VA LE E
136 HUIT MOIS EN AMÉRIQUE chez marcher sans lisières, et vous sentirez en vous force des âges héroïques. P:,,ez à la nature sans interprète, exercez-vous tout seul à bégayer son langage, et
elle vous répondra comme à vos pères : — doctrine qui À
convient à un peuple jeune, hardi, vivace, où les traditions du monde ancien sont dédaignées, où l'avenir est encore sans limites. L'Amérique a déjà de ces chercheurs indépendants pour qui le doute est la raison de l'espérance, l'obscurité le chemin de la lumière ; mais elle ne connait er.vore ni le scepticisme épicurien, qui se complait dans ja nonchalance, ni le scepticisme découragé, qui engendre le désespoir. |
13 décembre,
La constitution des États-Unis, qui livre tous les quatre ans la présidence à la compétition des partis, n’a pas voulu que tous les pouvoirs fussent renouvelés à la fois. Elle a prolongé la durée de l’ancienne présidence et celle de l’ancien congrès pour les six mois qui suivent l'élection. Ainsi l’ancienne administration est soutenue, durant sa demi-année de grâce, par une représentation nationale élue sous son règne. Cette disposition conservatrice peut quelquefois être un retard et un embarras. Lorsque l'élection a confirmé les pouvoirs du président, tout en se prononçant pour une politique plus décidée que celle des années dernières, il peut être embarrassé d’avoir affaire à un corps imbu des préjugés de la veille, et qui, malgré la leçon des événements, peut encore opposer une longue résistance à des réformes devenues inévitables.
Telle est, en ce moment, la position du président Lin-
coln deva a donné r docilité, mais la q la politiq Le-congri la majorit jours man émancipal ment CONS d'avance voix. Le € entrainer que le pré sion qui S Jamais paix plus remarque) M. Pendle sa propre dit-on, le leader di dent, tou!
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coln devant le congrès. Depuis deux ans, le congrès lui a donné raison sur tous les points, sauf un sen], et cette docilité, devenue proverbiale, exaspérait les démocrates; mais la question indécise est la question fondamentale de la politique actuelle, celle de l'abolition de l’esclavage. Le-congrès a sanctionné toutes les mesures de guerre à la majorité simple; mais la majorité des deux tiers a toujours manqué pour que la proclamation du président qui émancipait les esclaves des rebelles devint un :mendement constitutionnel abolissant l'esclavage. 11 est certain d'avance que le prochain congrès le votera tout d’une voix. Le congrès actuel le devancera-t-il? se laissera-t-il entrainer par le courant de l'opinion? C’est la question que le président pose dans son message, et dont la session qui s'ouvre va méditer la réponse.
Jamais d’ailleurs congrès ne s’est assemblé dans une paix plus profonde. Les vaineus du 8 novembre s’y font remarquer par leur bonne grâce et leur résignation. M. Pendleton, l’ex-candidat à la vice-présidence, qui a vu sa propre circonscription se retourner contre lui, à fait, dit-on, le plus chaleureux accueil à Thaddeus Stevens, le leader du parti républicain dans la chambre. Le président, tout le premier, donne l'exemple d’une modération généreuse. « Je n’accuse pas, dit-il, ceux qui m’ont combattu, je suis convaincu qu'ils ont agi selon leur conscience. » Il conseille le respect aux vainqueurs comme la soumission aux vaincus. Rien ne troublera bientôt le calme des assemblées que les harangues ordinaires de l'incorrigible sénateur Davis, du Kentucky, demandant avec une héroïque persévérance la paix et la sécession.
