CHAPITRE VII
lOÉC O'UK €RJSE TRANSFORfllTIUCE.
« Va gaUtfflnMuent (Morveiitt «u point oii il Bfl peut phtt m réformer luUuéme ne perd rien k être réformé par la conquête. >»
.1. Gopsidéré sans dUention un homme endormi ressemble parfaitement à un mort : ce n'est qu'en s'appro-^ <^nt de lui qu'on reocNinàlt qu'il vit. Car c'est par nos fonctions relatives que nous manifestons notre existence ; et chez l'homme endormi, toute vie de rayonnement a
• Parce qu'un bonmie est endormi» vous ne dites donc pas qu'il soit mort, et en cela vous avez raison. Car si vous l'obsei'vez attentiv^oaent^ vous percevez les mouvemwts de la poiUrine» les battaoaents du pouls, la chaleur de la peau, la coloration du teint; vous reconnaissez que toutes les fonctions oi^aniques s'accomplissent suivant leur cours.
L'homme qui s'éveille se sent ii^]«iltre à la vie. Plus nous, perdons, (dus nous réparons. Celui qui se fatigue beaucoup éprouve un extrême besoin de sconmeil. Les
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plus grands excès trouvent leur remède dans le paisible cours des nuits. La vie est un équilibre entre la veille et le repos. Il n'est pas besoin de philosophie et de science pour nous apprendre que le sommeil est la meilleure moitié de l'existence : à cela suffisent nos sensations.
Le sommeil, c'est toujours la vie. Il diffère de la veille en ceci seulement quéd les forces^ #rpp^q\jies dominent la scène occupée souv^ainemént t)^aant la veille par les forces animiques.
II. Un homme est ensevefi. — Cette fois, pour tout observateur, superficiel ou profond, cette fois-là, cet homme n'est plus. £t cependant, il n'y a pas de différence entre l'homme au s^ukre ,ei l'hoimne au lit, sinon que le premier etàt sous terre et que le second est dessus. Dans leur essence le Sommeil et la Mort ne diffèrent pas. Dans le langage n'appelle-t-on pas le Sommeil frère de la Mort; et la Mort, le long, le grand, le dernier j V étemel sommeil? Et les analogies dont notre langage tient compte ne sontelles pas au fond de notre pensée ?
L'homme enseveli, comme Vhômme qui dort, est étendu sans mouvement, sans connaissance, privé de sentiment et de sensation ; il renaît, comme hii, à l'exislaiûe relative, dès qu'il s'est assez reposé. Chez le mort, il est vrai, l'insensibilité au monde extérieur est complète, et toute manifestation d'existence sus-terrestre a cessé.
Cela suffit-il pour affirmer que cet homme soH mort dans le sens que nous prêtons vulgaireibent à ce mot ; c'est-à-dire qu'il so4t inutilisé, détruit à tout jama^, et que dans l'éternité, ses éléments constituants ne soi^t plus susceptibles de régénération? — Je réponds : non ; et quiconque voudra s'éleVer à des considérations générales sur le temps et l'espace dupa, comme moi, que ta.m0rt, semblable au sommeil, n'est rien autre chose quç la pré-
dominance momentanée de la vie organique et la-répara* tion de la vie relative; — afin que cette dernière se montre p^Ius resplendissante, plus complètedans l'existence ou dans la journée prochaine.
Mais, dira-t-on, chez Thomme mort la vie organique nlème n'etiste pas. Car cette vie se traduit par la respiration, b circulation,' r^bsorption^ etc., etc.*.» actes qui cessent, dès que T homme a rendu le (ternier soupir. — le réponds r non, ces fonctions m sont pas interrompues dans le cadavre; seulement elles, ne s'y exercent plus dHme manière aussi rapide, aussi directe, aussi intrin^ sè^t]^ que sar Thomme endormi ; elles s'accomplissent non plus en quelques instants, mais en de longs mois ; ellei§ n^ottr^ltis lieu d'organe à organe humain, mais d'objet à objet Universel. De ce qu'il est plus général et plus lent à s'opérer , l'échange se fait-il moins pendant la mort que pendant le sommeil ? Et qu'est l'Echange , sinon la Vie?
