PLUS BRUTALE DU DESPOTISME
Un autre Slave écrit, ^écialement^ pour le Républicain de New-York :
« Jamais despotisme plus militaire n'a existé dans le. » monde que le despotisme du Tzar. La Russie est comme » un vaste camp toujours sur le qui-vîve. Elle semble
(1) En Cuisant celte citation j'attaque donc la propriété du JRépuhlicain^ organe férocement démocratique et conséqucmment défenseur intrépide de l'aubaine littéraire. Le Républicain se gardera bien cependant de m'accuser du crime de Ike-propriété. Les démocrates ne sont pas encore au pouvoir. Dieu merci ! Et jusqu'à ce qu'ils y grimpent unguibus et roitro, ils seront contraints de respecter les idées conquises par la philosophie socialiste aimée du peuple.
» iRÉAtISBR lÎNE BCHU^ PRÊTB A SE KWÊi SUR LKS NATIONS D'oC-
» cnHBNT. L'armée, c'est la Russie ; et la Russie» c'est une » année. »
Je recueille avec grand soin ces aveux de deux auteurs idaves. Et je leur demande si les despotisœes de conquête ne doivent pas être aussi, militaires, aussi pauvres de pensée, aussi bâillement proisalques que possible? Je leur demande si l'excessive pauvreté ne vaut pas mieux que l'extrême richesse en fait de gouvemementalisme? Je leur demande si le fer et le bronze sont des joyaux de luxe et des hochets pour la mollesse? Et s'fl ne faut pas des mains rudes, grossières, sanglantes même pour saisir le glaive et charger le canon? — Je crains bien qu^en haine du Tzarisme, MM. les auteurs slaves ne soient pas devenus beau- Coup plm civilisés que nous. Nous en recauserons....
V. Par traditions, par mœurs^ par croyances, par préjugés , si l'on veut , les Slaves sont des peuples propres à la conquête. Cela est écrit dans leur religion , dans leurs^ hymnes nationaux, dans leurs prédictions de victoires, dans leurs incompressibles tendances. Je cuis convaincu, et c'est l'opinion de tous ceux qui connaissent la Russie, je suis convaincu que, devant la soif inassouvie d'invasion qui s'est emparée du peuple en g^tiéral et dbs Cosaques ïd la petite Russie eai particulier, le tzar Nicolas ne pourrait se retira de la lutte acti^lle sans les plus grands dangers pour sa personne.
C'est que, dans raïç)ire russe, les révoltes ne se font pa§ à demi. Ce sont des soulèvemaits géniaux comme celui des paysans sous Pougatcheff, ou des attaques sans mesure contre la propriété , comme celle que dirigea Pestd , ou encore des hautes-<BUvres qui s'accomplissent mystérieusement dans les redoutables ténèbres des Kremlins, comme celles do»t l'habik race des Ortpff s'est réîservé le monopole.
Et puis, il y a derrière Nicolas un homme jeune , actif, instruit, ambitieux , entièrement Russe, seulement Russe, à qui la civilisation déplaît et qui s'appelle Parchiduc Constantin* Ghroniquement diplomate, Nicolas pourrait, dit-on, renoncer à la tâche entreprise ? Je ne le crois pas. Que s'il le faisait cependant,.... alors.... Ce n'est jamais impunément, ce n'est jamais longtemps surtout qu'un gouvernement résiste aux vœux d'un peuple entier. Plus absolu est le |K)uvoir, plus terribles sont les dangers. Quand les existences de soixante millions d'hommes dépendent du caprice d'une seule tète , cette tète est à la merci de soixante millions de vengeances, dorages, de cordes et de poignards. Les aveugles ne connaissent pas le danger, les sourds n'entendent aucune parole de conciliation , dès qu'ils s'aperçoivent qu'on les trompe. Malheur à ceux qui les conduisent mal I C'est jusqu'aux cœurs des rois, jusqu'aux entrailles des seigneurs, jusqu'aux fondements des manoirs que les Cosaques portent le fer et le feu. Tandis que nous nous contentons dans nos plus grandes fureurs de brûler quelques meubles et d'enfumer des princes dans leurs palais. Le pouvoir de Nicolas est en équilibre sur la pointe d'une lance : c'est périlleux !...
