Recueil des Historiens de France, t. XXII, p
xï Préface.
Bien sont de mentir à méismes Cil qui vont contant tiex notes , Si sont eles souvent louées ^ Car Gautier, Bebot et dan Gile Cuident que ce soit Evangile.
Mais je truis moult poi d'acordanct Es hystoires des roys de France, A ce qu'il en content et flabent :
Sachent tous que del plus i gâtent.
Voilà la critique qui ouvre les yeux.
Guillaume Guiart veut de la chronologie ; Il s'en explique ainsi :
Es batailles ci contenues Et rimées selon le voir Doie touz jours ramentevoir Là où eles seront retraites , L'année qu eles furent faites , Et en aucun lieu la semaine Ou la journée tris certaine.
Et toutefois , il faut le reconnaître, notre auteur ne fait pas fi des chansons de geste comme Guillaume Guiart. Il en connaît un certain nombre, et particulièrement du cycle de Garin de Monglane ou de Guillaume au court nez. C'est là qu'il a étudié l'histoire de France, comme nous le montrerons tout à l'heure.
Il connaissait sans doute la chanson de Parise la duchesse, à laquelle il nous paraît avoir emprunté le nom de Hugon de Vauvenisse (p. 1 2).
Il connaissait le poëme aujourd'hui perdu, ou peu s'en faut, de Germent et Isembart , auquel il fait une allusion formelle (p. 19).
Préface. xlj
La chanson de Roland (p. 58, p. 210).
Celle d^Ogier le Danois (p. 58).
De Judas Macchabée {ibid.).
D'Alexandre (ibid.).
Et la suite d'Alexandre , les Vœux du Paon 5 qu'il imite (p. 59, 60).
Voici, selon lui, l'origine paternelle et maternelle de Marie, fille de Louis le Débonnaire :
le plus noble orfenin C'aujourd^hui soit regnans par dechà le marin. Car d'un lez est estraite du linaige Pépin, Et de l'autre costé de le geste Garin.
Le roi Artus ne lui est pas inconnu (p. 127). Ni Hector, ni Capallus, ni Melidus, ni Marsile, ni Baligans , ni le fort roi Ferragus (p. 1 59).
Il connaît même un peu de l'antiquité. Il fait citer Ovide (p. 10) par Hugues Capet, qui ne savait pas le latin Q).
Mais ce qui lui est le plus familier, c'est l'histoire de Guillaume au court nez. Il la possède ; il s'y conforme.
D'après les poèmes qui racontent cette histoire , Guillaume au court nez , nous l'avons dit
I . L^historien Richer, dit M. Ampère (t. III, p. 490), révèle un fait curieux, c'est que Hugues Capet n'entendait pas le latin. Dans une entrevue entre Hugues Capet et Othon , à Rome, en 981, l'empereur voulut entretenir Hugues sans témoin ; il fut convenu « que le duc serait introduit accompagné seulement d'un évêque, afin que le monarque parlant latin, révêque, interprétant cette latinité, transmît au duc tout ce qui serait dit. {Ut, rege latiniter loquente, episcopus, latinitatis interpres, duci quidquid diceretur indicaret.) »
xlij Préface.
déjà, avait marié sa sœur Blanchefleur à Louis le Débonnaire, l'héritier de la couronne de Charlemagne.
La menor fille Aimeri (i) lou baron , La plus jonete Blancheflor ot à non, • ••••••••••
Moult II dona Damedeu riche don Canî à moiller la prist lifilz Challon, Roi Loéys , qui moult par fut prodon.
Bien tint la terre antor et environ Et puis ocist tant Sarrasin félon ; Bien en avés oie la chanson Que an bataille ocist lo roi Gormont,
{Aimeri de Narbonne, B. L, ms. fr.
1448, fol. 68.)
Nous retrouvons cette Blanchefleur dans notre poëme. Nous l'y retrouvons veuve, avec une fille qui devient la femme de Hugues Capet.
