‹ Huile de foie de morue et tuberculoseChapitre 12 sur 17 · VORE · texte numérisé non relu

VORE

I à constaté que l'huile de Chaulmoogra à faible dose inhibe une culture de bacilles de Koch ; les sels de soude et les

-acides gras totaux de l'huile de Chaulmoogra sont encore plus

actifs, les hydnocarpates ont une action encore plus forte, les éthers éthyliques de ces acides n’ont qu'un faible pouvoir.

Une action directe des chaulmoogrates sur le bacille de Koch ne suffit pas, d’après Rogers, à expliquer les phénomènes observés. Les morrhuates qui n’ont qu’une action bactériolytique nulle in vitro sur des bacilles acido-résistants, ont une action incontestable contre la lèpre et la tuberculose.

Pour lui : gynocardates, chaulmoogrates et morrhuates exercent une réaction chimique sur les acides gras de l’enveloppe protectrice des bacilles acido-résistants. Cette enveloppe détruite, les bacilles peuvent être digérés par l’organisme. De plus, cette destruction des bacilles mettrait en liberté des antigènes immunisants.

Rogers propose enfin une interprétation fondée sur un renforcement de l’action de la lipase sous l'influence des chaulmoogrates et des morrhuates. En fait, on a souvent constaté une diminution de la lipase sanguine chez les tuberculeux, il en est de même chez les lépreux.

Si l’on considère la diminution du taux de la lipase sanguine dans les lèpres et les tuberculoses graves, son accroissement sous l'influence du traitement en même temps que d'énormes quantités de bacilles sont détruits, on peut penser que ces modifications agissent en augmentant le taux de la lipase et son activité. Il s'agirait là d’un processus tissulaire, car l’action de la lipase in vitro Sur le bacille de Koch est

nulle.

Quoi qu'il en soit de toutes ces hypothèses, on ne peut être que frappé de l’action des morrhuates dans le traitement de la tuberculose. L'augmentation passagère et courte des signes d’auscultation dans la tuberculose pulmonaire, l'augmentation des suppurations dans les tuberculoses chirurgicales ouvertes;

Re a:

les poussées fluxionnaires brutales et les réactions générales violentes dans les deux cas rappellent un peu les effets provoqués par les injections de tuberculine.

Ils évoquent l’idée d’une action spécifique.

Il est d'autre part incontestable que l'huile de foie de morue a de beaux effets dans le traitement de la tuberculose pulmonaire. Les morrhuates, l'acide morrhuique seraient-ils les produits actifs de l’huile de foie de morue ?

Ces questions ne peuvent encore être résolues.

Le traitement de la tuberculose par les morrhuates est loin d’être au point.

Les morrhuates sont d’ailleurs des corps complexes mal définis et non le sel sodique d’un acide gras chimiquement déterminé, ils doivent varier selon le procédé de fabrication et les échantillons d'huile employés et leur efficacité thérapeutique doit varier aussi. ;

L'huile de foie de morue entre à peine dans une voie nouvelle pleine de promesses. La chimie en isolera sans doute de nouveaux produits plus efficaces dans le traitement de la tuberculose, nous n’osons dire spécifiques.

RECHERCHES RELATIVES A L'ACTION DE L'HUILE DE FOIE DE MORUE SUR LE BACILLE TUBERCULEUX

Williams et Forsyth, en 1909, étudiant l’action de divers corps gras sur le bacille de Koch, ont montré que des bacilles tuberculeux mélangés à l’huile de foie de morue à 37 degrés perdent progressivement leur acido-résistance.

Campbell et Kielfer, en 1922, ajoutant une huile de foie de morue fraîche à des milieux glycérinés sur lesquels du bacille

tuberculeux croissait vigoureusement, ont vu les cultures rapi-

dement arrêtées, les bacilles devenir granuleux et perdre leur virulence pour le cobaye.

Ces deux recherches relatives à l’action directe de l'huile de foie de morue sur le bacille tuberculeux sont les seules que nous trouvions dans toute la littérature médicale.

C’est une constatation qui ne va pas sans étonnement.

Il nous a paru très intéressant de rechercher, en des expériences simples, quelle était l’action de l'huile de foie de morue sur le bacille tuberculeux. Avec des modalités expérimentales diverses, les recherches que nous avons entreprises se résument à ceci : que deviennent des bacilles tuberculeux mis en contact intime à 37 degrés avec de l’huile de foie de morue pendant des temps variant de quelques minutes à quelques mois ? Quelles modifications subissent les propriétés de ces bacilles ?

Dans une première expérience, nous ayons étudié l’action

CEMDS

de l'huile foie de morue sur la morphologie et le pouvoir acidorésistant du bacille de Koch.

Dans une deuxième expérience, nous avons recherché l’action de l'huile de foie de morue sur le développement du bacille tuberculeux.

Enfin, dans une troisième et dernière recherche, nous avons étudié l’action de l’huile de foie de morue sur la virulence du bacille tuberculeux.

Ces diverses manipulations ont été faites avec une huile de foie de morue fraîche, fabriquée à Terre-Neuve par le procédé de l’autolyse des foies aidée par l'addition d'un peu d’eau chaude.

Cette huile donnait la réaction caractéristique par l'acide sulfurique. Administrée par la bouche à d’assez nombreux tuberculeux, elle parut très efficace. =

Nous avons fait parallèlement une série de recherches avec un échantillon d’huile d'olive vierge que nous possédions.

Chaque expérience, en quelque sorte, a été faite en deux exemplaires’.

A. Action de l'huile de foie de morue sur l’acido-résistance du bacille tuberculeux.

Les bacilles qui nous ont servi pour cette expérience et la suivante sont des bacilles humains, de même souche, provepant de cultures sur pomme de terre glycérinée, âgées de un mois.

Mode opératoire. — Deux pots-bans de 65 cc., stériles, recoivent l’un 25 cc. d'huile d'olive, l’autre 25 ce. d'huile de foie de morue.

Dans chaque pot-ban, nous émulsionnons les bacilles recueil-

(4) L'huile de foie de morue et l'huile d'olive employées étaient absolument stériles.

Ensemencées sur divers milieux, elles ne donnèrent aucun développement microbien. |

de 40) Le GE. à

Dan 16 di BA

PTT.

Page 1