Ou Nicolas continuera cette guerre, ou il ne la continuera pas; c'est un détail secondabe. Ce qu'il y a de certain, c'est que cette guerre sera continuée par quelqu'un ; c'est que , pendant toute la fin de ce siècle, la Russie fera le sac de la Civilisation d'Occident; c'est qu'il le faut, et que jamais les instruments ne manquent à la Fatàuté. Les hommes se servent des événements, mais les événements aussi se servent des hommes, et les trouvent, quand ils leur sont nécessaires. Le Russe est altéré de sang civilisé, et le souverain qui s'en montrerait avare serait peutêtre prodigue de son propre sang. Si j'étais Tzar de toutes les Russies pour le quart d'heure^ je méditerais profon-»-
dément sur les fins tragiques des Romanoff et sur les pas« sions des peuples jeunes. Entre deux dangers je choisirais le moindre et le plus glorieux. — La Conjuration réclame les tètes des rois, et la Guerre les protégé \
Le Tzarisme attaquera parce qu'il ne craint pas la guerre*
Le Tzarisme renversera parce que sa force est grande.
Le Tzarisme vaincra parce que sa puissance est une.
Le Tzarisme réunira parce que les hommes courent aux gros rassemblements comme les eaux à la rivière.
Le Tzarisme sera le bien-venu parmi ses nouveaux peuples parce qu'il s*en éprendra comme d'une nouvelle maîtresse. Cela est prouvé par Alexandre de Russie, par César et Napoléon.
Le Tzarisme sera célébré dans l'histoire parce qu'il accomplira sa tâche.
Le Tzarisme sera chanté par les civilisés parce qu'il les méprisera.
Ceux qui crient le plus fort contre moi parce que je constate , en gémissant , le rôle de la Force et du Despotisme, les Bourgeois, bondiront comme les faons de biches, devant le char de victoire du Tzarisme; ils enrôleront leurs garçons parmi ses pages et lui garantiront la première virginité de leurs filles.
Le Tzarisme fera la guerre parce qu'il est porté en avant par la Russie guerrière.
Le Tzarisme fera la révdution parce qu'il y sera poussé par l'Europe ébranlée, par les nations et par les hommes confondus dans un chaos épouvantable.
Le Tzarisme effraiera les rois orthodoxes au moins autant que la Révolution.
Le Tzarisme sera cher aux peuples parce qu'il fera dis-
paraître tous les privilèges sous le niveau de fer de son autorité.
Le Tzarisme montera êomme un aigle sous le sdi^ du monde ; il déploiera ses ailes, les agitera comme un éper-vier , et fascinera les nations tremblantes , sacrifiées à ses sanglants caprices. — L'Europe est à la discrétion du Tzar!
...J'ai vu de tout près les plus illustres révolutionnaires de mon temps, les fiers, les purs, les terribles, ceux dont le nom fait évanouir les épiciers, et je jure qu'ils ne sont pas dignes de la Liberté !
VI. Etudiez la race slave au Sud et au Nord, à J'Orient et à rOccident, dans la Turquie et dans la Grèce; lisez ce qu'ont écrit sur elle les écrivains les plus divers d'opinions et de patries; et vous demeurerez convaincus que les peuples slaves ont les mêmes caractères politiques ©t religieux, les mêmes intérêts. J'avance, sans crainte d'être démenti, que les Hongrois, les Polonais, les Bohémiens, la grande majorité des peuples de la Grèce et de la Turquie d'Europe sont Slaves avant tout ; — que le génie de cette race vivifie trente-cinq millions d'hommes dans les pays exposés au soleil levant ; — que l'instinct de ces peuples et le soin de leur conservation les groupent forcément autour de la Russie; — que Nicolas le sait et les soutient dans leurs révolutions, réalisant grossièrement, ainsi, l'utopie de la Confédération slave. Je sais que c'est de la parodie, une parodie sanglante! Mais, dans tout tableau, l'esquisse précède le dessin et le coloris ; dans tout ouvrage, l'homme commence par une ébauche.
