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bouquin. Ce sera l)ien véritabl^nent la Babel des peuples, Babel omiim jamais il n'en fut sur terre» oar jamais «û^ Gore Tâutorité ne fut bafouée, changée» ebassée, traquée, malmeuée, déformée, dépréciée, mé{»riaée, aviUe, niée comme elle Test aujourd'hui I
V]I. Une civilisation de décadente coolient» dans son s^, tom les matériaux d'une sodélé en e&Cance ; les désespérantes négations des époques deâtructives nécessitent les aSiripations solides sur lesqueltea l'hun^anité r^oon»truît. Ouiconqpe vqudra bien (Jbeervop aigoiipd'bm la diar sociation des éléments du ixK>nopoley pouirra pttévoir le jfùodd d'après lequel sa produira la prochaine unification
Les nati(»is d'Oecid^t font des révolutionn chaque jour ; diaque jour elles essaient, tâtonnent et tny^uchent» créant gouvernements, dictatures, assemblées, conventions, majorités et minorUés à tou3 degrés , de twites formes ; elles se débattent, crient, versent les plus pures de leurs larmes , le plus chaud de leur sang. Et cependant elle^ ne réussissent ainsi à rien fonder de durable. Ellies s'aperçoivait que tous les gouvernements sont impuissdnt$ è sauvegarder des intérêts injustes, incapable^ de faire droit à d^ revendicaticms légitime*, lourds aux minorités, aux majorités même, en dehors du mouvement social, hostiles à tous, condamnés à périr dans la plus épouvantable anar chie. Et plus cette vérité est démontrée aux hommes, plus les hommes s'obstinent à la ni^. Us sont las de l'autorité; mais, ne sachant encore comment la remplacer, ils l'exagèrent dans les faits jusqu'à la bouflbnnerie la plus prétentieuse, en même temps qu'ils la déduisent à tout jamais dans son prestige et àans l'opinion publique. D*autire part, les mendiants politiques — rois, princes et tribuns, — ont telleiîjent pullulé dans te paix et r<^)ésité, qu'il y a, de par
le n^ônde, des mffliersde compétiteurs pour Ie& trdiies les phis croulants de la Chrétienté. Le r^me de ia force ar* inée;et gouvemementale ne peut tenir longtemps dans un siècle dont la minorité pensante et la philosophie fibre sont liguées contre lui. La veillée de mort est venue pour les Astyages , Crésus , Balthazars et Nabuchodonosors qui boivent le nedar des festins dans la coupe d'or où le peuple a versé la sueur de son travail maudit. Le régicide reparaHra dans sa férocité hideuse ; sa main sanglante se détachera sur le tond noir des ora^ à venir : les Cosaques versent le sang >oomme le vïn. — Divine ou terrestre, rqulforité çst tûorte au cœur des hommes !
Toute tentatiVe dei revendioat^n pour la Liberté et ia Justice est étranglée sans pitié dans la gorge des hommes de cceur. On rédige des listies de suspects, on proscrit, on d^ossède, on emprisonne, on raccourcit à tort et à travers. Les plus grands scélérats se saisissent du pouvoir ; les hommes les plus honorés subissent des peines infamantes : preuve est donc faite que le Pouvoir est chose méprîsab^ et que les jugements des hommes ne souillent et ne purifient personne. Les vengeances d'un parti sont effacées par celles d'un autre ; la terreur n'est plus guère qu'un vieux mot qui fait sourire ; les chefs de sectes, qu'on croyait si redoutables et si grands, traînent dans l'exil une existence réprouvée; à peine commencent-its à se faire un nom qu'ils sont enlevés au théâtre de leur jeune c^brité ; les rois enfin, qu'on regardait comme les plus libres des hommes, prouvent chaque jour qu'ils en sont les plus esclaves. — Ainsi notre jugement trembleur s'accoutume à voir les hommes nus comme notre premier père, et nous comprenons à peu près maintenant que l'accord général de l'Humanité naîtra de la division des individus poussée à l'infini. Les hommes commencent à soupçonner avec étonnement qu'ils peuvent vivre litoes
