CHAPITRE V
Les cascades de Trenton: une suberge inhospitalière. — Niagara;
l'hôtel Clifton; Goat Island: le fer à cheval. — Les rebelles au Canada; fausses négociations; MM. Clay, Saunders, Greeley; menées des démocrates ; espérances pacifiques. — Table Rock ; un
musée éclectique. — Le Whirlpool; Blondin; la Maid of the Mist,
Le lac Ontario. — Nouvel ceraprunt populaire; le jeûne fédéral. Un soleil couchant.
Niagara, ler août.
Je suis à Niagara; mais je veux d'abord vous parler des cascades de Trenton et de ce délicieux fourré de cyprès, de genévriers et de sycomores où j'ai passé la journée d'hier à courir et à dessiner. Partis de Saratoga par le chemin de fer de Buffalo, nous traversons quelques jolies vallées, puis une vaste étendue de plaines sèches et monotones. À Utica, grande ville née d'hier, dont le nom même nous était inconnu, nous prenons la ligne d'Ogdensburg. Du sein de la plaine s’élève une montagne, ou plutôt une chaine de montagnes de sable mouvant, qui semblent des dunes cntassées sur le rivage de quelque
océan primitif. Le chemin de fer les escalade avec la
hardiesse américaine, franchissant les vallées sur de hautes et frêles charpentes qui tremblent sous notre poids. Des sommets où il roule, on descend dans une jolie vallée où le travail des eaux à rompu la masse du sable, mis à nu le sous-sol à lames feuilletées, et creusé dans le rocher une entaille profonde. C’est un lieu champêtre et retiré : deux auberges rustiques, quelques gentilles chaumières, des vergers, des champs de maïs et des forêts tout alentour. A deux pas de là, uu escalier descend dans le lit du torrent, qui roule avec des eaux noires, huileuses, quoique limpides, sur des roches nues et fouillées. Le ravin est escarpé, fermé de toutes parts et vêtu de bois épais. On s’y promène commodément dans le lit desséché de la rivière; çà et là, elle écume par-dessus un petit saut du rocher, puis elle s’endort dans des trous profonds où elle tourne sur elle-même avec des remous silencieux. Le ciel se reflète sur sa face noire et morte, qui ne laisse rien voir de sa profondeur inconnue. Plus haut, les eaux s’épandent sur une table unie, les bords s’éloignent, mais sans s’abaisser. Ils s'élèvent au contraire, et nous montons de gradins en gradins vers la montagne, quand les grandes chutes nous apparaissent. Elles ne sont pas, comme celles des Alpes, perdues au milieu d’un paysage qui les écrase. La falaise écumeuse se dessine sur le ciel sans aucun arrière-plan de glaciers ni de sommets superbes. Il y a deux chutes qui tombent de deux amphithéâtres superposés, mais se confondent à la vue et semblent n’en former qu’une seule. La chute supérieure roule vers la gauche, où ses blancs flocons s’éparpillent sur la verdure grimpante; la seconde, au contraire, revient vers la droite et s’y étale en nappes majestueuses auprès d'un grand escarpement couronné de cèdres. On dit qu'au printemps la cascade tout entière
n'est qu’une m grandiose et te Grimpons a chutes. La gor resserre, bondi tits lacs noirs Virginie s’accra revêtent d’une € futaie s’inclinen cieux arc de ve pourtant aimab une si douce p guides, le torré point où tout s cramponnant au tique nous avert sing beyond thi three lives lost, A Utica, où n de fer chôment trois heures da chambres, de l souper que notr pays nous refus hôtels qu’on ne « si libres de toi prières ni prom serait le Grandon aurait dans s faudrait bien se 1 routine.
Enfin nous pre bré, horrible, Ce
n'est qu’une masse d’eau mouvante : elle doit être alors grandiose et terrible.
