‹ Huile de foie de morue et tuberculoseChapitre 13 sur 17 · MA · texte numérisé non relu

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lis sur deux pommes de terre par prélèvements successifs à l’anse de platine.

La consistance de l’huile rend l'opération longue et difficile Néanmoins, en dissociant chaque prélèvement contre la paroi du récipient, au niveau du bord libre du liquide, et en agitant longuement avec une baguette de verre, nous arrivons à obtenir une suspension microbienne à grains très petits, sinon une émulsion bien homogène.

Nous mettons à l’étuve à 37 degrés.

Les grains microbiens retombant doucement sous l’action de la pesanteur, il nous faut agiter tous les jours pour maintenir l'homogénéité de la suspension.

Nous pratiquons des examens microscopiques quotidiens en procédant de la façon suivante :

Etalement d'une goutte de l’émulsion sur lame de verre, séchage à l’étuve à 37 degrés pendant trente minutes, fixation par la chaleur, Coloration par la méthode de Ziehl-Neelsen (nous employons pour la décoloration indifféremment l'acide sulfurique au quart, ou l'acide azotique au tiers), recoloration par le bleu de méthylène. |

Au bout de cinq jours, dans l’émulsion avec l'huile d'olive, nous constatons que quelques très rares bacilles sont colorés en bleu.

Au bout d’une semaine, nous faisons la même constatation dans l’émulsion avec l'huile de foie de morue. Nous poursuivons nos examens quotidiens pendant un mois, le nombre des bacilles décolorés par la méthode de Ziehl-Neelsen et colorés en bleu augmente légèrement.

Au bout d’un mois, les préparations ont l'aspect suivant, iden-

-tique pour les deux émulsions :

Bacilles isolés faiblement colorés en rouge, bacilles isolés fortement colorés en rouge, bacilles isolés colorés en bleu, amas de bacilles rouges, amas de bacilles bleus, amas comprenant des bacilles bleus et des bacilles rouges. Chercher à établir une proportion numérique des bacilles prenant Ziehl-Neelsen, est, croyons-nous, une vanité.

Les bacilles ont une forme normale, ils sont identiques à ceux d’une culture de même souche. Il n’y a pas de bacilles granuleux.

Au bout de deux mois, le nombre des bacilles colorés en bleu nous paraît avoir augmenté dans les deux émulsions. Au bout de trois mois nous avons l'impression que dans les deux émulsions le nombre de bacilles colorés en bleu est légèrement inférieur au nombre des bacilles colorés en rouge. Il n’y a pas de bacilles granuleux.

Au bout de cinq mois, l’aspect des préparations ne nous paraît pas avoir beaucoup changé.

En résumé :

L'huile de foie de morue ne paraît pas avoir une action marquée sur l’acido-résistance du bacille de Koch.

Des bacilles émulsionnés dans l'huile de foie de morue à 37 degrés pendant cinq mois ne perdent pas tous leur acidorésistance, ne sont pas altérés dans leur morphologie, ne d'eviennent pas granuleux. ’ Nous obtenons avec l'huile d'olive des résultats identiques.

B. — Action de l'huile de foie de morue sur le développement du bacille tuberculeux en culture.

Nous avons fait trois expériences :

Le 23 juin 1925. —— Avec une culture de bacilles de Koch du 26 mai (3° passage) nous ensemencons 10 tubes de pomme de terre glycérinée.

L’ensemencement terminé nous opérons de la façon suivante : tenant un tube presque horizontalement de la main gauche, nous déposons avec une pipette stérile V ou VI gouttes d'huile sur la face de la pomme de terre qui vient d’être ensemencée, ensuite avec l’anse de platine nous répartissons très régulièrement en une mince couche l'huile déposée. :

Nous portons à l’étuve à 37 degrés.

4 tubes servent de témoin et ne reçoivent pas d'huile sur la face ensemencée.

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4 tubes reçoivent de l'huile de foie de morue.

2 tubes reçoivent de l'huile d'olive.

Les 4 tubes témoins poussent très bien : cultures apparentes à la fin de la première semaine, abondantes au bout de quinze jours.

Les tubes ayant reçu de l'huile d'olive donnent des cultures un peu moins abondantes, à îlots séparés qui apparaissent au bout de dix jours, à accroissement plus lent que celui des cultures témoins.

L'examen microscopique montre des bacilles acido-résistants, de forme normale.

Les tubes ayant reçu de l'huile de foie de morue montrent au bout de trois semaines un enduit blanchâtre très mince, comme savonneux recouvrant la face ensemencée.

A l'examen microscopique : bacilles granuleux colorés en rouge.