et sans direotenrs, éhacuû smiyant le orî de ses pssssioBSj rimpulsion de s^ intérêts et de ses mstincti^. Déjà toutes les.0Otions de moralité coavèntioûxidile sOiit interverties^ tous les préjugés. déPddnôs. On oe sait plus ce qu'il i^ut entendre p^ fces mots: Dïm\, Devok, Morale^ Crimes Yertu^ :Just0 et Iiyuste. L'homme reïuse de s^abaiss^ sous toute autre. maiUi que celle du SoaT.— Ainsi pas^ sent -r- w trçmeutut — la GkArej la Juirtice et la Mprale fau^^es in^pqsé^SHaÈllx hon»n^ pdiT ceux qui les Ldd> oainent. . . : / :
glés qu'il faut toujours la main de la force pour en maintenir le faisceau disjoint. — Mais le monde futur est dans Tâme des hommes rebelles et justes, dans l'âme des condamnés que fait la Civilisation. Le germe de la société nouvelle est sous la terre, et la terre sera déchirée en l'enfantant I
Chaque année les bornes des propriétés sont marquées de noms nouveaux. Les banqueroutes et les revers de fortune se succèdent sans interruption* Le travail est un frein; on musèle les hommes en les afi^mant. La Misère, plus cruelle que le fouet, contraint au labeur quotidien la population hâve des ouvriers. — Mais comme le principe sur lequel repose le Privilège est faux, les modifications qu'on lui fait subir affaiblissent le Privilège, peu élastique de sa nature. L'extrême opulence et l'extrême pauvreté, subies autrefois sans plainte par le petit nombre, dispa-
rdisaeas^ ei peu à p«a se cooSo/aàmi daos une loéâîocriié degtoe cpii pèse sur tous el devient insupportable à tous. L'Oocidmt est l'hépitai die tous ceux: qiie tue le jeûne, le bagne de tous ceux que le travaO consume. Il y a quelques çmnées, <hi y comptait un pauvre sûr sept haU^aiits; âu^^ joerd'Iuit, sur sept oc<»deiitaux, il y ^ à six qui s^ ser^ rent le ventre, pour faire taire te Faim, FineorHgible criarde qui n'a pas d'oreilles. — Il résulte de eet état^d^ douleur que tes négations les ptas tentifes du dk*oit d'aubaine s'imposent aux consciences; il en résulte que lé Crédit se substitue as l'Intérêt, la Jouissance communioative à l'Epargne frileuse, l'EchangiB aux couleurs vives à l'Usure amaigrie, le Travail attraya^t à l'Exploitation décrépite, le Bonheur qui rayonne à la Privation pâlie. Ltomme découvre enfin qu'il vivra plus heureux sans la lèpre de la Propriété, et que l'attaquer, c'est faire de l'ordre.
Par la force des choses, Fintérêt de Fargent est progressivement abaissé ; le papier-monnaie prend cours ; beaucoup plus de billets de banque sont émis que ne le permet le capital social ; on dégrève peu à peu les petites taxes, on fonde des institutions de crédit foncier, on commandite le travail ; la concurrence, en s'étendant, réduit à rien la I^élibation du commissionnaire parasité. — En sorte que la valeur réelle du Travail se substitue peu à peu à la valeur fictive du Capital. En sorte qu'on fiait par arriver à la gratuité du crédit, à la généralisation de l'Echange et à la suppression de tout ce qui leur fait obstade.
Le Clergé, l'Armée, la Magistrature, l'ÂdministFatioa, les Parlema^ts, l'Uni verâté, le Privilège sacrent^ glorifient, e^[ioensent, protègent et paient tous les pouvoirs qm se si^^erposent à la tiation, la mitraillent, — l'avilissent. —
D*o{r résùUe, dans Fesprit publio, la négation et le mépris de toute hi^arcbie constituée.
