CHAPITRE V
DANS LA PROCHAINE GUERRE DE CONQUÊTE , LA RUSSIE SERjfIRA DE CENTRE DE RALLIEMENT AUX RACES SLAVES.
I. La race Slave est placée dans les conditions nécessaires pour remplir le rôle terrible de peuple destructeur. Mais, dans cette tâche , il faut qu'elle soit unie aussi étroitement que possible sous une autorité absolue.
Si c'est encore un crime que cette assertion, j'ai l'histoire pour complice. De Gyrus à Napoléon, d'Alexandre à Charlemagne , de César à Gengis et à Nicolas , les grandes régénérations humaines ont été opérées par le glaive et la dictature des conquérants.
n ne s'agit pas ici de principes , mais de force. Et je soutiens qu'au point de vue révolutionnaire, la Force est toujours l'auxiliaire de l'Idée, encore qu'elle paraisse s'op-^ poser à son évolution.
Je soutiens que la Russie, formant un bloc résistant et compact au milieu des races Slaves, les ralliera toutes par conquêtes successives , et que celles qui tenteront de se soulever contre cette puissance supérieure succomberont comme ont succombé la Pologne et la Hongrie, qui étaient des nations courageuses. ^
Je soutiens qu'on ne frappe l'imagination des races conquérantes et barbares que par un immense déploiement de forces et de dignités.
Je soutiens qu'on ne chatouille leur rude écorce qu'en leur promettant des conquêtes , des voluptés et du bonheur.
Je soutiens qu'on ne fonde l'ordre au milieu d'elles qu'en leur faisant croire que cet ordre vient d'en-haut et qu'il est indiscutable.
Je soutiens que la Révélation par l'initiative des gouvernements fédéra tifs n'est possible que dans des pays comme les Etats-Unis, qui prospèrent encore avec les principes de notre civilisation et qui la développeront sur des continents nouveaux et riches.
Je soutiens que la dernière guerre de Hongrie fut contrerévolutionnaire ; qu'elle fut soutenue par la nationalité madgyare contre l'unité slave, au nom du Constitutionnalisme républicain contre le Socialisme universel.
Je soutiens que la Constitution des Etats-Unis d'Europe, telle que la voudraient les bourgeois républicains, n'apporterait pas plus d'améliorations dans le milieu civilisé général que n'en a apporté la constitution de 1848 dans le milieu civilisé français.
Je soutiens que l'Europe n'en est plus à une révolution de forme politique , mais à une transformation organique et sociale qui demande l'initiative d'une force unitaire •considérable.
Je soutiens qu'en dehors de la forme monarchique absolue, toute unité, toute discipline sont impossibles au milieu des peuples slaves , et que jamais l'œuvre de conquête qu'ils ont à accomplir ne pourra se faire par l'anarchie ou la fédération républicaine.
En restant dans le domaine des faits , te plus simple raisonnement, la plus vulgaire expérience nous démontrent combien la ra(91dité d'exécution est décisive dans toute question de forqe , à ce point de vue que le Tzar est donc bien supérieur aux nations slaves isolées sous des
despotismes qui les compriment à la motodre tentative de soulèvement. Puis, que de temps il faudrait à tous ces peuples pour concerter une action commune! Que de luttes contre des armées innombrables! que de chances de défaites ! Plusieurs siècles ne siéraient point à une pareille tâche. Un mot du Tzar, au contraire, et la masse des Slaves russes roule sur le monde, comme une avalanche, entraînant les autres sur son passagq. Or, quand de pareilles masses d'hommes sont en mouvement, peu m'ilEqportent les desseins de celui qui les guide , car leur chef n'est plus rien que Tesclave àe leurs volontés. Et la volonté de tous les hommes les entraîne au Bonheur.
Moi qui veux le triomphe de la Révolution avant toute chose, j'appelle donc le glaive de la Russie sur la Hongrie, la Bohème, l'empire Turc et les pays slaves soumis à l'Autriche et à la Prusse.
II; Le Tzar a l'exacte consci^ice de la mission de sa race ; c'est ce qui fait la force de sa politique. Il sait qu'il ne doit plus parler aux populations qui l'entourent au nom de la seuto nation russe, mais au nom du Panslatisme, et qu'à de pareils appels H sera répondu par un enthousiasme général. C'est ainsi quHl fraye son chemin vers la conquête du Vieux-Continent, soirfevant, au nom de la liberté, aujourd'hui la Grèce et demain la Turquie , l'Afghanistan ou la Perse, conU*actant des alliances avec toutes les familles régnante de l'Allemagne S semant partout des agents, de l'or et des trahisons ; puis faisant son profit de toutes les divisions qu'il favorise, et s'adjugeant chaque année des protectorats nouveaux.
(i) Bn Toir la fastidieuse nomenclature dana les Meê«oger% hiAttu», almanadw édités par les soins des bourgeois de Liège et de Bàle, et reproduits par la Nation de Bruxelles .
III. Le Tzarisme est pesant, mais les Slaves s'y soumettront parce que lui seul est assez puissant pour rassembler les groupes épars de leur race; ils racceptèront comme instrument provisoire , sauf à le briser après la conquête, quand les idées de liberté auront pénétré parmi eux. Du travail de leurs peuples les conquérants retirent à peine des rameaux verts de laurier. Mais du travail des conquérants les peuples recueillent des épis mûrs, des, vins généreux , une liberté plus grande , un soleil plus chaud , des terres fécondes , des cieux plus souriants. Les douilles opimes sont encore pour les peuples. La France et la Russie des empereurs seront terrassées par la Révolution. — Ciontre le développement des peuples et la transformation des sociétés tout se brise.