‹ Huit mois en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 35 sur 70 · X-mêmes · texte numérisé non relu

X-mêmes

es démo-

1e renou-

us signi- Centucky, inir avec er impiavis lui- S radical mocrates sée ? Une à armes motif de lt gagner { sur ses voler, si bien ses njustice.

La partie est peraue : changeons de jeu et prenons notrè revanche !

Ceux mêmes qui combattent l'amendement n’attachent pas grand intérêt à leur résistance et se résignent aisément à le voir passer. M. Voorhees, Ie fameux copperhead de l’Indiana, tout en repoussant la motion comme inconstituuonnelle, ajoute qu’elle est inutile et que la question de l'esclavage est morte. Le vrai débat se poursuit su les champs de bataille : si le Sud est conquis, quoi que le congrès décide, l'esclavage est matériellement aboli; si le Sud triomphe, à quoi bon l'amendement? Seulement, fidèie à la cause du Sud, tandis que ses collgues patriotes concluent pour la loi, en bon copperhead il conclut contre elle, précisément pour les mêmes votifs..…

Ce Willard’s hotel est.toujours le même, le pire et le plus cher des-États-Unis. Il a profité de l'encombrement de l'hiver pour élever ses prix au-dessus du Tremont de Boston et du Fifth-avenue de New-York. Le service y est détestable ; le menu somptueux couvre un diner sale et avare ; les parts y sont rognées par des mains économes, et l’on voit trop bien qu’elles sont composées des restes laissés dans les assiettes. Le publie a cependant meilleure tournure que l'été derr er ; membres du congrès, gouverneurs d'États et officiers généraux en forment la couche principale. Ce n’en est pas moins un assez visa spectacle que la foule bruyante et bigarrée qui se presse dans les corridors et les salons du rez-de-chaussée : c'est une ruche toujours pleine d’abeilles bourdonnantes qui vont et viennent sans repos.

= Washington a bien changé avec la saison, non pas que l’aspect de la ville soit matériellement altéré : toujours, à l’extérieur, ces vastes plaines dévastées par les campements militaires, dénudées à ras de terre, sans un arbre, sans une herbe, sans rien que des tentes:et des baraques: à l’intérieur, cette pauvreté boueuse et ce misérable essai de grandeur manquée; mais au lieu de ce sommeil et de cetle mort qui y régnaient sous le ciel d'été, j'y trouve la vie la plus active et la plus étourdissante. Avec le bruit des voitures, le grondement des cars sur leurs voies ferrées et le murmure des passants qui encombrent les trottoirs, on se croirait presque dans une ville commerçante et populeuse. Ce mouvement n’est pourtant qu'à la surface, cet encombrement n’est que momentané, ct si l'on retirait de la capitale tout ce qui ne lui appartient pas, il ne resterait plus guère qu'un désert. Jamais le gouvernement n’a employé tant d'hommes, jamais son influence souveraine n'a attiré tant d'intérêts autour de lui; enfin la guerre augmente la population d'un nonbreux corps de troupes. Si le gouvernement fédéral continue à s'étendre et à grossir, sa capitale grossira avec lui, s’il retombe dans l’ancienne insignifiance; elle déptrira. Ville de carton comme Berlin, qui ne se tient que par la présence du gouvernement, son avenir est attaché à celui de l'unité américaine : plus le-lien national se resserre, et plus nous voyons acquérir d'importance ai lieu où la tradition d'un siècle réunit tous les fils du gouvernement politique. On peut prévoir cependant le jour où l'extension des États-Unis vers l'ouest et la rencontre

des deux cotés les n Ad'équiibre Saint-Lou “deviendrai dépendrail d'ailleurs avenir loir a représel de nature États du $ l'Ouest et grande un les Etats Une fois l d'intérêts mettre ce pays qui montagne partie du graphe ; zaine d'] faisceau se r'encoI écrasant persés, € pour la } dans le par la N les pionn ce peupl sur un D d'hui pa

H pas que

toujours, ES Campeun arbre, baraques; able essai meil ét de j'y trouve . Ave le eurs voies nbrent les

CoMmmerrtant qu'à tané, ct sl appartient Jamais le amais son autour de l'un nomdéral con- Ssira Avec elle dépi- ‘tient que est attaché ational se Jrtance ai Is du gount le jour rencontre