Je ne^ m'occupe que de ce résultat suprême, essentiel ; l'entretien de la vie. Que m'importent les divisions pjiilosophiques tirées de l'étendue et de la durée? Elles sont éphémères ; nos découvertes, en agrandissant indéfiniment notre vue intellectuelle, effacent chaque jour ces divisions des feuillets usés des bouquins. Que m'importe en combien de temps, entre combien d'objets je me transforme, pourvu c[ue ma transformation s'opère et qu'elle entretienne l'existence universelle dont ma vie dépend? De ce que je changerai souvent de modes d'être^ m'appartiendrai-je moins que si je n'étais jamais modifié? Et quel homme n'aimerait donc pas mieux mourir à chaque heure que de vivre éternellement sous la même forme. Ce qui m'imrporte, c'est que, dans l'ordre de la nature, les droits de mon être éternellement changeant soient éternellement assurés contre la force de l'univers. Or, ainsi que je Tai
démontré s^tu^abondamment à propos 4e la graocle myslilirr cation divine, la Transformation révolutionnaire continue de toutes choses m'est un sAr ffira^t d6 la c^yipef va^ion constante de ma Liberté.
III. Un cadavre n'est pas une masse imoaobile. -^ Je ne sache rien de plus vivant qu'un cadavre. C'est un atelier toujours e^ mouvement, une fournaise rouge dans laquelle mille éléments divers réa^ssent iaeessamment les nns sur les autres, se hemrtent^ se choquent en mille seoSt se décomposent et se reeomposenli à l'infini. Là, tandis que s'^vent bien des germes, bien des partieules usées tom^ bent ; tandis que beaucoup de ga^ montent à la surfacOi beaucoup de matières solkles gagnent les profondeurs ; et de larges flots de liqmdes se déplaçant à chaque instant, provoquent entre les gas et les solides des combinaisons innombrables. Des échanges perpétueUememt renouvelés s'établissent par compression, transsudation, infiltration, expansion y etc., etc., entre les diverses parties du cadavre^ entre le cadavre et l'hiimus» entre l'humus et l'air, Chacun de ces milieux révdutionne l'autre. Des millia^ de créatures amorphes, éphémères, conduites par leurs instincts spéciaux, servent d'agents è œs réactions récit proques. Toutes les parties ne se ramollissent pas à la f(»s, toutes ne se dissocient pas de la même manière, toutes ne sont pas dissoutes par les mêmes liquides, toutes ne s'évaporent pas à la même t^npérature, et d'ailleurs la température n'est pas la même danâ toutes les parties du cadavre. Certains tissus résistent plus longtemps que d'autres; chacun s'^eurit, verdit et s'écroule à ison heure seulement ; et puis tous se dispersent d'après leurs affinités.
Je demande s'il est possible de trouver quelque pi^t une agrégation de matières organiques plus animée, pkts té^
il!
conde en transfopnoatioiis que le oadavre? — Pourquoi se gluliâisent et se putréfient ces différents tissus? Pour s'ac^ eommoder au milieu dans lequel ils se trouvent : transformation^ — Pourquoi cel éokaiige non înteirompu de matières entre ie eadavre et le ^? Pour entretenir le mouvement tHÛversel : transformation. -^ Poun^uoi cette réduction de Thumaine nature, si fière de son pouvoir et de son intettigenee, ea une argile sans prix? Pour que toute chose revienne dams le sdn de toutes choses» pour que la poussiôre retourne à la pouiisière : transformation. — Ainsi qu41 est dit dans le Livre : mémento qtÂia ptdvis es et in puli)erem rêverie fis. ^ TRAhsvoiuiATioK, ce qui veut dire : production et consommattoh bilatérales, péné-* tration réciproqjue, échange ium interrompu; c'est-à-dire toujours continuaition de la vie et du mouvement partout. Akimèl Combien vaniteux et petits nous domines! Noiffî nous montrons bien fiers de tout procédé d^éducation par lequel tiox»& élevons le» amtBauxjmqu' à nous. Et quand la nature, dims une de ses opérations immenses, nous remet en contact avec Tunivers, nous la maudissons !