Notre luxe est homi(»de et mesquin, notre bonheur monotone, nos fantaisies prévues, nos écarte limités à la sphère de tolérance de la polioe ou de Topinion ; il n'y a pas d'inspiration dans notre littérature, pas d'essor dans nos arte, pas de générosité dans nos cœurs ; nous ne nous entretenons de la chose publique que pour faire montre d'érudiU(m ou d'éloquence. Tout ce qui tend à s'élevar est impitoyablement rabaissé. Entre 1^ plus fortunés, l'air, l'espace, la gloire ^ont répartis parcimonieusement : on taille sans pitié les ailes du génie. Pas n'est besoin à nos gouvemem^its de haute décadence de publier des édite de Gyrus et d'Âristodème pour contraindre les jeunes gens à la fainéantise, aux professions qui civili3ent, à Fignorance, à l'infamie. Les hommes d'aujourd'hui se fatiguent aux travaux et aux plaisirs des femmes ; ils étudient la science sociale dans les journaux ; par le tenjps qui se traîne, il faut des recommandationis puissantes pour parvenir aux emplois de la police secrète. — Tout est 3auvé, fbi's l'honneur !
Les petite des bourgeois sont i^isîs d'un priapîsipe litté-< raire et artistique énervant. Malingres, chétifs, facilement blasés en raison de leur faiblesse native, surveillés, effacés, courbés sous le triple joug de l'éducation, des préjugés et de la mode, voyant le monde à travers un lorgnon, se préservant aveo un éventail de la bienfaisante chaleur du soleil, ils exhalent le soufiOb fiévreux de leur jeunesse hâtive dans les établissemente de gomfrerie et de luxure où l'on est gentilhomme à bon marché, dans des feuilletons écœurants, sur qudque divan banal, au moyen de vins frelatés, de cartes fausses et de chevaux de rencontre. L'honneur, la vraie morale, les plus sin^^ no-
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lions de probité sim% rainées au rang ctea conridéralkHis secondaires; l'essentiel est de n'être pas pris la main dan9 te sac.
Les tendances naturelles det lliomfne vers le bonheur et le luxe sont étran^ées, compttaciées dans notre milieu; mais elles dominent) se trahissent dans tous nos actes, édateront biet^t et remueront la Société jusque dans ses entrailles. -^ Dès aujourd'hui , les hommes, d^ks au^t vœux de la nature, demandent à satisfaire leurs passions, et ne se contentent phis de cette exclamation résignée de la souffiraBee : « Le bonheur n'est pas de ce monde ! i> Demain, les fecultés animicpies de notre espèce, portées sur les ailes dé la Liberté, de la lustâce et de l'Abondance, s'élèveront vers des régions sublimes de poé^e et de volupté d'où le stupide murmure de l'Opinion ne pourra plus les foire descendre.
YIII. Agitées, mélangées par b force réactive de la guerre, les deux races slave et franco-latine en produiront une troisi^e qui différera de çbaeune d'elles- — Ainsi cela se passe dans les combinaisons dûmiques, dans les reproductions animales, dans toutes les réactions des éléments les uns sur les autres. — La race nouvelle aura gardé les traits caractéristiques de chacune de celles qui lui auront donné naissance;. seules, les formes vieillies seront inutilisées» le fonds sera plus riche.
Qe que l'ime des races mères possède en excès sera corrigé par l'autre. Le temp^ament musculaire de la race slave et le tempérament nerveux des races franco-latines se modifieront réciproquement. Nos tendaîxces exagérées vêtis la> culture des sciences et des arts seront refrénées par la propension dominante des Slaves vers les travaux du corpB, Nos mœurs parcimonieuses et sédentaires se marieront avec les habitudes nomades des peuples du
Nord^ dont Tesprit se d^acbe si facilemeiit des lieux e6 des héritage. De leur dôté^ ceux-rei, voyant ^ que là terre gagne {>ar le trarail régulier et intelligent, se fixeront dar* vantage. ^r*r Ainsi se «'sidKtîluèra à là propriété aubaniale la Inssession :viagèrë et laborieuse qui respecte la jùstioe et satis&it leâ iilstiaotB; égoïstes de TindWidu.
ment peuplée de procjie en proche, elle sera mieux cultivée et rapportera davantage^ (Cette pénétration réciproque des villes et des campagnes s^observe déjà de plus en plus au milieu des nations industrielles dont le bienêtre et la richesse sont le plus élevés, en Angleterre, par exemple.)
