UN DONATEUR ASSISTÉ DE SAINT JEAN-BAPTISTE
Fragment d’un volet de triptyciue.
{Rijcksmuseum, Amsterdam).
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Le type de Marie au front vaste et dégarni appartient bien à la catégorie de ceux affectionnés par le peintre flamand. Quant à celui de l’Enfant, il participe franchement sinon à la laideur du moins à la vulgarité de sa mère. Seulement le sentiment de vie et d’observation qu’ils révèlent l’un et l’autre dissipe une impression première qui n’a rien d’agréable. Le modelé des mains et des têtes dénote un dessinateur de grande habileté. Le nimbe discoïde alourdit la tête de Marie et ne se voit dans aucune œuvre du maître. Nous serions tenté de le considérer comme une ajoute d’une main indiscrète. Au témoignage de M. Bochlau, toutes les carnations sont très bien conservées, tandis que les draperies ont été repeintes, et le paysage a été frotté au point d’être méconnaissable.
La détrempe de Cassel doit être rangée parmi les œuvres de Hugo. Il serait superflu d’ajouter que nous renonçons à suivre M. H. Morton Bernath qui en attribuait la paternité à Juste de Gand (i). Il faut donc s’en tenir à l’opinion d’Otto Eisenmann dont l’œil perspicace avait reconnu le style du maître, et il conviendrait dans la classification de ranger cette détrempe après celle du Musée de Berlin.
Sainte Anne du Musée Royal de Bruxelles
Ce tableau figure sous la dénomination de l’école de Memling ; c’est une charmante scène de famille qui se passe dans un site accidenté dont l’herbe s’est dorée sous les rayons du soleil. Au milieu se trouve sainte Anne assise sur un banc de briques couvert de gazon ; elle est vêtue d’une robe rouge cerise et d’un manteau violet pâle sur lequel tranchent sa coiffe tuyautée et son voile blanc. Elle tient la main droite sur la poitrine, et prend la main de l’Enfant Jésus qui est posé sans aucun lange sur les genoux de son aïeule. La Vierge a une robe et
(i) Tout en renonçant à l’hypothèse dont il s’agit, il est bon de noter la parenté qui existe entre la Vierge de Cassel et celle de l’Epiphanie — toile peinte de Trévi. Voir fig. i6 et fig. 17 de notre étude juin et juillet 1912, dans \' Art flamand et hollandais.
un manteau bleus dont les plis aux cassures profondes s’étalent autour d’elle. Sur le banc est déposé un livre d’Heures ouvert que Marie a abandonné pour jouer avec son tendre nourrisson. Cependant un jeune religieux franciscain, agenouillé à droite et les mains jointes, adore le divin Enfant. A gauche un bloc rocheux couvert de verdure, des arbres isolés et deux collines, entre lesquelles se profilent les tours et les édifices de la ville voisine, forment le paysage. Le coloris est clair, un peu froid et traité en manière d’émaux.
Faut-il attribuer ce panneau à Hugo ? Plusieurs connaisseurs sont de cet avis. M. Firmenich-Richartz l’a même reproduit dans son étude sur le maître gantois. M. W. Bode et M. M. Friedlânder le considèrent plutôt comme une œuvre d’école. Certes l’esprit de la composition, le choix des types et les carnations d’un modelé grisâtre font penser au maître des Portînari ; maïs l’expression de la physionomie de Marie n’a rien de cette mélancolie plus ou moins accentuée qui caractérise les figures similaires de Hugo ; on n’y retrouve pas non plus le dessin serré avec lequel il traite d’habitude les mains; de plus les plis du linge et des vêtements n’ont pas la souplesse relative qu’on observe dans maintes œuvres de van der Goes.
Feu M. von Tchudi nous déclara, il y a de lointaines années, devant le tableau après l’avoir étudié minutieusement, qu’il le tenait pour une œuvre de l’artiste gantois. Et tout récemment M. G. Hulin y reconnaissait, avec la froideur du coloris et en dépit de certaines faiblesses, la manière du maître. En tout cas, s’îl en est ainsi, l’œuvre doit remonter aux premières années de sa carrière.
Les lamentations sur le corps du Christ
Dans la Revue de \' Art flamand et hollandais nous avons signalé, au mois de juillet 1913, trois panneaux qui nous paraissent dériver d’une œuvre originale de van der Goes. Le plus ancien, qui remonte à la fin du
Hugo van der Gois.