Un poëme probablement antérieur au nôtre, mais de peu, la chanson qui raconte la mort d'Aimeri de Narbonne, fait aussi de Hugues Capet un contemporain de Louis le Débonnaire.
Le Moniage Rainouart^ l'une des branches de la geste de Guillaume au court nez, s'interrompt dans le manuscrit La Vallière, 2? de la Bibliothèque impériale, pour donner place à ce qu'une rubrique désigne ainsi : Incidences. Ici commence LA bataille des Sagytaires et la mort d'Aymeri (*).
1. Aimeri de Narbonne, père de Guillaume au court nez. Voyez surtout, sur le mariage de Blanchefleur avec Louis le Débonnaire, la chanson d^ A lis cans.
2. A la fin des Incidences (fol. 30), on lit : Ci endroit fine
Préface. xliij
L'auteur annonce ainsi ces Incidences :
Bone chançon^ tel n'oistes pieça Cornent H rois qui France gouverna Fu à Loon où ses barons manda.
Moult en y vint et moult en demora, ./. en y ot qui petit le prisa^ Ains jure Dieu qu'il le courroucera.
Hues Chapes, ainssi on le nomma.
Riches homs fu et sigrant gent mena Que Loéys par force guerroia Et de sa terre li arst et essilla ('). Li roys trova qui petit li aida ; Car les preudommes si petit adaigna Que à sa court moult pou en repaira.
Li rois se doute et moult grantpaor a Que sa couronne ne perde et ce qu'il a.
(Fol. 7.)
Après cette annonce , le poëme débute ainsi :
Seignour oez, qui chançon demandez; Soiez em pais et si m'oez conter Comment lez gestes vindrent à décliner Les anciennes dont on soloit parler:
C'est d'Aymeri de Nerbonne le ber Et de son filz le chetif Aymer,
li livres de la fin d'Aymeri et d'Ermengart et depluseur de leur enfans et retorne à conter de Renuan qui estait moines,
I. Hugues Capet riches homs fu. L'occasion était belle pour le flétrir en rappelant qu'il était fils ou neveu de boucher, puisque l'empereur va se plaindre amèrement de lui. Le poète n'en dit mot, et cependant, au jugement de M. P. Paris comme au nôtre, c'est un trouvère de la fm du XHI® ou du commencement du XIV^ siècle. Mais sans doute alors la légende du boucher n'était pas encore en circulation.
xliv Préface.
Et de Guillaume le marchis au cort nez^ De Charllemaine j le fort roy coronnéy Qui à ses fils douna ses héritez^ A Loéys et à Lohier l'ainsné.
Loihier en est en Alemaigne alez Et Loéys est en France remez.
Cil trouvéour lez ont lessiez ester Huimls orrés du lignage parler:
La gentil geste doit on renouveler.
Voilà un passage qui prouve que vers la fin du XIII^ siècle ou le commencement du XIV^, comme nous Pavons dit plus haut en nous fondant sur le texte de Guillaume Guiart, les anciennes gestes étaient oubliées, dédaignées, et notamment celle de Guillaume au court nez, ou de son père Aimeri de Narbonne.
Le poëte continue ainsi :
A Penthecouste^ à une feste annely Grans fu la cours à Laon la cité.
Assez i ot et demaines et pers.
Un soir, après souper, l'empereur Louis se lève et dit à ses barons : <( Je vous remercie d'avoir répondu à mon appel. Jadis vous me rendiez honneur à cette fête ; j'y portais couronne d'or;
ce Mes or sui vils et entrepiez boutez, « Or me lessiez guerroier et fouler :
« Hues Chapes m'a malement grevl^ « Arsse a ma terre et mon pais gastéy « Et mes chastiaus peçoiez et robez, « Jusques as portes de Paris est alez;
Préface, xlv
a Prise a la proie par devant la cité. « Grant honte fêtes se vous le consentez ; <( Homme[s] parjure[s] vos em puis apeler, « Mis une chose en ai je empenssé a Que je ferai, qui ne puet demourer. » Prent la coronne qui moult fist à loer, Oh lez clous d'or reluisoient moult cler. Que le palez en est enluminez.
ce Seignor, fet il, la couronne prenez; ce Cui vous plera en fêtes couronner <* Rendus serai à A, de ces autez, »
Quinze contor ont de pitié ploré.