Nous retirons de l’étuve au bout de quarante-cinq jours. A ce moment :

Les tubes témoins montrent des cultures très abondantes;

Les tubes ayant reçu de l'huile d'olive des cultures légèrement moins abondantes;

Les tubes ayant reçu de l'huile de foie de morue le même léger enduit blanchâtre qui n’a pas augmenté de volume.

Nous renouvelons cette expérience deux fois, le 8 Juillet et le 7 août.

Dans ces trois manipulations nous obtenons des résultats identiques.

Dans l’expérience du 8 juillet nous avons porté la quantité d'huile étalée sur l’ensemencement à X gouttes.

Les tubes ayant reçu de l'huile de foie de morue n'ont donné aucune culture apparente même après quarante jours d’étuve.

A l’examen microscopique : quelques très rares bacilles granuleux acido-résistants.

Les tubes recevant de l'huile d'olive ont donné des cultures normales.

En résumé :

L'huile de foie de morue a une action très nette sur le développement du bacille tuberculeux.

En ajoutant à des milieux de culture (pomme de terre glycérinée) de l'huile de foie de morue, on obtient des cultures grêles, anormales se développant très peu, les bacilles sont granuleux. Si la quantité d'huile est suffisante (X gouttes) la culture ne se développe pas.

Les cultures obtenues sur des milieux où de l'huile d'olive a été ajoulée ont les caractér istiques, les dimensions d’une culture témoin du même âge; les bacilles n'en sont pas altérés. ;

C. —— Action de l’huile de foie de morue sur la virulence du bacille tuberculeux. .

Nous avons fait cette recherche en préparant une émulsion de bacilles tuberculeux virulents dans l’huile de foie de morue; et en injectant à des intervalles de temps variés À cc. de cette émulsion au cobaye. STE

Le cobaye injecté une semaine après la préparation de l'émulsion a donc recu des bacilles en contact avec l'huile depuis sept jours, et ainsi de suite.

Ce mode d’expérimentation peut sembler a priori un peu grossier et par trop simpliste. Il eût été plus élégant et d’allure plus scientifique d’inoculer les bacilles séparés de l'huile, nous croyons que les manipulations assez longues (éther, centrifugation, etce.), nécessaires pour retirer les bacilles de l’émulsion, sont fort susceptibles de les altérer, de diminuer leur virulence et de fausser complètement les résultats de la recherche.

Mode opératoire. — Nous avons préparé les émulsions avec des bacilles provenant d’une culture sur pomme de terre glycérinée âgée d’un mois.

Dans un tube à essai stérile contenant 8 ce. d'huile de foie de morue nous émulsionnons une dizaine de prélèvements à l’anse de platine, dissociation minutieuse de chaque anse au niveau du bord libre du liquide, agitation avec une spatule

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métallique stérile. L'huile chauffée à 40 degrés au bain-marie permet d'obtenir une suspension bien homogène que nous recueillons immédiatement dans huit pipettes Pasteur à étranglement (1 cc. d’émulsion environ par pipette).

Les pipettes à extrémité et étranglement effilés sont rapidement scellées au Bunsen, sans que leur contenu subisse une appréciable élévation de température.

Nous mettons à l’étuve à 37 degrés.

Nous faisons la même opération avec de l'huile d'olive et dix prélèvements de bacilles de la même culture.

Nos pipettes scellées peuvent être agitées fortement sans risque de souillures, et ce brassage énergique conserve quelque homogénéité à la suspension microbienne. De plus, en mettant une pipette verticale quelques heures avant l’inoculation de son contenu, nous sommes sûr de recueillir dans la seringue la totalité des corps microbiens tombés dans l’effilure inférieure.

Toutes nos inoculations ont été faites à des cobayes mâles de trois mois et du même poids à très peu près (500 grammes environ). |

Le 17 août 1925 après avoir préparé nos émulsions nous inoculons trois cobayes :

Le cobaye n° 1 reçoit sous la peau du ventre 1 cc. d’une émulsion dans l’eau physiologique de bacilles provenant de la culture qui nous a servi.

Le cobaye n° 2 reçoit sous la peau du ventre 1 ce. d’émulsion de bacilles dans l'huile de foie de morue (émulsion extemporanée).

Le cobaye n° 3, 1 cc. d’émulsion bacillaire dans l'huile d'olive (émulsion extemporanée).

Le 24 août, le cobaye n° 4 reçoit 1 ce. d’émulsion dans l'huile de foie de morue, âgée d’une semaine.

Le 24 août, le cobaye n° 5 reçoit 1 cc. d’émulsion dans l’huile d'olive, âgée d’une semaine.

Le 31 août, le cobaye n° 6 reçoit 1 ce. d’émulsion dans l'huile de

foie de morue, âgée de deux semaines.

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