DE LA FATALITÉ EN GÉNÉRAL
I. Dai» Texposé qui précède , j'ai placé en premier lieu les raisons que je déduis de la Fatalité, parce qu'dles me paraissent d'une importance capitale dans le sij^et que je traite : la Destruction générale d'une société par une nation envahissante.
A ce mot banal de Fataliié, je vois les esprits forts de la civilisation française, les afiOreux petits rh^urs à la U-^ gae, les Jupiters de Falinéa, les empoiscHmeurs de l'esprit
public, les journalistes enfin tailler leurs plumes et me
noircir de leur encre la plus corrosive.
Et pourquoi donc, mes maîtres^ si vous êtes convaincus que la Fatalité n'exerce aucune influence sur nos affaires, pourquoi donc vous écrier tout le long de vos improvisations quotidiennes : Salut Dieu ! -Bonjour Dieu 1 Bonsoir Dieu ! — Puissance, Bonté, Justice, Gloire à Dieu, GrÀces à Dieu dans le plus haut des Cieux ! — Révolution, Progrès par Dieu! — Statu quo, Conservation par Dieul — Tout par Dieu, pour Dieu, avec Died ! — Dites-moi pourquoi vous craignez ce Dieu, pourquoi vous Tadorez, Tassourdissez, l'invoquez et en parlez enin comme tes aveugles parient des couleurs; ce que vous en savez «nfia?.....
Et puis, quand vous m'aurez dit cela, il vous restera Picore à me démontrer qu'il y a une différence entre ce que vous appelez Dieu et ce que j'appelle, moi, la Fatalité, l'Ennemi?
Tant que vous n'aurez pas clairement établi cette différence, tant que vous n'emploierez les mots Dieu et Fatalité que comme des cbe villes d'un usage facile à la fin de vos {dirases, j'aurai le droit de me servir du second de ces termes comme vous du premier, et de prouver quelque chose au moyen de l'un, tandis que vous ne prouvez absolument rien au moyen de l'autre.
II. Sans m'engager aujourd'hui dans une dissertation sur la Fatalité, — ce dont je ne vous tiens pas quitte pour {dus tard, journalistes! -^ je veux dire ce que j^entends par ce mot.
La Fatalité, je la définis cetie ^xrce supérieure à nous, qui s'exerce sur nous par tous les objets extérieurs. Pour moi. Dieu, &est tout ce qui n'est pas moi. Il me suffit d'en savoir c^ pour dire : Dieu, c'est mon ennemi ! Le général des Jésuites ne se dit-il pas l'ami de Dieu et Fenn^dai
(te tout te monde? que chacun sache donc qu'il est l'ennemi de Dieu et du général des Jésuites.
De r(Higine de mon (tivin adversaire, de ses qualités, de ses vices, de ses mœurs,* je ne m'inquiète guère. Le sujet que je traite ne m'impose pas la nécessité d'être inquisiteur, théologien ou mystagogue. Et puis, qu^avei^-voi» appris des habitudes privées et politiques de Dieu, vous tous, diarlatans et jésuites, qui te mouchardez ab origine mundi et qui continuerez i^sque ad semper?, . . Vous men* tez pour gagner miséraUement votre vie : voilà tout.
III. Celte force supéneure à nous se fait sentir à nous par milte modes de représentations désagréables dont n(Mis payons les frais. D'abord par l'Univers, — il s'agit de moins que cela dans mon siget, *— jst dans nos socié-* tés, par l'aïUorité religteuse dite dWine, — par l'autorité temporelle dite royautés, trdnes, empires , principautés, puissances, SouvEâADunnG:, magnum Jovis incremenium; en&i, par les hiérardiies spirituelles et temporelles ofBt^ eielles et officieuses qui en sont \çs conséquences; -^ y ocwaprisé, ne vous en déplaise, Measdgneurs, Nosseigneurs ! eelle des journalistes.
D'où il suit que Dteu, Pape, Empereur, Divinité, Catholicismc; Protestantisme, Journalisme, Bancocratisme, Th^ socialisme ; — Jéhovah, Alexandre VI, M. de Rotschild, tvanlV, Soulouque, Napoléon I et HI, Bouddha, Jules H, Nicolas, Pie IX, VeuiHot, Ribeyroltes, Girardin, Gengis^ Khan, Attila, Blanc (Louis) ou Malarmé (Placide) — s<mt toujours pour moi des instruments de la Fatalité, du Mal, de la Guerre, de la Division, du Malheur de l'Humanité. Les Dieux et les autorités qui s^en recommandent ne diffèrent que de nom et de force.