[Ains le] roy saillent qui l ont recouronné, ce Dant roySyfont il, ne soiez si irez; « Hues est mors, s'il puet estre trouvez, ce // en perdra la teste, »
Comme on le voit par ces curieux passages , c'est bien de Louis le Débonnaire et de Hugues Capetqu^il s'agit. Louis envoie demander secours contre Hugues à son beau-père, Âimeri de Narbonne ; mais Aimeri se meurt. Il combat encore une fois, cependant, contre les Sarrasins, et termine sa longue carrière. Le poëte raconte sa mort sans qu'il soit de nouveau question de Hugues Capet.
Dans notre poëme, la veuve de l'empereur Louis envoie aussi, par le conseil de ses barons, demander assistance à ses parents, à ceux-là du moins qui vivent encore ;
Car Aymeris, cez perez, qui le poil otferant, Ernaulz et Guibellins et Bernars de Brabant, Et Garins d'Anséune furent ochis en camp. Droit par devant Nerbonne, de le gent mescréant,
xlvj Préface.
Ces quatre vers sont une allusion au poëme alors récent que nous venons de citer. (^Mort d' Aimer ij d'Ermengart et de plusieurs de leurs enfants.)
Et Guillaumez estoit en ung désert manant; N'en savaient nouvellez ly sien apertenant.
Autre allusion^ cette fois au Moniage Guillaume.
Ung mesagier ala le royne envoyant, A son frère Aymer qu'elle cuidoit vivant. Et ly frans mesaigier s'ala tant esploitant Qu'il entra en Venisse, le cité souffisant.
{Ibid.)
Aymer était un frère de Guillaume au court nez. Longtemps prisonnier des Sarrasins, il fut appelé pour cette raison Aymer le chetis ou chaitis :
Li sistes fdz qu'engendra Aymeris, Il ont à non Aymer li chaitis, Li proSy li sages, li cortois, li gentis. Qui an sa vie out tant paiens ocis Si ne volt honques gesir tant con fust vis An tor, an tré, ne an palais voltis.
Ans guerroia sor Sarrasins tous dis Et si conquist Venise et lou païs (i).
{Aimeri de Narbonne, B. I. ms. fr. 1448, fol. 67, vo col. 2.)
1. V. 2i\xssi Aliscans, p. 148. (Coll. des Anciens poètes de la France.)
Préface. xlvij
C'est Drogon, fils d'Aymer, qui vient au secours de Blanchefleur, au lieu de son père, qu'il a perdu.
On le voit par ces citations, toutes les branches de la geste de Guillaume au court nez étaient connues de notre poëte, même la dernière, même celle qu'on a jugée avec raison de beaucoup postérieure à toutes les autres, et dont on a fixé la date à la fin du XIIl^ ou au commencement du XIV^ siècle (').
C'était dans les chansons de geste que notre auteur avait puisé son érudition et étudié l'histoire de France. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver dans son poëme beaucoup d'histoire véritable ; à peine en reconnaîtrait-on quelques légères traces.
Au nombre des faits historiques ou donnés comme tels qu'il rapporte est l'empoisonnement du roi Louis V, qu'il transporte à Louis le Débonnaire, en changeant d'ailleurs les circonstances du crime , attribué par les chroniqueurs à la femme de Louis V, à la reine Blanche (2).