De ce que les détails intimes du travail de transformai-* yoQ souterraine nous édiappent, est-ce une raison pour nier ce travail? Alors il faudrait nier aussi dévolution du germe dans le sein delannère parce qa/à noud n'en cooH prenons pas les divers phénomènes. Et cependant, jusqu'à ce qne nous puissions nous rendre compte de ces q;>^*« ttons mystérêeuses et terribles, (ce à quoi nous partiendronsavec le temps) il y a là deux résultats d^une importance tellement suprême qtie nous ne pouvons les méccMH^ naître. L'un est la transformation d'un germe en un être humain ; l'autre est la transformation d'un cadavre en mille otyeCs iUvens.
Gela nous oontreint à redoonaltre que si la forée uni ver* selle détruit beaucoup ; je veux dire l'homme , pour
obtenir peu : je veux dire le cadavre; elle recrée beaucoup aussi : un grand nombre d^ètres, en détruisant peu de chose : le cadavre. Cela nous contraint à aflinoer la toute-{»iisBanoe de la Révolution, Téoûnomie qu'elle fait de ses forces. et de ses .ressorts, l'absence du néant, la réalité de Vètre universel et de Texistence indiscoiàtinue.
Mais, dira quelque discuteur idéaliste, tout cela est matières et réaction de matières; la pensée, le souffle vital sont absents ; Tagitation cadavérique est un mouv^ûsent sans ème.
 quoi je réponds : d'abord il est démontré qiie, réduites à leur dernière expression, la matière et la pensée sont d'une essence identique ; qu'on ne peut trouver de distinctions réelles entre la pesanteur de l'atome, /^^iectricité de la résine et la pensée du cerveau. — Ensuite, de. ce que nous ne faisons qu'entrevoir «loore l'infinie pensée qui préside aux transformations matérielles ou idéales, ce n'est pas une raison de croire que cette pensée n'existe pas, car nos découvertes nous en rapprochent chaque jour et nous la livreront enfin. Et puis la loi de Transformation n'est-dle pas fatale, inflexible, s^ile inébranlable au milieu du Tout ébranlé? Des attractions et répulsions de chaque être ne résultM-il pas une (fistriburtion normale et inéluctable des matériaux qui subissent une Révolution? — Enfin, je veux bien admettre que la révolution cadavérique soit uniquement matéridie et qu'elle ne dépende que du hasard ; est-^lle pour cela moins transformatrice, conservatrice et vitale dans ses résultats? ' f
Je crois, pour ma part, avoir pénétré assez avant dans les secrets de cette révolution ; mais ne l'eussé-je pas feit, pour affirmer qu'elle existe, il me suffirait d'^re témoin de ses résultats.
IV. Lés ruines d^imi» société ne restent pas non plus sans emploi. ^^ ie ^ne saçte rien, de plus profitable au nM)Uveii^t général jCpie 1^ déeombres des civilisations. GrbitH»^ bÎKi qu'il n'y ait là que^ fûts de colonnes, ternie, édM^œs brisés^ codés enfouis dans la poussière, Uanesfsqnel^^les de légidateurs, de i^losophes et de gouvernants?. On ne peut croire cela. Toutes les rumes ne ^mslenl pas soib terre comme celles de PompéTes et d'Héronlannin. Et encore celles-là sont visitées par des cfaérdièctrs de vérîtéi^ par des philos<q>hes-prophètes qui H^écrânt: (( Je Yoa9 salue^ ruines sotitaires, tombeaux sftintal C'est T^isque j'invoque, c'est à vious que j'adresse md prière ! Oui, tMicUs que votre aspect repousse d'un secret effroi ks i^egalrds du vulgaire, mon coeur trouve à vous contempler le.chânne de mille sentinv^ts et de mille pensées. GoiâtH^ d'utiles iâentîmaits, de réflexions touchantes et ioFfjQs n^offîrez-voifô pas à l'esprit de qui sait vous consulter î » (Vcrfoey),
. Dans les raines, .en ^fett» il y a tout cequi sert aux transformations; sans ruines il n'y aui-ait pas de reconstructions possibles. Et les ruines où trône l'Injustice pèsent moinS' s^r les hotnitiies tfuand dlès sont couchées, que qiia^d ailes sont encore debeut. Les mondes sortent des dé()0i|ibres; laUunière, des ténèbres; les hoonmes qui sont sur Iç.sol, de ceux qui sont dessous; ce qui est éternellement porediHt de ce qui e^ étena^lement consommé ; les GÎeux de la terre ; les chairs pleines de sang, des os disséqués par les.fourmis !