des deux armées civilisatrices qui assiégent des deux côtés les montagnes Rocheuses déplaceront, par nécessité A'équilibre, le centre mal placé de Union américaine : Saint-Louis ou toute autre ville peut-être encore inconnue ‘deviendrait la capitale, et la grandeur de Washington dépendrait alors d’une scission de la république. C’est d’ailleurs un événement inévitable, quoique dans un avenir lointain. La séparation du Nord et du Sud, qu’on a représentée comme nécessaire, n’a certainement rien de naturel; je conçois même comme ‘nséparables les États du Sud, ceux du Nord jusqu’au Maine, et ceux de l'Ouest en deçà des montagnes Rocheuses : c’est la grande unité géographique du bassin du Mississipi, dont les États atlantiques ne sont que la bordure et le revers. Une fois l'esclavage détruit, aucun antagonisme de races, d'intérêts, d'institutions, ne me parait pouvoir compromettre cette unité. Il n’en est pas de même des immenses pays qui se forment, sur l’autre versant, au delà des montagnes. On va les relier par un chemin de fer à cette partie du continent, ils communiquent déjà par un télégraphe; mais, ou je me trompe fort, ou bien cette dougaine d'États qui se construisent là-bas formeront un faisceau séparé. Lorsque les deux sociétés grandissautes se rencontreront au sommet des montagnes Rocheuses, écrasant entre elles les dernières tribus des Indiens dispersés, ce jour-là commenceront des luttes acnarnées pour la possession des terres, comme on en a déjà vu dans le Michigan et dans le Kansas. Les colons envoyés par la Nouvelle-Angleterre feront le coup de fusil avec les pionniers de la Californie et de l'Orégon. Les Mormons, ce peuple étrange qui grandit entre les deux versants, sur un bassin intérieur des montagnes, respectés aujourd'hui par le gouvernement fédéral, qui admet leurs délé-

ana tt

st dl ir

EU

gués au congrès, mais qui n’ont pour avenir que l’éxtermination ou la conquête, si l’Union se complète et se fonde, prendront sans doute parti pour les hommes des l'Ouest. Mais vous riez peut-être de mes témérités prophétiques, et je passe aux nouvelles du jour. | La principale et la plus saisissante est la destitution général Butler, tombée comme un coup de foudre du nuage mystérieux qui enveloppe la tête auguste du gouvernement. Butler a reçu l'ordre de se retirer à Lowell, dans son pays, de remettre au général Ord, choisi par Grant pour remplir les fonctions dé commandant temporaire de l’armée du James, tous les papiers, documents et fonds publics trouvés entre ses mains : on prédit qu'avant hüit-jours il sera enfermé au fort, Warren. Cette disgrâce subite est l'explosion d'une patience longtemps éprouvée par des abus de pouvoirs, des fraudes, des exactions et des cruautés de toute sorte. Le général Grant, tout-puissant sur son armée, y avait opposé jusqu'ici l’obstacle de sa volonté suprême; il voulait conserver Butler. Depuis la retraite peu givrieuse de l'expédition de Wilmington (dont il parait que Butler a pris le commandement sans en avoir reçu l’ordre) et le fiasco de Dutch-Gap, immense canal inutile qu'il a construit entre deux coudes de la rivières James à la manière des Xerxès et des Marius, Grant semble lui avoir retiré sa protection: en voilà la prompte conséquence. Je ne puis m'apitoyer sur sa chute bruyante. Puisse-t-elle servir de leçon à tous les soldats ambitieux et indisciplinés qui seraient ten‘s de suivre son exemple ! Puissent les abolitionistes de la Nouvelle-Angleterre, qui le célèbrent paree qu’il est de leur pays. se dégoûter enfin de leur triste héros! fai entendu dire à ses amis, pour excuser son avidité : « Ce n’est pas lui, c’est son frère. Son seul tort est d’être trop

faible env

Sa vie po (urier Sa erate il il a flairé dit-on, S vaincre | combatta fureur d’ queurs td quets de des fille exécuta $ Dernière des lign sommMés des État sujets d répugna de laut minieus:

celui de de leurs d'un ac tenant t — Si fa ronne ( devinez Au :

vernen s'agit ( mises !

lois, À

l'éxter-

€ el se

nines des ités pro-

stitulion budre du du gou- Lowell, oisi par tempo - Ccuments n prédit n. Cette ngtemps les, des général osé jus- , CONSET- ‘expédi- | pris Je jasco de it entre Xerxès LeCLion :

pitoyer n à tous t ten'és s de la est de S! J'ai : « Ce re (trop

faible envers les siens. » Touchante faiblesse, en vérité !

Sa vie politique elle-même prouve qu'il n’est qu'un aven- (urier sans scrupule et sans conviction. D'ardent démocrate il est devenu un fougueux abolitioniste, du jour où il a flairé dans l'air un vent nouveau. Sa brutalité égale, dit-on, son indélicatesse. A la Nouvelle-Orléans, pour vaincre l’opposition des femmes dont les frères et les fils combattaient dans l’armée du Sud, et qui, dans leur fureur d’être soumises, faisaient pleuvoir sur leurs vainqueurs tout autre Chose que des guirlandes et des bouquets de fleurs, — il les menaça de les envoyer à la prison des filles perdues, au Saint-Lazare du pays, — et il exécuta sa menace : plusieurs disent que ce fut bien fait.

