REPLANTATION DES JARDINS DE VERSAILLES EN
(Musée de Versailles)
LES SUCCÈS A PARIS
e *26 juillet 1766, l’Académie royale de Peinture et de
Nouveau -Louvre, sous la présidence de M. Boucher, premier peintre du Roi , accordait à Hubert Robert la faveur d’agréer sa présentation et de le recevoir, le même jour, parmi ses membres. Cet avantage de devenir, d’un seul coup, « agréé » et « académicien » s’obtenait « sans tirer à conséquence », c’est-à-dire sans créer de précédent ; il était assurément de quelque prix, et l’on n’avait point songé à en gratifier l’ami Fragonard, qui, agréé l’année précédente, ne fut jamais académicien, n’ayant point pris le loisir de remplir les obligations de sa candidature. Robert, au contraire, avait apporté grand nombre de ses
Sculpture, réunie, à son ordinaire, dans les salles du
études d’Italie et quelques peintures , parmi lesquelles on fit le choix, séance tenante, du tableau de réception. Ce fut le Port de Rome , arrangement assez ingénieux d’édifices romains , inspiré par le petit port de Ripetta sur le Tibre, et la toile, qui resta la propriété de l’Académie, se retrouve aujourd’hui à l’Ecole des Beaux-Arts. Parmi les signatures du registre académique figurent, pour cette délibération, les protecteurs d’Hubert Robert, Mariette et Watelet, qui durent soutenir avec ardeur les titres du jeune peintre ; et Joseph Vernet le patronna.
Presque au même moment , M . de Marigny lui donnait une première commande royale. On distribuait les travaux des appartements de Bellevue, résidence dont la décoration , créée par Boucher sous Madame de Pompadour, exigeait d’être renouvelée pour l’habitation de Mesdames de France. Tous les emplacements étaient déjà réservés à des peintres de grandes figures ; comment admettre en leur voisinage un peintre d’architecture, qui ne les traitait point « au-dessus de quatre à cinq pouces » ? Il y avait bien les dessus de porte du salon de musique, mais Cochin les donnait à Chardin, pour ces trophées d’instruments où il excellait : « J’ai préféré, écrivait-il à Marigny, d’employer des talents sûrs et connus, et qui d’ailleurs ont plus de rapport à la destination de cette pièce. » On trouva tout de même un dessus de porte de 800 livres à caser dans une antichambre, et Robert y plaça, en 1767, « les ruines d’un arc de triomphe et de quelques autres monuments » . L’artiste songeait alors à se marier, et ce fut un présent de noces honorable, et de bonne espérance, que cette petite commande pour une maison royale; au reste, avec l’estime qui l’entourait déjà, Robert n’avait pas d’inquiétude à concevoir sur son avenir. Il épousa, le 6 juillet 1767, à l’église Saint-Eustache, Anne-Gabrielle Soos, orpheline de père, fille d’un médecin-major de Fienne-Cavalerie ; elle avait vingt-deux ans, alors que l’époux en comptait trente-quatre, ce qui fit le couple le mieux assorti du monde. Femme élégante, musicienne, en admiration devant un mari, qui aimait autant qu’elle les plaisirs de la société, Madame Hubert Robert nous est connue par d’aimables crayons du peintre et par le témoignage sympathique des contemporains. Elle sut élever fort