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MORT DE LA VIERGE MORT DE LA VIERGE

(Kaiser-Friedrich-Museum, Berlin). ^Musée de Prague).

XV® ou bien au début du XVI® siècle, appartient à M. le Conseiller E. Joly. C’est un panneau en bois de chêne de 0^470 de long sur 0^41 5 de haut, peint à l’huile.

L’ Homme-Dieu est couché transversalement sur le sol que couvre un blanc linceul. Marie, qui porte une robe d’un bleu foncé tirant sur le vert et un voile brun, est agenouillée et soutient dans son giron la tête ensanglantée de son Fils, tandis qu’elle pose la main sur sa poitrine. Près d’elle est placée la couronne d’épines. A la droite de la Mère de Dieu sont assis sur le sol saint Jean et Marie-Madeleine. Le disciple bien-aimé à la blonde chevelure porte une robe et un manteau rouge carmin ; il apparaît dans une pose prise sur le vif, le coude droit appuyé sur le genou et joignant entre eux, comme par contenance, les bouts des doigts ; tandis que Marie-Madeleine, le buste droit et la tête légèrement inclinée, tient les mains enlacées. Elle a une robe vert mousse avec des manches bleues et des revers de petit gris, que dépassent les poignets rouges d’un vêtement de dessous. Son manteau gris violet est ramené sur le genou gauche, et un voile foncé couvre en partie ses cheveux bruns que rehausse un petit diadème d’orfèvrerie. Des lisérés d’or agrémentent le bord de la plupart des vêtements.

Les personnages peints en très vives couleurs s’enlèvent sur la masse du Golgotha couvert d’une herbe jaune. Des arbres à la ramure grêle et, à gauche, l’esquisse sommaire de la ville de Jérusalem achèvent le paysage.

Le Christ aux chairs livides est d’un dessin fortement accusé, et les articulations se marquent par un modelé de teinte violacée. Les masques de Marie et de saint Jean sont convulsés et presque grimaçants. C’est en quelque sorte la répétition du phénomène que nous avons constaté à propos de \d. Descente de Croix de Naples. Apparemment le copiste s’est montré impuissant à saisir le jeu des physionomies et il a exagéré le caractère des draperies. On reconnaît néanmoins dans ce panneau maintes notes caractéristiques du maître gantois, tel le type de saint Jean, telle

encore la pose réaliste du corps du Sauveur. A cet égard on trouvera un point de comparaison dans 1^. Descente de Croix du Musée de Naples dont nous avons parlé plus haut. C’est, en tout cas, une peinture dépourvue de tout raffinement et qui témoigne d’un pinceau expéditif. Mais si imparfaite que soit cette copie, elle nous permet toutefois d’entrevoir la forte et tragique impression qui se dégageait de l’original au sortir des mains de notre maître.

Il existe une répétition de la même scène faisant partie de la collection de M. Paul de Decker ; c’est un panneau en bois de chêne peint à l’huile, haut de o”^43 et long de o^^qg. A coup sûr elle ne procède pas du même praticien que le spécimen dont il vient d’être parlé. On remarque, en effet, que le peintre a adouci les expressions des physionomies, et qu’il a dès lors atténué singulièrement le côté dramatique de la scène. D’autre part le paysage est traité d’une façon sommaire : ici un arbre est supprimé, là d’autres sont rendus sans la moindre recherche d’élégance. Si, pour le choix des couleurs, cette peinture ne s’écarte pas de la copie citée en premier lieu, elle lui cède, à coup sûr, pour l’éclat du coloris. Il est aisé de constater que les deux panneaux dérivent l’un et l’autre d’une œuvre disparue qui semble s’être popularisée par maintes copies. Celles qui viennent de nous retenir ont été importées d’Espagne.

Il existe chez M. Gomez Moreno, professeur à l’Université de Madrid, un troisième tableau où l’artiste a conservé, à quelques détails près, la même ordonnance, tout en lui imprimant un cachet différent de celui que l’on constate dans les deux premiers panneaux. Il n’a pas tenu à rendre ce qu’il y avait de poignant dans la composition, mais il a adapté le sujet à son tempérament, sinon à une piété plus douce et plus sereine. Les physionomies de Marie et de saint Jean ne reflètent plus aucune émotion violente, Marie-hladeleine ne verse pas même de larmes, les personnages ne se lamentent plus sur les souffrances et la mort du Sauveur : ils prient et contemplent en silence son corps, l’objet d’une si

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