UNE ÉVASION A LA FORCE
rien mangé depuis trois jours, ou à peu près, il avait retrouvé l'énergie nécessaire pour achever ce que la Providence avait si bien commencé.
Au bout de quelques minutes, son sauveur revint et se dirigea avec lui vers une maison de la rue voisine, dans laquelle il le fit entrer. 11 se trouva dans une chambre, où il fut reçu par la mère de l'aide guichetier. Celui-ci lui dit de rester, dans cette retraite, jusqu'au lendemain matin et d'en sortir pour gagner un autre asile, aussitôt qu'il pourrait circuler dans les rues sans être remarqué. Il lui souhaita bon courage et lui recommanda surtout de ne faire aucun bruit. Il partit ensuite, au milieu des effusions de reconnaissance de l'abbé.
Bien soigné par cette bonne femme qui avait d'excellents sentiments, et qui eut pour lui toutes les attentions possibles, celui-ci se reposa en attendant le jour. Il réfléchit alors sur ce qu'il avait de mieux à faire. Connaissant Paris, il n'était pas embarrassé pour chercher son chemin. Mais où se réfugier?
II avait eu des relations autrefois avec plusieurs familles auxquelles il aurait certainement pu demander un abri. Il connaissait aussi une retraiteoùse cachait un prêtre de ses amis, avec
lequel il avait passé une partie de ces temps affreux, et qui, plus heureux que lui, avait pu échapper à toutes les recherches.
Il pensa, un moment, à aller lui demander asile, mais ce projet lui parut présenter trop de dangers et il y renonça.
Cependant, il fallait sans tarder prendre une détermination, et il ne voulait pas, d'ailleurs, prolonger au delà du temps qu'on lui avait fixé, sa présence dans cette maison.
Alors, réfléchissant qu'il serait mieux caché et plus à couvert des perquisitions chez une personne du peuple, il résolut de se confier à une marchande de laine, originaire de son pays, à laquelle il avait rendu service et qui habitait dans le quartier du Louvre.
Son parti une fois pris, il attendit le matin. Après s'être un peu réconforté et avoir chaleureusement remercié cette femme, qui ne voulut jamais accepter aucune rémunération, il profita d'un moment où la rue était déserte, pour se glisser hors de sa retraite et put gagner sans encombre le domicile de la marchande, qui lui ouvrit de suite et le reconnut à peine sous son déguisement.
Cette généreuse personne le garda huit jours