‹ Hugues de Saint-Victor;Chapitre 35 sur 75 · XL. — TRACTATUS DE FILIA JEPHTE · texte numérisé non relu

XL. — TRACTATUS DE FILIA JEPHTE

C'est une dissertation niystique sur le vœu de Jephté. L'auteur condamne les sacrifices humains, et, après avoir déclaré qu'ils n'ont jamais été bien reçus par le Dieu de Moïse, il paraît admettre que toute la légende de Jephté n'est qu'une allégorie. Les manuscrits s'accordent pour attribuer cet ouvrage à notre chanoine, et la critique a toujours respecté cet accord.

XLL — SPECULUM DE MYSTERUS ECCLESIiE.

En tête de cet ouvrage est un prologue, où l'auteur sollicite l'indulgence du lecteur. Plus habitué, dit-il, à discuter contradictoirement des problèmes logiques qu'à composer des discours suivis sur les vérités de la religion, il ne savait comment parler des mystères : il a donc fait de grands efforts pour accommoder son style à la matière qu'on le priait de traiter. On ne s'explique guère Hugues de Saint- Victor parlant de lui-même en ces termes. L'ouvrage paraît, d'ailleurs, médiocre, et tout à fait indigne de Vautre Augustm, Casimir Oudin a donc cru devoir le rejeter au nombre des écrits faussement attribués à notre chanoine, et le donner à quelque inhabile compilateur du quatorzième siècle. Mais ces raisons n'ont pas convaincu les au-

teurs de V Histoire Littéraire, Ils ont supposé que cet ouvrage d'un logicien encore inhabile en théologie avait été composé par Hugues de Saint-Victor dans sa jeunesse, et ils ont mis les imperfections signalées par Oudin sur le compte d'un génie trop pressé de se produire. Il faut reconnaître que les manuscrits semblent leur donner raison. L'ouvrage n'est pas d'un écrivain du quatorzième siècle, puisqu'on en voit des copies manuscrites qui datent du treizième et peut-être du douzième*. En outre, s'il ne porte pas ordinairement, dans les manuscrits, le nom du Victorin, il se voit dans presque tous les recueils de ses œuvres^, et nous n'apprenons pas qu'il ait été désigné sous un autre nom que le sien. Laissons-le donc, jusqu'à plus ample information^ à la place qu'il occupe dans l'édition de 1648. On remarque, à la fm de l'exemplaire que nous présente le numéro 42 de Saint-Germain-des-Prés, un chapitre qui manque au texte imprimé. Mais n'est-ce pas une addition faite par le copiste? C'est ce que nous n'osons décider.

Outre le Spéculum de Mysteriis Ecclesiœ, l'auteur du second catalogue publié dans le Bulletin des Comités donne au chanoine de Saint-Victor un autre Spéculum % sur lequel nous avons à fournir quelques éclaircissements. C'est un ouvrage inédit, qui commence par ces mots : « Quare » Septuaginta celebratur ; » et finit par ceux-ci : « Compro- » batum esseperhibetur. » Nous en pouvons désigner trois copies manuscrites : la première, dans le numéro 81 de Notre-Dame, sous le titre de : Anonymi Quœstiones et Res-

* Mss. de Saint-Gerraain-des-Prés, numéros 42, 881.

2 Notamment dans les Mss. 346 A de la Sorbonue, 678 de Saint-Victor.

3 Bulletin des Comités, imn 1851, p. 188.

ponsa de festis et ritihus Ecclesiœ; la deuxième, dans le numéro 41 de Saint-Germain, avec cet autre titre : Quare, sive Interrogationes in Ecclesiastkis officiis; et la troisième, dans le numéro 1 455 de la Sorbonne, où elle est intitulée : Mayistri Hugonis Spéculum Ecclesiœ, Il s'agit ici d'une manière toute spéciale des cérémonies de l'Église. L'auteur se fait des questions sur chacune d'elles, et y répond en des termes succincts. Une note écrite par une main récente sur le numéro 41 de Saint-Germain nous avertit que cet ouvrage est quelquefois encore intitulé : Liber Quare Symonis, Quel est ce Simon? Nous consultons Fabricius : il nous renvoie aux bibliographes de l'ordre de saint Dominique. Ceux-ci nous parlent d'un certain Simo Gallus, signalé par le catalogue de la bibliothèque de Saint- Marc, à Florence, comme auteur d'un Spéculum Ecclesiœ pro rudibus sacerdotibus. Cet ouvrage est probablement celui dont nous avons rencontré déjà trois exemplaires sous trois titres différents. Mais Echard ne connaissait pas autrement le Simo Gallus du manuscrit de Florence ; et, pour notre part, nous ne trouvons aucun renseignement sur cet auteur peut-être supposé. Pourquoi, d'ailleurs, rejeter l'indication qui nous est fournie par le numéro \ 455 de la Sorbonne? C'est un volume du treizième siècle, qui contient un choix d'ouvrages attribués sans contestation, pour la plupart, au chanoine de Saint-Victor. Si le prudent Echard n'avait pas ignoré cette indication, il l'aurait certes plus favorablement accueillie que celle du manuscrit de Florence. Elle nous paraît, en effet, plus digne de confiance, et nous laisserons le Liber Quare, le Spéculum Ecclesiœ pro rudibus, parmi les œuvres présumées authentiques du Victorin, tant que nous n'aurons pas de meilleures

raisons pour croire à Texistence du mystérieux Simon. Un troisième Spéculum Ecdesiœ, qui commence par ces mots : « Dicit apostolus ad Ephesios, » a été plusieurs fois attribué, comme nous le rapporte Echard, à Hugues de Saint- Victor. C'est un ouvrage de Hugues de Saint-Gher.

XLIl. — DE C^ERIMONIIS, SACRAMENTIS, OFFICIIS ET OBSERVATIO- NIBUS ECCLESIASTICIS LIBRI TRES.

On ne devine pas sous quel prétexte les éditeurs de la Bibliothèque des Pères', ont, avant les chanoines de Saint- Victor, publié cet ouvrage sous le nom de Hugues. Vainement nous recherchons s'il n'aurait pas été mentionné dans quelque ancien catalogue. Ce qui nous prouve même que cette attribution est toute récente, c'est que Jean de Tritenheim ne l'a pas connue. Elle n'est, d'ailleurs, autorisée par aucun manuscrit. Une simple citation montrera combien elle est erronée. Au chapitre 32 du premier livre, l'auteur, dissertant sur les ordres ecclésiastiques, s'exprime en ces termes : « Septem sunt ordines ministrantium in Ecclesia : » videlicet ostiarii, lectores, exorcistse, acolyti, subdia- » cônes, diacones, presbyteri. Nos ergo, frater caris- » sime , qui universos ordines suscepimus , omnium » eorum ministerium et significantiam scire... debemus, » ut... professio appareat in opère. » Nous savons que les chanoines réguliers étaient clercs, et non pas moines; nous

» Édition de Paris, 1624, t. X.

savons qu'ils étaient quelquefois appelés à remplir dans l'Église les fonctions hiérarchiques, et que le titre de pi^esby terne leur pouvait être refusé. Cependant il ne nous paraît pas vraisemblable que, pour indiquer précisément sa profession, ut professio appareat, l'auteur de cet écrit ait déclaré qu'il était prêtre, quand, suivant les éditeurs de la Bibliothèque des Pères, il était chanoine régulier. Un manuscrit d'une bonne antiquité, le numéro 42 de Saint- Germain-des-Prés, donne cet ouvrage à Robert Paululus, prêtre d'Amiens, qui vivait dans la seconde moitié du douzième siècle.

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