Dernièrement encore, en Virginie, il faisait chasser hors

des lignes une femme, un vieillard et trois enfants, qui, sommés de prêter le serment de fidélité au gouvernement des États-Unis, avaient répondu qu'ils promettaient d'être sujets dociles, mais que la formule même du serment répugnait à leur conscience, quand leurs familles étaient de l’autre côté. I les faisait chasser avec une lettre ignominieuse et insultante, où il comparait leur scrupule à celui des femmes hindoues qui se brülent sur le bûcher de leurs maris. Une autre fois il cite Shakspeare à l'appui d'un acte de cruauté qu'il ordonne. Mais le voilà maintenant terrassé, et à quoi bon frapper un homme à terre? — Si fait, car il peut s’en relever en victime, avee la couronne d’un faux martyre, car‘il peut devenir un jour... devinez quoi ? président des États-Unis.

Au Sud, la dissolution continue. La querelle du gouvernement et des États va s’irritant tous les jours. Il s’agit de savoir si les milices seront retirées aux États et mises à la disposition de Lee, où si, conformément aux lois, le gouverneur de chaque État restera commandant

des milices. Le gouverneur et la législature du Mississipi

ont positivement refusé leurs milices au présivent confédéré.Le gouverneur de l’Alabama déclare qu’il entend exempter du service les hommes d’Église, les droguistes, les fonctionnaires et les journalistes. Vous savez déjà ce qui se passe en Géorgie. Maintenant la Caroline du Sud et son gouverneur Vance embrassent le même parti; la législature repousse la suspension de l’habeas corpus et se pose la question de savoir whether it be treasonable to secede (1), tandis que la Caroline du Nord, s’abstenant

encore d'une action se parée, vote pourtant des résoln-

lutions, to initiale negotiations for an honorable peace (2), où le président est sômmé de prendre l'initiative de ia démarche. Cependant Richmond même est en discorde et en émoi. Le congrès rebelle diseute, sous une forme détournée, le grand projet de dictature dont je vous ai parlé : : 11 Vagit de savoir si le général Lee aura seul le pouvoir de nommer sans contrôle tous les officiers de l’armée, ou si son choix restera subordonné à la ratification du gouvernement et du congrès. — Vous le voyez, dictature d’un côté, dissolution de l’autre, partout l'esprit de résistance et de liberté est aux prises avec le despotisme de Richmond. La rébellion périra par les causes mêmes qui menaçaient de mort la nationalité américaine; les coupables seront punis par à même où ils ont péché.

Un parle beaucoup de la mission secrète d’un intime ami du président Lincoln, M. Blair, qui va, suivant le dire officiel, réclamèr à Richmond certains papiers de

(4) « Si c'est une trahison que de sécéder une seconde fois. » (2) « A l'effet d'obtenir des négociations pour une paix honorable, »

vement ap

famille per de campag out le MC tion pacili quelques | bien l'inut my voie u

narti à la Tribune, plein suc récs, QUOI par les ré que r'emp convient des parti d'officiel, l'obstinat est évidet comme fl fait

le climat et perch rizon la piédesta dans la matin, :

dans Îa l'heure récipro titution

{ confé..

l'entend )guistes, déjà ce > du Sud parti; Ja Drpus et isonable bstenant

nor able l’initiaeest en {e, sous re dont ee aura les offinné à la Vous le partout avec le par les té amé- > Où ils

intime vant le ers de

: fois. »

aix ho-

| iSSISsipi

réso!n-"

famille perdus l'été dernier dans le pillage de sa maison de campagne lors du raid confédéré dans le Maryland. out le monde pense que ce prétexte déguise une intention pacifique. Le gouvèrnement est vivement blâmé par quelques hommes du parti répub;.cain, qui, prévoyant bien l'inutilité de ces démarches, craignent que le Sud n'y voie un signe de lassitude ou de faiblesse; 1 est vi-

L vement approuvé, au contraire, par une autre fraction du

parti à la tête de laquelle se signale le directeur de la Tribune, Horace. Greeley. Je leur souhaite, quant à moi, plein succès ; je pense.qu'en faisant des tentatives réitérées, quoique infructueuses, en ne se laissant pas rebuter

par les réponses insultantes des confédérés, ils ne font

que remplir un devoir et agir avee cette indulgence qui convient au plus fort en même temps qu’elle lui gagne des partisans. La mission de M. Blair n’a pourtant rien d'officiel, puisqu'on la désavoue, et pour qui considère l'obstination aveugle du gouvernement de Richmond, il est évident que ce nouveau raétéore pacifique s’évanouira comme les autres. .. . . . . . . . ,. . .

1 fait un temps radieux et doux qui me réconcilfe avec le climat de Washington. De ma fenêtre ouverte au levant, et perchée au sixième étage, je vois se dresser sur l'horizon la majestueuse coupole du Capitole, élevée sur ce piédestal naturel qui ajoute encore à sa grandeur et noyée dans la brume comme quelque montagne lointaine. Ce matin, son aspect solitaire et dominateur était superbe dans la pourpre violette de l'aurore. J'y vais tout à l'heure entendre discuter au sénat la rupture du traité de réciprocité canadien et à la chambre l'amendement conslitutionnel.

Page 1