DÉPART POUR LA FRANCE
avoir toute confiance, qui m'engagèrent, d'une façon formelle, à ne plus hésiter à rentrer à Paris 1 . Les difficultés étaient levées et je pouvais, sans craintes, franchir la frontière.
J'attendis encore un mois pour me renseigner d'une manière plus complète et je me décidai enfin à reprendre le chemin de la patrie. Mes bagages ne furent pas longs à faire. J'avais reçu des fonds suffisants. Ce ne fut pas sans émotion que je dis adieu à mes excellents protecteurs et même à cette Allemagne qui m'avait abrité pendant tant d'années, au milieu d'événements si tragiques et de dangers accompagnés ou aggravés souvent par le manque des ressources les plus nécessaires.
J'y avais trouvé des cœurs compatissants,
1. Au mois d'octobre 1800, les Consuls firent définitivement éliminer de la liste des émigrés tous ceux que Ton avait rayés è différentes époques et qui De l'étaient que provisoirement. On avait compris dans cette mesure tous les individus partis sous les qualifications de laboureurs, journaliers, artisans, domestiques, sans que Ton put rechercher si les qualifications étaient fausses; les femmes, les mineurs de seize ans; les individus sortis de France avant le 14 juillet, et tous les prêtres qui n'étaient sortis du territoire français que pour obéir à la loi.
Cette disposition ouvrit au clergé émigré une porte d'accès facile pour rentrer en France. Presque tous les ecclésiastiques en profitèrent et c'est alors que M. de Préneuf fit faire à Paris les démarches nécessaires pour sa radiation et put entrevoir avec quelque certitude la fin de son exil.
quelquefois des amitiés généreuses et durables. Je ne voulais me rappeler que de ces momentslà. Les mauvais jours paraissaient s'éloigner; j'espérais un avenir meilleur et l'oubli de nos discordes civiles. En un mot, l'espoir renaissait dans mon cœur.
C'est dans ces conditions que je montai en diligence. C'était le 17 février 1801, qui fut le jour de mon départ.