur des personnes que le Conseil de l’Instruction Publique serait sans doute bien peu fier de vraisemblablement trouver convaincus d’intempérance ou d’immoralité.
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