Une proposition financière a pourtant failli mettre en feu la chambre des représentants. M. Thaddeus Stevens, de Pensylvanie, à découvert un moyen de donner au pa-
pier-monnaie la valeur de l'or. Ce secret, bien simple et peu nouveau, consiste tout uniment à déclarer par une loi que le dollar 4e papier vaut exactement le dollar d’or, et à donner à ce coup de haguette magique la sanction d’un emprisonnement et d’une amende contre les hommes de peu de foi qui douteraient de son pouvoir. L'ingénieux économiste pense que la valeur du papier-monnaie dépend uniquement de l'opinion des hommes, et que pour la maintenir à son taux officiel il suffit de contraindre cette opinion rebelle. Je m'étonne que, profitant de sa découverte et poussant jusqu’au bout sa doctrine, il n'ait pas jugé à propos d'élever le cours du papier au-dessus du cours de l'or. D’autres suggèrent un remède bien plus simple et plus radical encore. Que le congrès fasse une ici pour ordonner que quiconque aura de l'or sera obligé de le vendre au pair contre du papier au premier acquéreur. Voilà les théories financières qui circulent de ce côté de l'Atlantique. Dans ce pays des lumières, il ne manque pas de gens assez fous pour vous dire : « Ce serait une excellente mesure en vérité! » M. Stevens, qui est un homme considérable, président du comité des voies etmoyens (travaux publics), a coutume de dicter ses volontés à la chambre. Cette fois pourtant l’absurdité était trop forte, et sa proposition a été sans cérémonie muse su. la table par une presque unanimité.
Au reste, l'invention n’est pas neuve, et elle ressemble beaucoup aux doctrines financières du gouvernement confédéré. Il y a un mois (novembre 1864), un journal de Richmond, très-proche voisin du gouvernement, indiquait, lui aussi, un remède infaillible et péremptoire au délabrement des finances. « Notre peuple, disait-il, est infatué des espèces sonnantes (hard cash). Puisque rien ne peut le guérir de son ridieule aveuglement. faisons une
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Bconque résistera sera expédié aux avant-postes, Le parti st héroïque; mais aux grands maux les grands re-
mèdes! » — Ici la folie n’est que ridicule; là-bas, vous
À le voyez, elle est tragique et sanguinaire. Depuis l’élec- Ation de M. Lincoln, l’or a monté, à Richmond, de 1,000
p. 100 ; il s’est élevé un moment jusqu à 6,000 p. 100. Encore ce cours fabuleux est-il factice, entretenu par la
à spéculation seule, et ne trouve-t-on pas, dans le peuple
même, à échanger du papier contre de l'or à aucun prix.
D Tout le numéraire qui a échappé aux extorsions du gouà vernement est recélé on ne sait où. La monnaie légale
est si décriée que malgré les lois sévères qui en ordon-
D nent la circulation forcée, les objets de consommation les À plus nécessaires manquent aux acheteurs. On les cache 4 plutôt que de les livrer contre du papier. J'ai vu un réfu-
eié du Sud, ancien négociant à Mobile, qui s’est enfui pour échapper à la conseription, qui allait le frapper malsré ses soixante ans sonnés. On s’est réuni un soir à l'Union club pour l'entendre. Il racontait qu’il lui avait été impossible de se procurer, à aucun prix, du pore
à salé pour sa famille. Les populations du Sud vivent en © anachorètes sur les produits immédiats de la terre, et
bien qu’on dise le pays si fertile qu’avec la moindre cultre il est impossible qu’on y manque jamais de maïs et de patates douces, je ne peux pas croire à l'éternité d’un courage aussi mal nourri.