VII. De ce grand arbre slave je détache, pour l'examiner, un des rameaux les plus vigoureux , le rameau grec. Quiconque se préoccupe de politique européenne n'ignore
pas qtde, d^ais un quart de siècle, c'mt la Russie qui pro* tège rindépendance haUëoique ; — que cte St.-Pétersbourg sont tirés les âls de toutes les conspiratiocis (pii éclatent à Athènes ; — que c'est pour l'intérêt de la Russie que fût taillé dans les doiQsines d6 la Sublinie-P<M*te ee petit lam-^ beau de royaume constitutionnel s^ns avenir, donné par les (Uplomates à un fils de Bavière ; — que c'est la Russie qui entraîna la France et l'Angleterre à l'ocre de démence nationale de Niwarin; — que c'est encore la Russie qui soulève, à l'iieure qu'il est, les bandes palicares et encou^ rage le roi Otbon dans son attitude suspecte et boudeuse vis-à-vis des puissances occidentales. £t croit-on bien que ces aspirations invincibles du peuple faellèiie céderont à l'occupation de quelques bataillons anglo-français décimés par le choléra? Croit-on bien empêcher ainsi le roi des Grecs de se considérer comme la sentinelle avancée de la race et de la religion slaves dans le Levant, comme l'aidedoH^amp du tzar, et l'empereur désigné de la nouvelle, Byzance? Groit-on bien que les petites combinaisons dipkn matiques des impuissances occidentales diviseront ce que la nature veut unir, les différents peuples delà race slave? On peut dire cela , mais on ne le croit pas ; ces allégations peuvent être conformes à la haute politique, mais elles vont coc^tre le simple bon sens. Je sais bi^i ce que les ambassadeurs de France et d'Angleterre peuvent penser m petto de la question d'Orient.
VIII. Depuis que le Croissant brille sur les dômes de Stamboul, les chrétiens d'Orient n'attendent leur déli*** vrance que des tzars, et les moines grecs leur annoncent que c'est par eux que viendra la vengeance* L'aigle à deux têtes , chassée de Constantinople , reprendra son vol vers la coupole de Satfite^ophie. Dès à présent, les provinces éuropéeniies de l'Empire tune ne lui appartiennent plitf
qae de nom; effectivement, elles sont à la Russie. Ecrasées d'impôts, entravées dans Fexercice de leur culte, soumises au pouvoir dictatorial des visirs, dilapidées, dles frémissent sous un joug qu'elles détestent et salueront la domination russe comme une délivrance.
IX Les provinces' du Nord soumises par le traité
d'Abo, la Livonie, la Finlande, TEsthonie, la Courlande, restées Scandinaves de caractère, sont incapables de prendre l'initiative d'une révolté contre la Russie. Elles ne le désirent pas , et dans les régions glacées du Septentrion , aucune puissance ne s'élève plus qui puisse leur donner conscience de leur force, en leur tendant une main libératrice et fraternelle. La Suède est étendue dans le tombeai) de Charles XII ; par alliances et intérêts, la Prusse est so~ lidaire de la Russie. Les races finlandaises et Scandinaves n'opposeront aucune résistance aux desseins de conquête du Tzarisme , qu'elles servent avec un dévouement em-
X. Il y a longtemps déjà que les groupes épars du monde slave sont agités par la pensée de se réunir. Dans ces vingt-cinq dernières années , le Panslavisme a été prêché partout : à Prague, à Moscou, à Paris, par Mickiewickz ; et partout il a été accueilli avec enthousiasme. Il y a deux sortes de Panslavisme : l'un, purement spéculatif; c'est celui des classes lettrées, officielles et moyennes qui se proposent seulement de rassembler les tronçons de la race slave au moyen d'une langue et d'une littérature communes ; — l'autre , agissant , réalisateur, qui demande la confédération immédiate, effective, et par avance en a fixé les conditions.