Grimpons au flanc de la colline, jusqu'au-dessus des chutes. La gorge devient un petit chaos; le torrent se resserre, bondit sur les obstacles, formant çà et là de petits lacs noirs et immobiles. Les thuyas, les cèdres de Virginie s’accrochent aux parois de l’escarpement, qu’ils revêtent d’une épaisse muraille verte; les arbres de haute futaie s’inclinent d’un bord à l’autre et forment un gracieux arc de verdure. On aime cette retraile sauvage et pourtant aimable, dont les traits un peu rudes prennent une si douce parure. Cependant, s’il faut en croire les guides, le torrent est mobile et dangereux. Il est un point où tout sentier disparaît; on n'avance qu'en se cramponnant aux saillies du rocher. Un écriteau pathétique nous avertit avec un point d'exclamation que passing beyond this is dangerous ! Le guide nous parle de three lives lost, et insiste pour nous ramener.
A Utica, où nous revinmes en voiture (car les chemins de fer chôment le dimanche), nous eûmes à stationner trois heures dans une auberge où l’on nous fournit des chambres, de l’eau glacée, toutes choses enfin, sauf le souper que notre appétit réclamait, et que les mœurs du pays nous refusèrent obstinément. Il est établi dans les hôtels qu'on ne donne pas à manger la nuit. Ces hommes si libres de tout faire sont esclaves de lusage; ni prières ni promesses ne les y font déroger. Quand on serait le Grand-Turc ou l’empereur de la Chine, quand on aurait dans sa poche toutes les mines du Pérou, il faudrait bien se résigner à ne rien obtenir qui sortit de la routine.
Enfin nous prenons place dans un car étouflé, encombré, horrible. Ce voyage me laisse peu d’impressions, si
ce n’est celle des exhalaisons nocturnes qui règnent dans les wagons endormis. Le public semble à l'aise dans ce milieu irrespirable. Une bande joyeuse de jeunes gens et de filles tout barbouillés de suie et de poussière s’y ébat bruyamment. C’est bien à tort que l’on m'avait parlé du cant des Américains et de la sévérité au moins apparente de leurs mœurs. Ces propos, ces gestes, ce grossier langage, ne seraient pas tolérés ailleurs dans un lieu public.
Nous traversons encore plusieurs grandes villes récentes, Rome, Rochester, Syracuse, amas de briques et de planches, décorées d’un nom pompeux, comme l’âne des dépouilles du lion. Pour moi, ces noms de pacotille me rappellent toujours ces commis voyageurs qui s’appellent Marius, César ou Epaminondas. Enfin voici le ravin de Niagara, le précipice où le fleuve énorme coule écrasé entre ses rives; voici le fameux pont suspendu où passe la voie ferrée, à cent mètres au-dessus du niveau du fleuve; voici les rapides ét leurs vagues furieuses, le Whirlpool avec sa masse “ombre et tournoyante d’eau azurée; voilà enfin le blanc rideau des cataractes qui ferme la vallée à l'horizon.
2 août.
Vous attendez que je vous parle de la grande merveille. Je n’ai rien vu de si grandiose au monde; mais je sais beaucoup de paysages modestes qui à première vue m'ont fait plus de plaisir. Figurez-vous une plaine sans limites, où roule sur un plan rapidement incliné le fleuve immense qui sort du lac Érié. Par hasard il rencontre une veine de rochers plus tendres; il la creuse, il se pré-
cipite, il déchi et voilà le Ni:
la Chèvre, qu rive de biais s et se replie au L'hôtel Clil même des cat.
où tourbillonn tempête étern rible chute, l pesamment, c flots déchirés.
de l’abime, bouillonnante.
