‹ Huit années d'émigration: souvenirs de l'abbé G.-J. Martinant de Préneuf, curé de Vaugirard, deChapitre 20 sur 91 · BANDES DE PILLARDS · texte numérisé non relu

BANDES DE PILLARDS

lier, et il faut ajouter que, quand un des leurs tombait enlrc les mains des républicains, il était immédiatement fusillé. Les paysans les craignaient aulant que les ennemis et T partout où ils passaient, ce nY-tait que ruine et incendie La justice la plus sommaire était établie dans leurs compagnies. Mais, malgré les exécutions ordonnées par leurs officiers, on n avait pas pu, et peut-être n'avait-on pas voulu leur imposer une véritable discipline.

Après la levée du siège de Mnëstricht, (mis émigrés, qui cherchaient a gagner la ville, étaient tombés dans leurs mains, non loin d'Eysden. Lorsqu'ils les eurent dépouillés de tout ce qu'ils possédaient, ces brigands les attachèrent a des arbres. Us commençaient h leur tirer des coups de pistolel, comme dans une cible, quand l'arrivée d'un officier mit fin à celte scène de sauvages. C est avec la plus grande peine qu'il put même les arrachera la mort et faire lâcher prise a ces tigres altérés de sang*.

I. A propos de ces corps franco voici ce qu'en dit N orvins dans son Mémorial: « Jeu» l'occasion de voir de prfts ces corps francs <\uv je n'avais faU *\uv voir passer dans la rampogne de France. A la honte d'un gouvernement chn tiennes hommes qui composai*»! ces re^menle Haient recrutés par la voie de la presse, parmi les bandits, les malfaiteurs et même les condamnés de la Croatie, de la Mol-

10* SOUVENIRS DE L*ABÏIÉ DE PRÉNEUF

L'un d'eux avait déjà reçu une balle dans la cuisse et c'est à l'hôpital, où il fut transporté, que j'appris tous ces détails*

Dans mon voyage, je passai par Aix-la- Chapelle et par Liège.

Je ne m'arrêtai que peu de temps a Aix-la- Chapelle, qui était encombré de troupes et où je ne connaissais personne. Je fus cependant bien reçu par un officier de police, auquel je fus obligé de me présenter, quand j'entrai dans la ville, à la descente de la voiture. Cet homme, qui faisait montre de quelques mots tic Français, me conseilla de ne pas rester longtemps, en me disant qu'il y avait déjà trop de réfugiés et que la population ne les voyait pas d'un bon œil. Il examina mes papiers et me dit ensuite que mon

div£ç 4 elc. Aussi les raUaiUon voyager sans armes en pays ami. Il n y avaiL d'armés que les son s-offlcicrs et les oflteicrs à qui un grade supérieur au leur était concédé en cum~ pensalion du péril journalier que courait leur vie au milieu de ces brigand*, dontune partie était mahométans ou renégats, el le reste sans aucune religion ni discipline. H est vrai que ces orfleiers et sous officiers avaient sur leurs soldais le droit de vie et de mort, selon l'occurrence. Une fois arrivés mjt le territoire ennemi, on distribuait des armes à ces misérables el on leur retranchait la solde et les vivres : c'était à eux d*y pourvoir par tous les excès et tous les crimes. On les lâchait, on les lançait sur l'ennemi. Je reçus de plusieurs de leurs officiers celle terrible couïidence. Autant que je puis me le rappeler, ces corps francs élaicnL placés sous le commandement supérieur du général comle Giuta-y, seigneur croate ou dalmate. ■>

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