De même pour la Patrie. •-». Les hommes régénérés n'attacheront pins autant* de prix à des limites conventionnelles de territoires qui varieront chaque^ jour ; ils chercheront, pour se greuper, d^aurtres raisons déterminantes, et les trouveront dans leurs sympaihies , leurs habitudes , l'analogie de leurs travaux , l-appropriotion des climats à
tes
l«irs attractions et à letur santé. -— La nouvelle Patrie sera choisie par Pindividu dans Funivers entter, et non plus imposée par la naissance entre les étroites Unntes des domaines princiers. Alors l'homme, véritablem^t libre et grand , se sentira porté rers ses semblables par un ^exAî^ ment d'universelle bienveillance ; alors, de tons les coins du monde , les brises des soirs lui rapportercmt les vœux des êtres qui lui sont chers , leurs projets , leurs travaux , leurs amours et leurs rêves. La correspondance s'enrichira des trésors d'expression de toutes les langues, des caprices des imaginations les plus aventureuses. Tout y gagnera : la pouvelle langue universelle, les mœurs, le style, la découverte, la science et l'art. Et aussi l'amitié et l'amour que la monotone cphabita^ion de chaque jour suffit pour détruire dans les âmes les plus délicates. Rien n'est mortel à la sympathie comme l'entassement des individus, — Jusqu'à ce jour, hélas I la Patrie ne fut rien ijue ce point restreint de la terre où l'homme consume son existence attristée! A l'avenir, chaque citoyen du monde se fera sa Patrie aussi grande et aussi belle (|ue puissent se l'imaginer son intelligence et son cœur !
De n^ême pour la famille. — Les alliances contractées dans une société seront déliées dans une autre, et les sociétés seront modifiées chaque jour au milieu de tant de guerres ^ de désastres et de révolutions. Les prodigieuses découvertes de l'industrie et de la science, les relations beaucoup plus fréquentes entre les hommes changeront constamment les rai^)OFts établis dans les famille», et feront disparaître de leur sein la tyrannie du patriardiat paternel et les funeste j^nséquences de l'hérédité. Il y aura une infinité de femmes «t d'enfants abandc^nés et beaucoup d'hommes veufe qui cherebeiront forttlne. Il en résultera qu'on ne s'engagera plus dans eea unions d'intérêt jurées
pour la vie omtre les {dos impMeuses protestations de là nature. -— Alors» la âimiUe sera telle cpe la veut notrd ocBur : forioée par rameur, reliée par ra£Eection , d^gée de tout calcul et de tout intérêt sordides « ne se s^[)arai^ enfin que du mutuel iMmaentement de ses membres , alors que les relations intimes seront devenues trop pesantes à diacun. Alors disparaîtront du foyer domestique les que-" relies et diseordes conjugales dont les enfants sont témoins et victimes, le concubmage mal déguisé, Tadultère hypocrite et vénal, les scandaleux procès, les duels „ empoisonnements, suicides, assassinats qui en sont la suite. Alors la table de famâle rassemblera chaque jour des êtres libres^ unis, heureux les uns par les autres, briibnts dé santé et de bonheur. Alors la fmnme sera l'égale de Thomme, et les aifents ne seront plus ooui4>és sous Tinsupportable fardeau du travail répugnant et des préjugés ridicules. -^ Alors, rOrdre sera créé dans la famille par l'abolition de Tautorité permanente et abusive de son chef*
De même pour les moeurs. — L'égotsme oppresseur des civifisés, des occidentaux, leur liberté d^us et d^abus viaidront se briser contre la brutale égalité du monde barbare. Des hommes habitués à ne reconnaître que la toute-puissante autorité d'un seul ne s'accommoderont pas de l'exploitation exercée par des légions de bourgeois fiaméliques. Le bénéfice illicite de V intermédiaire, le vol du gagne-^ petit ne sont possibles que dans la civilisation du chacun chez soi. — De ce nouveau contraste produit par l'inva-^ sion résultera le règne de la Liberté individuelle limitée par la Solidarité générale.