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cipite, il déchire un large et profond sillon dansla plaine, et voilà le Niagara. Divisé en deux branches par l'ile de la Chèvre, qui se dresse au milieu des cataractes, il arrive de biais sur le précipice, à un tournant de la vallée, et se replie au bas de la chute vers la rive américaine. L'hôtel Clifton est situé sur la rive norc, en face même des cataractes, et au-dessus du bassin circulaire où tourbillonne une sorte de bras de mer agité par une tempête éternelle. Brisée et comme étourdie de sa terrible chute, l’énorme rivière tournoie sur place et roule pesamment, comme si elle avait peine à rassembler ses flots déchirés. Un nuage de vapeur s'élève incessamment de l’abime, comme d’une chaudière gigantesque et bouillonnante. — Ma raison me dit que j'avais sous les yeux un spectacle superbe; je n’étais pourtant ni étonné, ni séduit. Ces deux cataractes blanches séparées par une ile verte, enveloppées à leurs pieds d’un nuage de poussière liquide; ces bords plats et trop petits pour l'énorme fleuve qui semble près de les inonder ; ces baraques, ces ponts de bois, ces usines à cheval sur la cascade, tout ce paysage colossal à première vue semble manqué. — Je me figure ce que devait être le Niagara du temps où il ne battait que les rochers de ses rives et ne roulait que les troncs d'arbres arrachés aux forêts, du temps où ces routes et ces voies ferrées n’avaient pas déchiré le flanc du ravin. Je me figure le silence universel de la nature devant le tonnerre du grand fleuve, l’homme errant comme une bête sauvage parmi ses précipices, n’osant pas encore troubler sa majesté; et je comprends alors la grandeur du spectacle. Les Indiens vénéraient le Niagara comme la demeure d’un grand esprit: est venu l’Européen prosaïque qui l'a exploité. Il a semé des champs de mais à la place des forêts abattues, bâti des moulins dans
les Rapides, des masures sur le bord même du gouffre et sous la pluie des cataractes. Il orne le domaine solitaire du grand fleuve comme le jardin d’une guinguette; il tente même de l’emprisonner et de s'en faire un ouvrier docile. On regarde avec colère le vêtement mesquin que les hommes ont mis à cette nature puissante : on aurait presque envie que le fleuve géant nettoyât ses rives ei reprit sa liberté.
La nature américaine n’est point, comme celle d’Europe, une artiste habile qui semble se parer d’elle-même pour le regard des peintres. Elle dédaigne les arrangements coquets; elle est plus grande, plus large, plus puissante, mais aussi plus monotone ; elle semble ne pas se donner la peine de nous ménager ces surprises et ces amusements auxquels nos paysages restreints nous ont accoutumés. L'homme, d’ailleurs, n'est point encore en harmonie avec elle et ne contribue pas à l’embellir. Il n’y porte que la laideur et la dévastation : son passage se reconnaît aux forêts saccagées, aux troncs noircis et calcinés, aux terres dépouillées et arides. Les moissons, improvisées parmi ces ruines, n'ont pas la ricoe et féconde beauté de nos champs : elles sont négligées, inégales, semblables à de mauvaises herhes; les habitations même n'ont rien de gracieux ni de rustique : ce sont des baraques de planches d’une laideur uniforme. Le pionnier fait des trouées dans le désert à coups de hache, comme à coups de canon dans les rangs ennemis. L'homme qui ailleurs s'assimile à la nature au point d'en sembler inséparable, apparaît ici comme un conquérant brutal et pillard qui la défigure, pressé de l’asservir et de la dépouiller.