y a dans le congrès de Richmond un parti de la paix
qui grossit tous les jours. M. Foote, du Tennessee, ayant avec force réserves et protestations de fidélité à la cause du Sud, proposé qu’on accueillit favorablement, qu'on sollieitât presque les propositions pacifiques, a pu réuni une vingtaine de voix. Sa motion, 1l est vrai, à été sis sur la table à une grande majorité, mais rappelez-vor les récentes imprécations du président Davis contre qui. conque prononcerait le mot, le seul mot de paix! Il y: dans l’obstimation des rebelles quelque chose de forcé « de violent qui trahit la faiblesse cachée sous leurs déchmations stoïciennes. Ils sont sousl’empire d’une terreur «
d’une mauvaise honte mutuelles qui poussent le troupeau R
sans murmure à la boucherie. Ils se font un tyran du faux patriotisme qu’ils ont inventé. Là aussi la loyauté ex la vertu indispensable, et l’accusation de tiède inimitié contre les Yankees est la pire qui puisse conduire un homme à la potence, c'est-à-dire (car le Sud utilise les supplices) aux avant-postes et aux tranchées. C’est un curieux et triste spectacle que celui de ce peuple poussé malgré lui, par la fatale conséquence de ses fautes, à une ruine volontaire et indigne de pitié. On dirait un homme qui s’est jeté dans un précipice, et qui, en tombant, st cramponne vainement aux pierres et aux broussailles. La longueur et le caractère désespéré de la résistance ont livré les rebelles à une dictature militaire qui aujourd'hui les traine et les broie jusqu’au dernier sous sa meule. C'est la puissance et le danger du despotisme militaire : il enfonce si profondément ses griffes dans le corps tu peuple que rien ne peut lui faire lâcher prise et l’empicher de boire jusqu’à la dernière goutte de son sang. Vainement tous les citoyens s:raient-ils ligués mentalement pour l'abattre; chacun est enchaîné dans les liens de fer de la discipline, et opprimé lui-même pour servi
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alors marche à sa ruine avec l'énergie désespérée d’une
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traille.
Les gens du Sud se sont vantés de leur désintéresse-
Ement dans la question présidentielle. — Peu nous im-
porte, disaient-ils, que Lincoln ou Mac-Clellan soit élu.
À Mieux vaut même Lincoln, avec qui nous pouvons comp-
ter sur la guerre à outrance et n’avons pas à craindre la honte d’une paix servile. — En revanche le vice-prési-
D dent Stephens écrivait la veille de l'élection une lettre
singulière, où il exposait avec une franchise inaccoutumée les raisons qu’il avait de souhaiter que Mac-Clellan fût élu. La neutralité des nations européennes était, disait-il, due à leur infatuation ridicule sur la question de
| l'esclavage. Que Mac-Clellan fût élu président des États- } Unis et leur offrit l'union avec l'esclavage, aussitôt les
puissances de l'Europe, dégagées de leur respect humain incommode, s’empresseraient de les reconnaître et de
© leur prêter appui.
Quel patriote sincère peut reculer maintenant? Quel Américain dévoué à son pays peut renoncer à l'abolition
de l’esclavage, quand, de l’aveu même de l'ennemi, c’est | la puissance de cette idée qui fait la force du Nord et lui
vaut le respect de l’Europe? Veut-on savoir le secret des
M progrès rapides de l'opinion abolitioniste, on n’a qu’à > écouter les gens du Sud. Depuis quatre ans, tous leurs
actes, toutes leurs paroles tendent au succès de la doctrine même qu’ils combattent. Je comprends M. Wendell Phil-
lips et ces hommes d’une idée, lorsqu'ils souhaitent que
le parti Davis l'emporte à Richmond sur le parti Brown, et que la confédération reste aux mains des plus implacables : les extrêmes de l'esclavage donnent la
main, sans le savoir, aux extrêmes de ‘’abolition….