Ce dernier panslavisme est celui des jeunes races slaves, des Russes de Moscou , de FOrient et du Sud. Un grand
nombre de ces révolutionnaires ont offert à Nicolas la direction de leur entreprise, et celui-ci, voyant dans le Panslavisme une idée très-faverabie à ses projets d'ambition, s'en est emparé, il Va faut professer dans les universités jusqu'à ce qu'il se ff!lt aperçu que cette tendance à la liberté de race éveillait nécessairement des ai^irations à la liberté individuelle. 11 a fait du Panslavisme et du ChristianisBie les deux leviers de sa politique en Ori^it^ politique si savante pour disscMidre, si incapable de rien fonder, si révolutionnaire en un mot. Au nom du Qxristianisme grec, Nicolas détache Roumains et Hellènes du patriarche de C^ostantinple ; au nom du Panslavisme, il détache les Slaves de tous pays des dominations temporelles qui les oppriment.
Jusqu'à ce qu'il les courbe sous un seul sceptre, Nicolas réunit déjà sous une seule influence plus de cent millions d'hommes. Le mcoide slave ainsi réalisé reconnaîtra pour Umites : au Nord, les mers de glace ; au Sud, les mers du soleil, de Venise à Stamboul; à l'Est, les Etats-Unis de l'Amérique nouvelle; à l'Ouest, Vienne, l'arrière-gaarde de notre Vieux-Monde. — Dans un empire semblable danserairat à l'aise dix empit*es français et t(ms les boulevards imaginables de la Civilisation européenne 1
X.I. La tendance vers une nationalité commune est si puissante chez les Slaves, que les despotismes l'exploitent pour étoufier la liberté des races moins nombreuses que la ccmquète a oonfi»idues avec eux. Un malentendu gordien pèse encore sur l'humanité ; le sentiment de l'indépendance nationale et celui de la liberté individuelle sont encore opposés l'un à l'autre par les despotes et les ambitieux. Contradiction ^ine d'effiroi pour les esprits vulgaires ! tout homme qui prend part aux événements politiques de ce temps est à la fois progressiste et réactionnaire ! Paské-
wîich el Radetzky, qui réagissent sauvagement contre la liberté humaine, sont révolutionnaires inconsci^its pour l'indépendance slave ; tandis que Eossuth, révolutionnaire pour la liberté humaine , réagit forcément contre Findépendance slave. — L'humanité ne progresse , hélas I que ^ans la double ornière d'^;emelles contradictrôns ! — En 4848 et 49, c'est au nom du Panslavbme que les autocrates du Nord parviennent à étoufier les révolutions italienne et hongroise; ils excitent les Croates, de soudie slave, les peuples nouveaux contre les peuples anciens , d'origine latine , romaine et madgyare ; ils font craindre aux premiers que les seconds ne les dominent au moyen d'une civilisation plus avancée. Contre toute nouvdle révolution, italienne ou hongroise, ils emploieraient la même politique ; et la même politique leur réussirait encore. Tant que l'idée panslave n'aura pas pris corps ; tant qu'elle n'aura pas produit toutes les conséquences qui sont en elle , les révolutions partiales de l'Europe seront étouffées par des soldats slaves. Dès que le Panslavisme exis^ra , au contraire, il sera forcément l'appui de la Révolution, parce que les Slaves libres ne pourront trouver place dans le monde qu'en transformant ce qui existe aujourd'hui. Or, par la force des choses, par la nécessité des temps, l'idée panslave ne peut avoir sa réalisation première que dans un tzarisme unitaire qui absorbera toutes les espèces de la race-mère jusqu'à ce qu'elles puissent renaître, une à une et selon leurs tendances spéciales , dans une R^rablique fédérative. Le monde slave nous fournira tout d'abwd l'exemple de ce qui se passera plus tard pour l'Europe entière.
XII. Ce n'est pas sans raison que nôo^ désignons les Russes sous le nom de Cosaqim qusoid nous v(mlws peindra l'efiroi que nous inspire la seule idée de l'invasion. Les
Cosaques sont, en effet, les populations les plus centrales, les plus belliqueuses, les plus indépendantes, les plus sauvages de la Russie ; son cœur et son bras. Ce sont elles qui peuvent nous donner le portrait fidèle du caractère slave primitif.
Endurcis à la £atigue des expéditions longues et des pénibles travaux de Fagriculture, labourant avec l'uniforme de guerre et le sabre au flanc, dressant leur chevaux à tir^r la charrue pesante ou à galoper dans les steppes spaci^ses, les Cosaques sont de vrais soldats-laboureurs; c'est à la pointe de la lance qu'ils commercent et vivent.