J'en étais là de mes réflexions, quand le soleil, d’abord voilé, perça les nuages, Je courus sur la terrasse, et la
chute me seml l'amphithéâtre neigeuses de | du précipice taient au gré d au-dessus des bleue, et arro les deux rives longues frang voile de mous la fumée ver Fer-à-cheval, sauvage. Vous leurs éclatante bloc, et sans s rive à la crête pâlit à mesure blancs flocons de lait. Au mil vert vif et gla de cristal ou d beaux mille f( dans les profor
Je considéra à mes pieds, di entre les deux 1 L'idée me vin ractes. Aussitô
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chute me sembla transfigurée. J'avais en face de moi tout l'amphithéâtre écumant ; le soleil étincelait sur les nappes neigeuses de l’avalanche liquide. La fine vapeur rejaillie du précipice formait des nuages lumineux qui flottaient au gré du vent, tantôt élevés en piles gigantesques au-dessus des cascades, tantôt roulant sur Ja rivière bleue, et arrondissant de radieux arcs de lumière entre les deux rives. La chute américaine laissait tomber ses longues franges pendantes et vaporeuses, comme un voile de mousseline argentée. Quand le vent repoussait la fumée vers la gauche, :a cataracte anglaise, ou du Fer-à-cheval, apparaissait dans sa nudité éblouissante et sauvage. Vous ne pouvez vous faire une idée des couleurs éclatantes de ce flot énorme, qui roule tout d’un bloc, et sans se briser, jusqu’au fonc «u précipice. Il arrive à la crête obseur et coloré d'ux hleu sombre, puis il pâlit à mesure qu’il s’éparpille, et se perd enfin dans les blancs flocons qui couvrent les rochers comme une mer de lait. Au milieu, sa couleur est indéfinissable; c’est un vert vif et glauque, limpide et éclatant comme un flot de cristal ou d’émeraude. Ces jeux de lumière sont plus beaux mille fois que tout ce que j'ai vu sur l'Océan dans les profondeurs des vagues déchirées.
Je considérais ce tableau merveilleux, quand j'aperçus à mes pieds, du haut de la côte, le petit bateau qui passe entre les deux rives : il s’apprêtait à détacher son amarre. L'idée me vint d'aller admirer de plus près les cataractes. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Je me lance sur un
| sentier rapide, et en trois bonds je saute dans la barque
frêle qu'un rameur vigoureux disputait au courant. Nous abordâmes tout trempés de pluie à deux pas de la chute américaine. Je m'assis sur un plan incliné, sous une galerie couverte, et en un clin d'œil une force invisible me
transporta au sommet de la côte. J’errai d'abord dans le village de Niagara, parmi les fabriques et les scieries que font mouvoir de petits courants détournés; puis je pris un pont de fer qui joignait l’île au village. Rien de plus effrayant que ce bras étroit du torrent gigantesque. Il roule avec des convulsions furieuses sur un lit bas et rapide. À gauche, vers le lac Érié, si loin que la vue peut s'étendre, on n’aperçoit que le ciel vide et les vagues hérissées. On dirait le déversoir d'une mer subitement précipitée par quelque bouleversement du globe. Il semble que le fleuve ait à peine eu le temps de se choisir un lit. On tremble de lui voir inonder ses rives et déraciner les îlots de verdure dispersés dans le courant jusqu'au bord et sur la pente même du gouffre. Ces petits rochers couverts d’un frêle bouquet d'érables, ressemblent à des nacelles amarrées au milieu du fleuve et surprises par la terrible invasion des eaux. Il semble qu'ils soient ébranlés par les coups incessants des lames, et que leurs arbres se balancent comme les mâts d’un navire en détresse. À demi noyés sous le flot qui les ronge, tout pénétrés de la poussière fécondante des cataractes, ils ont une végétation abondante et fleurie dont la gaieté fait contraste avec les tumultueuses terreurs qui les environnent. Ils jouent avec le colosse, le ploient entre leurs bras débiles, et s'épanouissent en repos aû bord de l’abime qui finira par les engloutir.