Les nouvelles d'Europe nous apportent les échos de LR" en invoqua
colère suscitée dans la presse anglaise par la capture déjà ancienne, du corsaire confédéré la Floride, le mêm qui vient d’être coulé par un transport fédéral au moment où il mouillait dans la rade de Hampton-Roads. Le 6 ox. tobre 4864, le capitaine Collins, commandant le vai. seau Wachusetts, se concerta avec M. Wilson, cons des États-Unis, pour saisir la Floride à main armée dan les eaux neutres du port brésilien de Bahia. Le peupk furieux aurait, dit-on, tué le consul sans la protection t gouvernement brésilien, qui n’en à pas moins demant réparatior. de l’outrage. Le gouvernement fédéral l'aurai bien secordée; mais l'arrogance nationale, comme jadis dans l'affaire du Trent, se révoltait contre toute raison. La presse flétrissait d'avanceles humbles démarches qu'on n'avait pas faites ; les copperheads insinüuaient, non san une joie secrète, que la perte de la Floride pouvait bi tourner en définitive à l’avantage des confédérés. IL étai bien difficile à M. Seward d'offrir autre chose au Brési que des excuses verbales : au point où en étaient le choses, la restitution de la prise aux confédérés était devenue humikiante et impossible, C’est alors qu'une merveilleuse intervention de la Providence coupa court au diffirend par la destruction opportune du corps même du délit : la Floride fut coulée dans son muuillage, et le cabinet de Washington put sans embarras envoyer au ex binet de Rio-Janciro ses excuses et ses regrets.
Il y à dans cette affaire deux questions distinctes : celle de la légalité et celle de la justice. Les Américains éclairés avouent eux-mêmes qu'il n'était pas plus legil de s'emparer de la Floride dans le port de Bahia que de saisir à bord du Trent les envoyés des rebelles, J'admets
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résil, don Elroit de se vouloir reler devrait avoi D quelle repr Epeut-être d homme d'E tique, mêlé gères, à fai que la forc droit. Et a ralité, ne armes aux armée, équ l'ancre dar ent mille adresse pu corde, un ons, des
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Jilson, cons n armée dam a. Le peupk protection th ins demanti déral l'aurait comme jadi toute raison, arches qu'on ent, non san pouvait bien lérés. IL était pse au Brésil à étaient les rés était dequ'une merourt au diffé.
ps même di illage, et ke VOYEr au Caets,
distinctes :
s Américains S plus legil ahia que de 5, d'admets
BOSTON, LA RELIGION, L'ESPRIT PUBLIC iad
core que les procédés de l'agression, la complicité du consul, enfin cette façon peu fière de sortir d’embarras
Ben invoquant le deus ex machind d'un naufrage, ne font
pas grand honneur aux États-Unis ; mais ici doivent s’ar-
Lrèter les reproches.
I a plû aux gouvernements d'Europe, et à quelques
oouvernements d'Amérique à leur exemple, de recon-
nitre l’autonomie des rebelles comme belligérants : ils
Aaaient leurs raisons; mais, aux yeux du gouvernement
des États-Unis, les confédérés ne peuvent pas être un peuple à qui l'on fait la guerre suivant les règles du droit
Bdes gens : ce sont des rebelles et des traîtres poursuivis
par la loi. La saisie d’un de leurs navires n’est point un
Bacte de piraterie, c’est au contraire un acte de justice. Le Ebrésil, dont on a violé la neutralité, a certainement le
droit de se plaindre; mais quand l'Angleterre feint de vouloir relever le défi au nom de la justice outragée, elle devrait avoir devant les yeux sa propre conduite. Ce
D qu'elle reproche aux États-Unis, elle l’a fait cent fois Epeut-être dans le cours des cent dernières années. Un
homme d'État versé dans l’histoire maritime et diplomatique, mêlé lui-même à la direction des affaires étrangres, a fait le recueil des nombreux actes de violence que la force de l'Angleterre a revêtus de l'apparence du droit. Et aujourd’hui encore, sous le couvert de sa neuralité, n'est-ce pas elle qui fournit des vaisseaux et des
Larmes aux pirates rebelles? La Fioride a été construite,
armée, équipée dans un port anglais : elle n’a jamais jeté l'ancre dans un pôrt confédéré. Il y a deux mois, cinq «ent mille Anglais insultaient les Américains par une adresse publique, sous prétexte de leur prêcher la concorde, un peu plus tard, ils organisaient des souscriplions, des ventes au profit des confédérés, et cette foire