L'idée du mariage de Hugues Capet avec la fille du dernier roi Carlovingien lui aura peutêtre aussi été suggérée par un chroniqueur, fort suspect, il est vrai, lequel raconte que Louis V,
1. M. p. Paris, Hlst, litt.^ t. XXII. La mort d^Aîmeri de Narbonne,
2. Rex Lotharius Lemovicam adiit et tempus aliquantum in Aquitariia exegit. Unde reversas, veneno a regina adultéra extinctus est; filium que reliquit Ludovicum qui uno tantum anno supervivens, et ipse potu maleficii a sua conjuge^ Blanca nomme, est necatus.(Adhemar de Chabanois, /?ec. Sejr Historiens de France, t. X, p. 144.)
xlviij Préface.
en mourant, fit prêter serment à la reine et à Hugues Capet de s'unir après sa mort :
ludovicus rex agritudine gravi correptas decuhuit. Nec diuîinam passus languoris insîantiam , testamentum conditurusy reginam sibi unice dilecîam et Hugonem ad jaranda mandata qu<e daret coegityjurejurando hincindeprsstito. Donatregnum uxori su<z^ sub pr<zstiti sacramenti fide Huguonem obîestans ut post datum legibus diem ducat in uxorem Blanchiamy regno suo potiturus et dominio. Sepulto rege cum pietate et reverentia régi débita, Hugo Blanchiam sub tempore et ordine canonico duxit solemniter (i).
Ce moyen ingénieux de rattacher autant que possible la troisième race à la seconde par une alliance était fort goûté, et mis en œuvre par les chroniqueurs les plus sérieux. En 1318, vers le temps où fut composé le poëme de Hugues Capet, Thomas de Maubeuge compila une chronique de France où on lit :
Ci faut la génération du grant roy Kallemaine et descent U roiaumes aus hoirs Hue le Grant que Von nomme Chapet qui dux estoit de France au temps de lors; mais puis ju elle (la génération^ recouvrée, au temps du bon roy Phelippe Dieudonnéy car il espousa, tout apenséement pour la lignée le grant Kallemaine recouvrer, la roine Ysabel quifu fille le comte Baudoin de Henaut. Et cil Baudoins fu
I . Ex libro de otiis imperîalibus, auctore Gervasio Tille^ beriensi apud rer.gaUic. etfrancic, script., /A', 45.
Préface. xliï
descendus de Madame Hermenjart qui fa fille le roy Kalle le simple et fa le cinc^uieme rois après Kallemaine le grant de sa lingnie meismes; et fa cil que cuens Herbers de Vermendois fist morir emprison ou chastel de Peronne Dont Von peut dire certainement que li vaillans rois Loys, filz le bon roy Phelippe qui mors fu à Monpenser au retor de Vost d Avignon, ju du lingnage legrant Kallemaine^ et fu en lui recouvrée la lingniée, et sesfuilz aussi li sains hons Loys qui fu mors au siège de ThuneSj et cil rois Phelippes qui maintenant règne , et tuit li autre qui de lui descendront , se la lingnie [nefenit], dont Diex et mes sires saint Denis la gart (i)^
Ce que dit notre poëte de Beuve roi de Tarse pourrait bien renfermer une allusion à des événements alors récents. GeofFroi de Paris, dans sa chronique métrique, ouvrage de la première moitié du XI V^ siècle, dit sous Tan 1 306 :
Cel an fist le roy d^Ermenie Au roy de Tarsse grant au Encontre les païennes genz :
Chevaliers tramist et sergenz, Et mainz autres genz pèlerins Passèrent lors sus Sarrasins Et encore en parle on (2).
Mesire Jehan de Chalon Lors i passa et tant ifist Que vers Triple grant terre prisîy Et ifist mainte occision Des païens en la région ,
I. B. I, ms. dusuppl.fr. 218, fol. 1 delà 3® partie* a. Le dit de Geoffroi de Paris finit en 13 16.
Hugues Capet. d
1 Préface.
En celé guerre d'outremer Que devant maoïstes nommer^ Le roy de Tarse le leal.
Son signe desploia royal Sus paiens y et parmi lor terre De jeu et d'armes lor fist guerre.