On peut, sur Goat-Island, aborder le sommet des deux chutes. Ma promenade me conduit d’abord à la chute américaine. Vue de loin, elle n’offre qu’un voile uni d’eau écumante, mais abordée de profil, elle se découpe en courbe gracieuse sur la verdure de la rive, et ses courants entrelacés s'abiment dans une profondeur invisible. Près du bord, presque engloutie sous les montagnes d'eau
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qui la pressent, une petite île se penche sur le précipice, où il semble à chaque instant qu’elle doive être entraînée. On y passe sur un pont de bois. C’est de cette langue de terre étroite et ébranlée qu'il faut plonger ses regards sur les deux nappes divisées qui se rejoignent au fond de la gorge, en écoutant le tonnerre continu qui s'élève de ce chaos d'écume. Au delà, vous voyez se dérouler la vallée profonde avec son tapis verdâtre et mouvant. Un village, une église coquettement groupés dans le lointain, enfin le jet hardi du Suspension-Bridge, encadrent ce terrible et riant tableau. Regardez alors en arrière, et vous ne voyez qu'un frais bocage, une retraite fleurie et tranquille, où vous dormiriez en repos. Mais les oiseaux n'y chantent pas : leur voix se perdrait dans le grondement de ce déluge. L’hrnme même y demeure sans voix et sans pensée; celte .. :isauce monstrueuse l'écrase, l’anéantit, et il quitte à ix hâte ce riant séjour d'horreur.
L'ile de la Chèvre se termine par un précipice abrupt et une plage de rochers éboulés où gisent quelques barques échouées. On y à construit un escalier de planches. C'est le chemin de la fameuse « Cave of the Winds, » dont maint écriteau attaché aux arbres de l'ile nous invite à explorer les merveilles. Je n'y trouve malheureusement ni le guide, ni le vêtement de toile cirée nécessaire pour affronter une douche continue. On dit que cette excursion sous la cataracte a quelque chose de formidable et de merveilleux; ce doit être une étrange chose, que de voir briller la lumière irisée du soleil à travers les murailles humides, comme dans les cavernes où les poëtes mettaient lès demeures des nymphes.
Mais c'est la chute anglaise qui est la plus redoutable. On croit, en la voyant de près, assister à un cataclysme.
Sur ses bords, l’eau tombe en nappes blanches et en franges légères; mais au milieu se creuse le précipice arrondi du Fer-a-cheval, avec s ; prodigieuses masses d’émeraude en fusion. On frémit à la pensée des profondeurs qu’elles récèlent. Une jetée s’avar du bord de l'abime jusqu’à un phare isolé au milieu © atourmente, d’où ia vue ne peut se comparer qu'à ». tempête d'un océan débordé.
Je revins à travers les bois, par un sentier solitaire, où les colosses de la futaie canadienne entrelaçaient leur dôme obscur. Ces forêts d'Amérique ne ressemblent point aux nôtres : la végétation y est plus libre, plus grande, et pour ainsi dire moins labcrieuse. On n’y voit pas de troncs noueux et malades, courbés sous l'effort d'une longue série de siècles; les arbres s’y élèvent d’un seul jet à des hauteurs prodigieuses, comme les colonnes des cathédrales. Souvent leurs troncs sont énormes ; mais leur taille droite et svelte, leur ceinture ronde, leur écorce lisse et sans tache, déguisent leur massive épaisseur. Çà et là quelques tiges foudroyées gardent encore dans leur ruine un air d’élésance et de noblesse. L'île, à cetie heure, était déserte; plus de promeneurs, de voitures ni de poussière. Errant sous ces futaies grandioses, aux dernières lueurs du jour abaissé, je pouvais me croire dans la forêt primitive et donner à mon rêve de solitude une apparence de réalité. Je marchais sans entendre le bruit de mes pas. De tous côtés grondait la basse profonde des eataractes, qu’accompagnait le bruit perçant des millions de sauterelles cachées sous l'herbe, De temps en temps, on entendait la gamme douce et plaintive du petit oiseau musicien qui remplace en Amerique notre éblouissant rossignol. Voilà comment j'ai fait une promenade dans la forêt vierge, sur une ile qui
est un peu Le après, j'étai des oranges venu l’homr
L'hôtel C et de gens le lieu où ils canadienne, Bridge, un temps que n avons touché on the land émissaires di quelques jo:
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(1) « Nous
est un peu le Bois de Boulogne de Niagara. Cinq minutes après, j'étais assis dans un café, à manger des glaces et des oranges : le sauvage d’un quart d'heure était redevenu l’homme civilisé.
3 août.