de Liverpool qui avait pour objet déclaré le soutien del; rébellion. Aujourd’hui ils demandent qu’on leur permette d'envoyer leurs agents porter des consolations et des au. mônes, et qui sait? fomenter peut-être la révolte parmi les prisonniers rebelles. En vérité, la mesure est comble et ces Anglais, que révolte si fort l’orgueil des Américains, devraient se souvenir qu’en fait d’arrogance ils sont leur aînés et ieurs maitres. |
14 décembre,
| L'autre jour je rencontrai ic juge R..., qui me dit:
« Part ous avant mardi? Il y aura ce jour-là un gran meelr ‘5 la commussion sanitaire auquel assisteront
tous les hommes distingués de Boston, M. Everet en tête. Le gouverneur Andrew présidera. » Alléché par cette promesse, je cours hier soir au Tremont- Temple, incertain d'y trouver place. D'abord Ja grande hall était à peu près vide : j'y trouvai tout au plus huit ou neuf cents personnes. L'organiste nous servait l’introduction obligée de tous les meetings, le chœur de Judas Machabée, car Boston est une ville artiste, où la musique est en honneur. Bientôt les dignitaires débouchent sur h plate-forme déserte, — une vingtaine de figures en
nuyées et frileuses, enveloppées dans leurs manteaux,
qui viennent occuper le dernier rang des gradins. Point d'Everett, point d'Andrew. M. Quincy présente au publie comme président M. Charles Loring, qui ouvre la séance par un discours correët, sympathique, hcile. Après lui, M. Dana se lève et avec plus de froide encore entonne à peu à près la même antienne. Pour varierzun peu be thème, il entreprend de prouver ductement
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nement n terrasser petit jeur main, po il est l'ag la porte, nissait 4e ou blessé et tenait statistiqu puiser de aussi que voulait q entrepris gloire du voir et à d'avance Lya Sherman fait tonil CAMpagr mées de mond ar pas dire point de en deux.
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uel assisteront » M. Ever era. » Alléché au Tremontord Ja grande it au plus huit servait l’introœur de Judas où la musique ouchent sur hi le figures en 1rs manteaux, radins. Point présente a ng, qui ouvre pathique, faus de froideut nue. Pour Vaver doctement
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comme quoi l'fnstitution fait plus de bien que le gouvernement n’en pourrait faire, et passe une demi-heure à terrasser l’objection que personne ne lui faisait. Puis un petit jeune homme monte à la tribune, un cahier à la. main, pour expliquer les détails de l'administration dont il est l'agent. Je me suis tenu pour satisfait, et j'ai gagné la porte, ayant appris que la commission sanitaire fournissait des soins, des vivres, un abri aux soldats malades ou blessés, qu’elle leur envoyait des provisions au camp, et tenait régulièrement de gros livres de comptes rendus statistiques où la médecine et l'administration pouvaient puiser des renseignements précieux. J'avais entendu dire | aussi que c'était le génie des institutions américaines qui voulait que ces œuvres de bienfaisance fussent librement entreprises en dehors du gouvernement, et que c'était la gloire du peuple américain que cette spontanéité à concevoir et à organiser les choses utiles : leçon que je savais d'avance et que j'aurais pu réciter tout seul..….
Il y a longtemps que je ne vous ai parlé de la guerre. Sherman était dernièrement près de Savannah, après avoir fait tomber Augusta, Macon, Milledgeville; et achevé une campagne hardie qui rompt avec les lenteurs accoutumées de la stratégie américaine. Les journaux de Richmond annoncent qu’il est près de la mer (ils ne veulent pas dire où), en face d’une armée confédérée et sur le point de combattre. Voilà donc la confédération coupée en deux. Malgré l'incertitude des bruits qui courent, j'augure bien de cette campagne, et voici pourquoi : l’armée de Sherman est une armée de vétérans aguerris, et celle qu'on lui oppose est composée de milices levées à la hâte et volées, suivant l'expression mélodramatique du général Grant, « au berceau et à la tombe. »
Nashville, en revanche, est assiégée, mais personne ne