‹ Hugues Capet, chanson de geste;Chapitre 1 sur 27 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

peut paraître étrange, à la seule lecture du titre de ce poëme , de le voir figurer dans la série des chansons de geste du cycle carlovin^ gien. Mais, outre que le récit se rattache par la forme à ceux qui célèbrent Charlemagne et les douze pairs, et qu'à défaut de la parenté du sang entre les héros on pourrait faire valoir ici la parenté littéraire entre les compositions, le texte même de Pouvrage , il faut le remarquer, unit Hugues Capet à la race carlovingienne.

Le poëte lui fait dire qu'il a épousé la fille de Louis le Débonnaire :

a Estez vous Loays à le brache carie y ce Lyfieulz au roi Charlon qui tarit ot renommée ^ « Qui Espaigne conquist au trenchant de Vesplef — Nenily ce dist ly rois, j'ay se fille espousée {i).y>

En cela l'auteur se montrait fidèle aux tradi-

J. V. ci-après p. 21}, v. 25-27, et p. 214 v. i.

Hugues Capet. a

ji Préface.

lions de ses devanciers. Nous lisons dans la chronique rimée de Philippe Mouskès :

Loéys son fil couronna ( i ) . . .

S'ot Vempire et fa rois de France Et prist moulUer gentil et france , La fille Aimmeri de Nierbonne; Blanceflors ot non^ moult fa bonne (2).

Ainsi , au point de vue des chansons de geste, Hugues Capet, gendre de Louis le Débonnaire, se rattache déjà, par alliance, aux Carlovingiens. Mais déplus notre auteur insinue ailleurs, à propos de la loi salique (3), que son héros était par le sang de la maison royale, quoique à un degré éloigné, en la quinte lignie (4) . Pourrait-on , avec de si bonnes raisons, refuser d'admettre le poëme de Hugues Capet parmi les chansons de geste du cycle carlovingien ?

Si des fictions de la poésie nous descendons aux réalités de Phistoire, deux grandes questions se présentent, auxquelles ce poëme a la prétention de répondre.

La première est celle-ci : Hugues Capet était-il un usurpateur, était-il un roi légitime ?

La seconde , qui n'est pas moins importante

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