L'hôtel Clifton où je demeure est plein de démocrates et de gens du Sud. C’est iei leur rendez-vous général, le lieu où ils viennent s'entendre à l'abri de la neutralité canadienne. Avant-hier, en traversant le Suspension- Bridge, un habitant de la Louisiane, débarqué en même temps que nous, ne se tenait pas d’aise, et quand nous avons touché la terre ferme, il s’est écrié : Now we are on the land of liberty again (1)! C’est ici que deux émissaires du Sud, MM. Clay ct Saunders, ont joué il y a quelques jours, devant « l’innocent Greeley, » accrédité par « le non moins innocent Lincoln, » une comédie de négociations pacifiques qui est tombée dans la rivière. Le bruit courait depuis quelque temps que les chefs du parti démocrate et les envoyés du Sud s'étaient rencontrés à Niagara pour y fixer ensemble les fondements d'une union nouvelle. Et remarquez en passant ce trait curieux des mœurs américaines : un parti s'organise, se discipline, déclare la guerre au pouvoir régnant, se partage même d'avance sa dépouille, et pousse la hardiesse jusqu’à susciter des plénipotentiaires bénévoles qui traitent avec l'ennemi! On publia même le résultat des conférences : asandon par le Sud des esclaves déjà libres, consécration de l'esclavage pour ceux qui n'étaient pas encore affranchis, enfin reconnaissance de la dette con-
(4) « Nous voilà de nouveau sur la terre de la liberté! »
fédérée. Tel était ce traité tn petto dont les démocrates se hâtèrent de divulguer le secret. L'opinion ne s’y trompa guère et n’y vit qu'une manœuvre. Cependant le mot de paix, répété par tous les échos de la presse, exerçait un pouvoir insensible sur les esprits fatigués ; on se prit à désirer que la tentative fût sérieus* Les conditions, modérées en apparence, étaient pourt2 bien lourdes et bien humiliantes. Le Sud n’abandonnaïi rien qu’il n’eût déjà perdu, il se faisait même payer les frais de la guerre; le Nord, au contraire, faisait à son ennemi d'énormes concessions matérielles et morales. C'était pour le Sud une victoire complète, pour le Nord une capitulation sans dignité.
Les choses en demeuraient ià, et l'attention publique allait s'endormir, quand pour la ranimer MM. Clay et Saunders résolurent, à l’instigation des démocrates, de pousser plus loin la comédie. Sans aucune instruction de leur gouvernement, sans aucun titre officiel, ils se donnèrent au président pour des messagers de paix, et demandèrent un sauf-conduit, afin d'aller à Washington « échanger avec lui leurs sentiments. » En tout autre temps, il eût été de la dignité du président de laisser tomber une ouverture ainsi faite; mais l'approche de la crise électorale lui impose une extrême prudence. M. Horace Greeley, rédacteur du journal la Tribune, à qui s'étaient adressés les prétendus ambassadeurs, fut officieusement autorisé à entrer en négociations. Mais tout à coup ces pacificateurs qui semblaient si accommodants élèvent des prétentions énormes. Il ne s’agit plus seulement des conditions acceptées par leurs amis les démocrates. Aux deux clauses que je vous ai dites, ils en ajoutent une troisième encore plus insolente : ils exigent que le gouvernement fédéral, en reprenant dans le sein de
l'Union ses doctrine du d’une main de l'Union M. Greele:
confondu, naufrage pi Celui-ci rédigé avec « à qui cel et le carac disait-il, d:
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ditions qui les citoye une autre vage. » P( dentiels, c favorable ; malencont de la risée Les jou comme ils sotte infat qu'un sén mond vie l'empereu deux gena soi-disant tante déri
l'Union ses membres rebelles, admette la pernicieuse doctrine du droit de sécession, c’est-à-dire qu’il défasse d'une main 5 qu'il fait de l’autre, et qu'il ruine l'avenir de l’Union pour obtenir une trêve hypocrite et fragile. M. Greeley, qui avait pris chaudement l'affaire, fut confondu, et annonça en toute hâte au président son naufrage prématuré.