C'est à l'avènement de Hugues Capet que l'auteur de notre poëme fait remonter l'institution de la loi salique ou l'exclusion des femmes de la couronne (i). D'après ces vers du passage auquel nous renvoyons :
Ainchois prenderoit on en la quinte lignie Un prinche de ce sanc^
notre poëte insinue que Hugues Capet était du sang Carlovingien, ce qui a d'ailleurs été soutenu par des savants sérieux. (V. la préface du t. X. des Historiens de France,)
S'il est possible de croire que l'auteur de Hugues Capet ait pris quelques faits aux chroniqueurs, il est sûr que c'est aux plus suspects, et d'ailleurs pour accommoder ces faits à sa guise.
C'était avant tout un homme de beaucoup d'esprit, un conteur très-agréable. Il s'est tiré de sa tâche avec grand succès, selon nous, et son récit abonde en scènes charmantes. Exemples :
L'arrivée de Hugues à Paris , chez son oncle et le dialogue qui s'établit entre eux. (P. 57.)
La manière dont la reine de Frise défend Hugues, condamné à mort pour une aventure galante. (P. 14-15.)
Préface. Ij
La rencontre des bâtards de Hugues Capet dans une hôtellerie de Senlis, etc., etc.
Le caractère de Hugues Capet est fort bien tracé. C^est un vrai Henri IV, un vert galant, un diable à quatre, un roi comme on ne les hait pas trop en France.
On remarquera dans ce poëme beaucoup de vers très-bien faits, et où se révèle un sentiment de rharmonie qui annonce de loin la prosodie moderne : tels sont, à nos yeux, ceux-ci, que le poëte met dans la bouche de Hugues Capet :
« Biaus onclez, dist Huon, assez fait en avon,
« Trespassez est mon père. Dieu ly fâche pardon !
a Grant trésor me laissa et de terre à foison •
« Or m'a tenu jonesse en se pocession;
« J'ay eu une anée de irez bone saison :
« Joustez, tournois etfestez, que sieuvent tout ly bon,
« J'ay noblement hanté , j'ay donné maint biau don, »
Et plus lom :
a Mais que j'aie le mois .1. bel abit nouvel,
a Et ung faucon jolly pour prendre maint oysiel,
ce Et .II. lévriers courans pour prendre le laprieL
ce S'aroie volentiers oussi ung ménestrel,
oc Carc'esttrez grant déduit, onclez, par saint Marsielj
« D'oir des instrumens le gracieux apel. »
Ce dernier vers n'est-il pas déjà d'une frappe moderne? Le lecteur en saura trouver bien d'autres encore , par exemple :
lij Préface.
Et s^ccj bon cuer en my, con povrez que je soie, Aussi bien comme ung rois vestu d'or ou de soie.
Adont regarda Huez d'amoureuse fachon
De tous lez biens du monde avoit perfection,
Nous avons déjà fait remarquer que le poëme de Hugues Capet avait été jeté dans le même moule que nos anciennes chansons de geste; mais, s'il est moins héroïque, il a peut-être un caractère plus littéraire ; il se distingue de ceux qui l'ont précédé par une grande sobriété dans les détails^ par la forme dramatique des dialogues qui suppléent les récits, quelquefois par l'intervention personnelle du poêle , qui y mêle des sentences et des réflexions ; cependant|il est resté inconnu, tandis que la légende sur laquelle il se fonde a fait un si grand bruit dans le monde.
A quoi attribuer cet oubli ? Le principe monarchique l'a-t-il condamné comme injurieux ou attentatoire à la dynastie ? La vétusté du langage a-t-elle découragé les lecteurs ? On le comprend dans les deux derniers siècles ; mais dans ceux qui les ont précédés, le poème de Hugues Capet n'est cité nulle part; il a donc, dès son origine, été enseveli dans un profond oubli.
La première mention qui en est faite de nos jours se trouve dans le catalogue des Manuscripts de M. le duc de la Vallière (^), dressé par Barbazan. En regard du titre de Hugues Capet on lit cette note de la main du bibliothécaire de M. de