De même pour le langage. — Chaque nouvelle découverte nécessitera la création d'un mot nouveau que toutes lès nations adopteront, dans qpielque langue qu'il ait été prononcé la première fois. Les nouveaux besoins rendront
fi^éqnei^ l'uMge de œs exprfêskés nouveUe», en même temps que ies anoien&es, devenues' cha<^ jour bmûds nécessaires» tombettmt en désuétude. Les rapports plus kiftiaieB entre les aationeaittètierent Téobangèdes idioiMe divers. Od oonverseï^ dans des teribes imparfaits, iûadievés; on fena subir à la pran<»œiation, à rorlfao^pfae» à la grammaire d'innoœtrable» altérations. Aitisi les lan^ gués actuelles seront envahies dans le santtuaîi^é de leurs rè^es absolues ; ainsi la confusion d^ peuplés amènera h canftision des langues^ ranarohie dans la pavole comme dans la pensée. Ici en^re le Bkxk naitrb du Mal» Tlny^i-* tion de la FaiHe^ El de cetle anarchie» die ce patw géitérai sortk<a la latigbe nouvelle) et universelle* Car aucun progrès ne se réalide sans déchiremeatttensrévoluti^» soûlfeacice et anarchie. La Langue universeBe ne aéra pas créée par UB système, non plus que Tordre universel. Lessystèmes sont rentrés damledomaineâeyanatonâepatfaologique.
De même pour les révolutions. — Les générations nouvelles, venues au monde au milieu de guerres contiauelles, s'accoutumeront aux secousses» aux dangers et aux cataclysmes; dles comprendront que la Révolution est imminente et permanente dans les sociétés, indispensable à leur conservation.
Quand une fois le mouvement est imprimé à THumanité» il ne s'arrête plus : un peuple déborde sur un autre peuple, et la houle se propage dans l'océan des hommes comme dans l'océan des vagues, jusqu'à ce que, de tous ces chocs, résulte l'Harmonie définitive. Ainsi, lorsque les flots se sont longtemps battus , ils s'afEaissent par lassitude et s'étendent en paixsur la surface limpide des mers calmées * .
(1) 9at à^ pdiiil» ftHMi iiiiportttU, je ne pois dernier id ^tie Thidieatiem éè mtê idées. J*y reviendrai plus en détail quand je m'eSbreerai de reeenstniire la société nouvelle avec tous ces décombres aujourd'hui répandus péle-méle sur le sol ébranlé.
IX. L'beiiFe de la îû(M<t a ÊOtmé pont 'une motlié de FEuvope; Vàge de-slnstrulre est venu pour Fautre. «-^ (?e$t une^uséi rode tâche d^apprendre à vivre qt^d^ap-^ prendre à mourir. -*- yfafani souffre quand il s'élève à Fêtait d'homàie amant que le vieiHard qui s'inelâie vers la tombe*
Les émx inoîtôés de FËurope SDu£fHront donc pour se trinsformcTi Et leurs convulsnAis > leurs eris d-ângoisse ébranleront la terre qui les «if^rte.
. Elles senMt humiliées les nations superbes qui verront déjeunes peuples s'implanter sur leur sol « les traiter en pays ^nquiSf abattre les monumenfts de leur gloire et pousser rhumonité ver^ de nouvelles destinées. L'Envie et le Désespoir hâteront le terme de leurs jours^; elles ne consentiront pas^à partager les travaux des races ïtouvei*lement venues. — Car les vieillards s'élèvent toujours, et toujours se brisent contre les jeunes hommes audacieux et novateurs.
