‹ Hugues Capet, chanson de geste;Chapitre 14 sur 27 · Édition Charpentier, 1845, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Édition Charpentier, 1845, 1. 1, p

liv Préface.

ville de Beaugency. Richer, vassal bien fidèle des empereurs carlovingiens , assistait à leur cour plénière, s'asseyait à leurs banquets, gabait avec eux, et quand les gonfanons de la guerre se hissaient sur les manoirs , Richer suivait ses sires à la bataille. Voilà que céans, en la bonne ville de Beaugency, il arriva un gros boucher de la boucherie de Paris ; il était moult riche , moult opulent (') , et pouvait donner une bonne dot à sa fille ; celle-ci se nommait Béatrix ; elle était sage, gente, et le seigneur de Beaugency lui proposa en vain d'en faire sa mie. Béatrix n'y consentit pas ; le rude boucher lui eût fracassé la tête d'un coup de poing , comme à un bœuf de sa boucherie, s'il elle s'était laissé tollir le doux nom de pucelle (2). Ledit boucher avait des écus, il donna une forte dot en bœufs et sous d'or, et le sire de Beaugency épousa Béatrix en la bonne chapelle d'Orléans. »

Le poëte se borne à dire (p. 3, v. 10-22) que le père de Hugues, chevalier Orléanais et sire de Beaugency, vivant à la cour du roi Louis, dont il était conseiller privé , aima par amour Béatrix la gente pucelle, et la fit demander en mariage à son père, le plus riche boucher du

1 . J'emprunte ce récit fabuleux à un roman de chevalerie ou chanson de geste qui porte le titre de Hugues Capet, composé sous Philippe le Hardi ou Philippe le Bel. Il en existe un exemplaire à la Bibliothèque de TArsenal. {Note de M, Capefigue.

2. J'analyse le roman de Hugues Capet ; ce roman est fort long et en vers , il serait curieux de le publier. {Note de M, Capefigue,)

Préface. Iv

pays. Les autres faits, tels que i^ V arrivée du boucher à Beaugency , 2° la proposition du sire de Beaugency à Béatrix , 3° /^ refus de celle-ci , 4° la vengeance qu'en eut tirée le père, 5° la dot en bœufs et sous d'or, 6^ enfin la célébration du mariage à Orléans; tout cela est en partie de Pimagination de M. Capefigue, en partie extrait delà Bibliothèque des Romans.

M. Chatel, archiviste du Calvados, dans une thèse qu'il a soutenue à Pécole des Chartes, en 1847, se proposait entre autres choses d'établir :

1° Qu'il existait avant Dante une légende populaire qui faisait de Hugues Capet le petit-fils d'un boucher de Paris ;

2« Que la geste de Hugues Capet remonte au moins au XII I^ siècle;

3« Que la première partie de ce poëme a un caractère politique et une tendance bourgeoise.

Cette thèse étant restée inédite, nous ne sommes pas en mesure de discuter les motifs sur lesquels s'appuyait M. Châtel; nous avons exposé les nôtres pour attribuer au poëme une date beaucoup plus rapprochée.

Enfin, deux de nos savants confrères, M. Paulin Paris et M. Victor Le Clerc, ont dit quelques mots de Hugues Capet : le premier en 1845, dans les Manuscrits françois de la Bibliothèque du roi Q) ; le second tout récemment , dans son beau Discours sur l'état des lettres en France au

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