jLtes ranges salassent autaM.de trdnsforinations que les cadavres. Les peuples neufs qui arrivent sur les débris d'une, civiUsation sont des agents transformateurs comme le ver qui rampe dan» les anfiractuo^tés du crâne humain. Ces peuples remuent tout; ils confondent leurs tendances nouvellêa avec l^ institutions eu décadence, marient leurs
hoimnes forts avec les filles dAicales et font revivre éijas des corps robustes les idées abandomiées. Vieilles âmes «t vieilles dootrines redeviennent jeunes par œt aeooaple*ment; les races croisées retirent de ctûaici|a des peuplée^ qui les ont produites ses fecultés prédMninantes. €ecpii demeurait stérile au milieu dNiùe natioa eadbKpie devient féoeïid par le niélange des nations, Ghaoone adopte une partiqf de la tradition» la développe, la modifié, finteiw. pr^, la fait valoir suivant son génie. En mBteLmamère^ une révélattw se généralise ainsi, et de la généradisatsah à ^application, il n'y a plus qu^m pas/ que le: premieî* événement fevcnrable fait finanefair aux sociétés. Ainsi, les' systèmes disparaissent, tes sectes se divisent, et des individus libres, oonscîents de leurs jdroits, se substituait à des partis esdaves, paralysés, enchaînés par les ^roitd anneaux du devoir et de la disdpline. Ainsi, tout ce qui dépérissait renaît, tout^ o^ qui mourait revit, tout ce qui gisait à la surface des générations passées et ne les péE^i^ trait pas trouve dans les génékrations neuvefles un terrain de sépuHure, suivatit^le vùlgadre, de rénovation selon moi.
Mais, diront les apologistes exclusif de la f(A*ce, lessim*plistes de l^école (k GrcAiuld et de M. Romiéu, il ne reste rien an milieu des ruiiles quHme tradition philoso|>hique avec laquelle on ne reconstruit pas ; une oiviiisatioii épuisée, c'est un esprit sans corps, un feu follet qui répand de vaines terreurs et détourne les hommes de la réalisation de leurs projets. — Je répète que la matlèré^et la peitôée sont de même essence vitale; qu'elles concourut ^maternent à l'entretien de la vie et se complètent l'une par' l'autre. Si les mineuses richesses de l'indostrie gisent, sans faire le bonheur cte personne, ^r le sol de l'Europe occidentale, c'est que la force et l'équité nous manquent pour les distribuer utilement entre tous. Et si tes foîtes
prodigijBiise&de rSurope orientale sont toucnées^ pour qii^ que iemps encore , contre la liberté <ie tons , c'est qitô les Slave» miinqueot de notions fixes sur k justice et la liberté vers lesqudlesils tendent. La tradition, Tutopiev la pei^ sée doivent avoir leur part d'inAoenee dans les révolutions bomaines. Une civilisation n'eùt^le à transmettre que cela parmi edks.qui lai succèdent , qu'il y aurait encore assez de trésors à recaeiUir dais ses découvres* La Force ne peut être complétée que par Pldée.