Elles souffriront aussi, les nations barbares, de ne pouvoir phs s'abattre parmi les grands déserts ; elles étoufferont dans l'eticeinte des villes; eltes se consumeront de langueur dans lears nouvelles coutumes et dans leurs habits trop étroits. La Nostalgie, la Déesse plaintive qui tremble au soleil en pleurant son foyer natal, la Nostalgie les moissonnera dans leur fleur. *^ Car les enfants gâniasent quand ils leur faut se rompis aux usages de la vie sociale.
Tout ce qui était trop jeime et tout ce qui était trop vieux en Eurq>e dispm^tri^ dono dans ce croisement. Ainai le veut la loi des antinoniies« —^Chaque fois que la. Terre tremble sous les trans|)orts nerveux de deux peu^ plet qui s'unisseiit, de nouvdles nées sont créées qui dévdoppent les principes du nouvel accord. Toiite cme révolutionnaire s'accompagne d'un' mouvement accéléré de
dépopulation et de repcqpudation. MaUéable ei féconde, la matière hamaiue se dilate ou se resserre , vît oa meurt pour s'accommoder aux combioaiscHis d'ordre univa^l;
Dans les institutions de TEurq^e ainsi régéi^rée, on ne trouvera plus ni les traces de la Barbarie ni celles de la Civilisati<m, également impuissantes à entretenir la vie des socii^ modernes* Les peuples qui les portaient dans leurs flancs autont ainâ changé et de noms et de circonscnfi^ tiens territoriales ; les gén^tions actuelles auront cédé k terre aux enbuts de leurs enteoits. — Car le fonds anporte la forme, et Tordre socialiste , inocmnu jusqu!id» ne s'implantera que parmi des nations qui ne sont pas encore.
Ainsi» les deux masses humaines qui se seront choquées ressuscitèrent réeliem^t sous d'autres formes du sën d& leur mort présente. £t cha(»iQe aura gagné de vivre en se généralisant.
X. Si nous envisageons la question ethnographique d'ua point de Vue pius élevé qu'on n'a coutume de le faire y la Russie nous a{q)araltra comme une intermédiaire provî-* dentielle ^itre l'Europe et l'Asie, comme le pont majestueux au moyen duqud les plus immeiuies contrées du yieuxr*Moiide s'avanceront à la rencontre les unes des autres. Avant de se croiser, les nations ont besoin d'éti^ mises en rapport , et parmi elles se irouven^ aussi des entremetteuses âpres au gam.
Deux produits chimiques juxtaposés ne se modifient pas, à moins qu'une agitaticui ^olaiite, un réactif puissant ne viennâit changer leurs rapports de contact en des rapports de pénétration. Alors seulement se dégage le ^ktâsième produite
• Il s'opère aussi des^nélanges entre peiU{^ ; on les ap^ pdle cataclysmes, déloges, émigrations, immigrations, croisements. Il y a aussi des nations qui servent de réac-
tifii dans ces croiisemeDts; on les dit ambiguës. Le carâctèfe distinctif d'une nation and>iguë , comme celui d'un réactif chimique , est de présenter des affinités spéciales avec chacun des x)euples qu'elle est destinée à confondre.
L'Europe et l'Asie ne sont encore que juxtaposées. La Russie sera la mortaise dont les angles rentrants présenterons aux angles saillants de chacune de ces contrées autant de points d^engrenagè.
l'Asie ; — par la terreur qu'elle inspire dans un siècle où la force et l'intérêt matériels dominent toutes choses ; — par la phase sociale qu'elle parcourt , et qui n'est ni la Barbarie ni la Civilisation, mais une informe combinaison de l'une et de l'autre* ; — enfin, par l'impossibilité que
(i) Les R1I86M ne tonl pas des èorboret puisqu'ils sont industrieux, riebes, rM|Met«, implorés et cnpnts par ks nations polies, mercantiles, opulentes et lâches de TOccident. — Ce ne sont pas non plus des oiYilisés, car la civilisation n'a corrompu que leurs grandes villes. Ibêi Russes, ainsi que la très-grande majorité des Slaves, sont des peuples amlwfus.