La Russie n'a pris un prodigieux essor que depuis l'incorporation des Cosaques à son empire. De même que l'homme cruel attire dans ses filets les joyeux oiseaux des champs avec ceux qu'il a pris et utilisés la veille, de même les Tzars ne sont parvenus à réduire les tribus nomades du centre et du sud que par les premiers Cosaques qu'ils ont Intéressés à leur œuvre d'unification*
Les Cosaques, à la fois nomades et sédentaires, servent naturellement d'intermédiaires entre la Russie à peine ébauchée du tchinn et la Russie sauvage encore, entre le gouvernement brut et l'anarchie brute. A la fois cultivateurs et guerriers, eux seuls sont propres à l'œuvre de cette civilisation étrange qui s'avance , le glaive dans une main et le hoyau dans l'autre. Ne se fixant jamais , les tribus cosaques sont éminemment propres à recevoir des impressions nouvelles , à se modeler sur les peuples au milieu desquels elles passent, à rap{HX)cher l'habitant du Nord de celui du Midi. Ces bandes nomades sont entre les mains des Tzars comme autant d'empreintes vivantes des coutumes qu'ils veulent U*ansporter d'un pays dans un autre, comme autant de pierres cpi'ils lançait sur l'Océan des peuples qui les entourent^ afin d'agiter toutes ces tètes
humaines et d'agrandir peu à peu le cercle de leurs enva-
XIII. Pour faire connaître aux civilisés l'indépendance des Cosaques et les engager à la comparer à la leur, je transcris un autre passage des articles sur la Russie écrits spécialement pour le Républicain de New-York, (Je réci- Âve ainsi mon attac[ue à la propriété.)
« On sait que ces cultivateurs-soldats formaient jadis » une république militaire. Le droit de cité y était facite- » ment acquis. L'aspirant à la naturalisation n'avait qu'à » se présenter devant le Kotchevoï (chef électif d'une » bourgade). On ne l'interrogeait ni sur le lieu de sa nais- » sance, ni sur ses antécédents. La réception se bornait à » cedialc^e;
» — Bonjour î Crois-tu en Jésus-Ghrist?
» — J'y crois.
» — Et à la Sainte-Trinitéî
» — J'y crois de même.
» Vas-tu à l'Eglise?
» — J'y vais.
» — Fais le si^e de la Croix?
» Le nouveau venu le faisait.
» — Bien, r^[>renait le Kotchevoï; va au couren (quar- » tier de la bourgade) qu'il te plaît de choisir. »
» C'était toute la cérémonie. De oette manière, la Ré- » publique se forma des réfugiés des nations voisines. » Elle fit respecter son indépendance et se rendit redou- » table aux Tartares. Elle accepta l'alliance des Polonais » et la rejeta ensuite, quand les jésuites voulurent rem- « placer la reUgion grecque par le catholicisme romain. » Alors elle se soumit aux Tzars de Moscou qui respecté- ' » rent ses privilèges électife. Milice de la Russie , les Co- » saques gardèrent, jusqu'à la mort d'Alexandre, le droit
» d'élire leurs officiers et leur chef suprême qu'on appelait » attaman. Ils eurent un gouvernement séparé et telle- , » ment indépendant^ qu'il donna lieu au proverbe russes » Libre gomme un Cosaque I
^ Nicolas, qui n'aime la liberté nulle part et sous aucune » forme, a détruit la plupart des privilèges des Cosaques. » Il a nommé son propre fils, l'héritier présomptif, grand- » duc Alexandre, attaman à vie, et continue de désigner )) les chefs subalternes.
» Les Cosaques supportent avec impatience le régime )) qui leur est imposé. Ils n'ont pas oublié leur glorieux » passé. Ils se le transmettent dans des chants improvisés. )) Leur langue, douce et harmonieuse, est distincte du » russe et du polonais , malgré la communauté d'origine.
)) Comme les Polonais, comme les Jui£s, les Cosaques » voient en Nicolas un oppresseur. »
C'est sans doute ce que vous y voyez, vous comme moi. Mais je m'assure que les Cosaques , comme les Polonais , y voient avant tout un conquérant.