V. Il n'est pas possible de rencontrer quelque parVdes élâiaentâ sociaux, plus agités que ceint de- deux civilisations qui se dioquent avantde se pâiéirer.
Pourquoi ces torrents d'hommes débordés? D'où sont partk»; oà s'arrêteront ces bordes en^rahissanlest Quelle redoutaUe tàebe viennent^^es aecomplir au xmlieu de Fbttmâ^ilé datflie jd'<effroi? ISor leur passage les nations se dis^rseï^. Pourquoi Tan^ des grandes exteréiihalioné^ le terrible Azrajgl^ ^rappe>4fr-il eàùsi les hoqinies avec des ^mmes? Pourquoi lès av«ugl&-t^il , les sur^^cîte*t-il au point de leur faire convoiter une des mille morts que prodigue l'épée buveuse de sai^? -^ Pour que> sur iateh*e saisiede tremblements, les hoimnes soient confondus comme les grains de froment dans i'aire du moissonnectr : TkAi^
FOlUÙkTIOK. .
D'oà viennent œsfléaux ^exécrés qui marchent à l'avant* garde des bataillons et rendent, chaque matin, au rappei tonnant des tambours? Qui jamais se figura leurs formes géantes? Qui les vit, môme en rèv^ç, parmi les iHiages sombres, les vagues écumantes et tes glaciers voisins des eienx? £|; pourquoi ne *pouvonsr4ious déployer c<^tre eux qu'un courage passif, une bravio<!»*e de médecin? •-^ Pour que, sur la terre anj^oissée, ceux qui meurent et ceux qui sunmrent 'mêlent leurs gémissements ; pour que , dédmés
pàt les iDéines désastres, les peuples remontent à leui^ causes premières et ne les attirent plus sur eux entrant grfssant les lois de la nature ; pour que les hommes com-* prennent et subissent Tunivenselle Transfôrhatiok.
Des hommes incultes qtd, la v^lle enci»re, ne soupe(»>naient pas leur commune exî^nce^ le paysan^ lourd piéton de la Beauoe, et le maigre Gèsaque, eavalier ailé des rives du ûon^ se trouvant rapprochés, comme f^r enchantement, des deux extrémités d'un monde^ 11 faut (ja'ils se connaissent , se comprennent , et de bon ou mauvais gré, s'assodent. Les. chiens qui se rencontrent, se âair^t ; en pareil cas , 1^ hommes se saluentcivilement ou militairement; puis, chiens et hommes finissent par s'accoiq^ler. Les hommes tirent un rideau plus ou oiotas épais sui» le dâK>uement, voilà toute la diiér^ice. Les pourpari^rs e( procédés sociaux des peuples qui se heurtent ressaïdalait smgulièremeiit aux aboiements et aux Irottem^its des chiens. L'homme prétend que les amours des- animaux sont immondes et que les sieDines! sont d'éssi^ice «ttviné. -^ Je ne Vois dans tout cela que circidÂtion de tnattôre et d^i^^tricité vitales : TftAifaroRirATioii.
Goii^ent se faitr41 qti'alors mpème que daix pieuples ont le plus bescûi d'union, ài'heure suprèime où l'un s'acharne à la défense et Tatitre à la conquête, k ^division édate fia*talement dans leur sein? Pourquoi les factions et tes sectes achèvent-elles de déchirer tes peuples tenvahis? Pourquoi les rivalités de pouvoir et les distinctions de races de^ viennent-eUes plus tranchées chaque jour parmi les peuples envahisseurs? Pourquoi tous ces systèmes absolus, d'une part, toutes ces foroes inexorables de l'autre? Pourqiioi, chez le peuple qui meurt , cette société ananefaique, bmv leose, de prétoriens^ de débauchés, de libellistes éreintésf Et chez le peupte qui nak , ce pèle-méte indescriptible de soudards, de libertins et de phitesophes avides de vivre et
d^apprendre? — r Parce que les hommqs sont les criWes qui tamisent les idées; parce que plus les civilisations sont avancéeis , plus les problèmes sont complexes , plus sont nombreux et divisés ceux qu'intéresse leur solution. Dans un creuset , les éléments mis en présence sont réduits en poudre impalpable afin qu'as puissent se pénétrer plus fs»cilement; le chimiste en cela copie la Providence fatale. Quand le torrent se préci{^te au-devant du torrent, quand le nuage embrasse le nuage, l'écume et la foudre divisent la masse des eaux et la masse des airs : de même, par la force des bras et l'éclair des pensées , les foules humaines s'écartait pour laisser libre pénétration aux foules humaines. Tout ce qui se pénètre en effet reçoit et donne/ jouit et soufire, est pris de délire et d'expansion infinis^ irrésii^ibles ; la vierge craintive et le jeune garçon mala*droit, le chèné qui crie et la cognée retentissante, k brique rouge et le ieu vertiginaix. Tout cela se rapproche, s'étrdnt, se diffond , se ccmfond ; tout cela répand chaleur, extase^ électricité, vitale essence. La vierge devient mère, le bois devienf feu, et la brique, maison. Tous les étrès se^iébattent, se cramponnent longtemps autour du gouffine de la TnàNSFORiutm qui finit par les engloutir. Les peuples sont fasciûés comme tous les autres êtres.
VI. Dans le travail d'enfantement que l'Europe va subir se développwont la chaleur, Fagitation^ l'immense rumeur qui accompagnent les fermentations accélérées. Au milieu de ces mille levains de réforme, on ne reconnaîtra pas une direction qui se distingué entièrement des autres et tende à un but facil^ii^nt discernable. Vertigineux, inextricable est le pêle-mêle sodal. Ce qui était au fond remonte à la surface, ce qui flottait redescend. De vaines révoltes s'élèvent des entrailles des peuples et viennent expmi* à la surface de la mer humaine , ainsi que des
bulfes de gajs oompriméeis trop longtemps. Des goavemements é{^mèros se superposent aux masses forieuses» étouf^t un instant leurs voix retentissantes , et passent» reavtersés, déchirés, oonune l'écume légère qui nage sur les Unrrents. On ^itend à )a fois les cris des hommes que le despotisme comprime, les elameqrs de la guerre, les sou^ piÉs d'agonie d^ vieux civilbés , et les premiers mots cpt'articule le jeutie socialisme. Toutes les races, toutes les familles se inélent ; les éléments sociaux se dispersent , se réunissent et s'agitait sans r^ios. La matière humaine, Mliirée, reoondt^inée de miile façons, bouilloane et grondd comme le sang verkneil détaché de la vigne géii^*eu8e. Que de réputations, de partis et de gouv)ernemente saaA Ênts et défaits dans le temps qu'il faut au papUon pour brûler ses ailes! Que de constituons à peine élaborées e^ delà détruites ! Que de systèmes, de plans, d'cqmiionssans aViNiir ! Que de disputes vaines I Que d'amélk)rations ^ gantësques terrassées par le scKtffle frtoid du Hasaa*d !
En ce temps-là, une tété d'homme ne ^ra pas plus préciex&e qu'une graine de. pavot, et l'on ne tiendra ^Sos plœ compte des écrits et des paiH)ks que du bourdonilenient AesyGTiea demoiséUes. Les hommes se hâteront, seoou^ doieront pour arriver aux places qu'ils convmtenL Les in*^ térèts périclitants, les existences en danger se fraieront un chemin à traverà la foule avec les ongles et lès dents. Les convictions profondes» les instructions solides, les idées origii»les seront étouffées sons la peur; on n'étudiera rien à fond ; on reofaerdaera des difficultés Uttérak*es à vaincre; on n'écrira {Jusque des brochures; les principale^ que^ relies ^ront des querelles démets.
L^Occid^t ravagé par mille dominations rivales*, chaque jour à nouveau partagé, raj)pdlera la Grèce de Persée, FUalie de l'Exarchat, des Goths et des Lombardi^, la Bysance des Comnèoeet des Palédogue, l'Alexaûidriédu