Celui-ci répondit par un message un peu nuageux rédigé avec une précaution extrême et adressé en général « à qui cela concerne, » pour mieux respecter l'anonyme et le caractère ofticieux des négociateurs. Il était prêt, disait-il, dans un langage amphigourique qui serait un modèle de style diplomatique, à négocier avec le Sud, pourvu qu’on lui garantit « la pleine et entière restauration de l'Union dans son intégrité territoriale, et l’abandon de l'esclavage par les États séparés, sous des conditions qui, en respectant le droit de propriété de tous les citoyens loyaux, donnassent ample sécurité contre une autre guerre entreprise dans l'intérêt de l’esclavage. » Pour quiconque à l'habitude des oracles présidentiels, cela voulait dire qu’il repoussait toute condition favorable à l'esclavage. Ainsi du moins l’entendirent les malencontreux négociateurs, et le rideau tomba au milieu de la risée publique.
Les journaux confédérés ont chanté victoire. Il faut voir comme ils s'amusent du naïf Greeley, comme ils raillent «la sotte infatuation des hommes du Nord, qui se sont figuré qu'un sénateur et un renrésentant du Congrès de Richmond viendraient humblement et mains jointes adorer l’empereur des Yahous dans sa capitale, implorer à deux genoux sa merci, et qui n’ont pas compris que ces soi-disant propositions pacifiques n'étaient qu'une insultante dérision. » Voilà le ton des moqueries que repro-
duisent avec complaisance plusieurs journaux démocrates. Leur triomphe est-il sincère? Je vois dans ces railleries plus d’amertume que de gaieté. Ce n’est un mystère pour personne que la conférence ne fut qu'un stratagème des démocrates et des sudistes coalisés ; ils n'ont lancé ce ballon fragile à leurs adversaires que pour les y embarquer et les perdre : qu'ils y restent donc suspendus eux-mêmes ! Le sentiment public serait bien dépravé si cette manœuvre odieuse ne tournait pas contre ceux mêmes qui l'ont inventée.
Le plan de campagne des démocrates consiste à donner au gouvernement de Lincoln une renommée d’obstination aveugle et de rancuneuse hostilité. C’est pour le moment toute leur politique. Trois années de guerre sans résultat disposent un peuple fatigué à prêter l'oreille aux partis qui p'>nnent la paix pour mot d'ordre. Quoique divisés entre eux, les démocrates s'entendent pour faire de ce mot unique le symbole général de leur opinion. Les plus avancés veulent la séparation pure et simple et l'indépendance du Sud, les autres veulent le rétablissement de l’Union, mais sous l'influence prépondérante des rebelles et sur la pierre angulaire de l'esclavage reconstitué. Quelques-uns enfin, ies honnêtes et les sages, acceptent les faits irrévocables, renoncent à l'esclavage, et espèrent obtenir un compromis qui ralliera toute la nation : ce sont les anciens war-democrats de Tammany-Hall, dont l'appui porta M. Lincoln à la présidence et fit le succès des républicains. Tous, depuis les plus extravagants jusqu'aux plus modérés, s'accordent aujourd'hui à parler de peix. Leurs réunions générales s'appellent « conventions pacifiques, » et les bulles de savon crevées de Niagara seront bientôt suivies de quelque autre bruit ingénieux de négociations imaginaires.
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De leur côté, les confédérés sont fort en péril. Sans grande événements, sans coups d'éclat, et malgré leur intrépide résistance, la guerre lourne sûrement à leur ruine. Le gouverneur Brown, de la Géorgie, ne vient-il pas de déclarer que si Atlanta n’était pas maintenue contre Sherman, si le pays n’était pas délivré de l’invasion en peu de semaines, il ne répondait plus de son État ? Johnston, qui commandait à Atlanta, voulait abandonner la place; sur l'ordre qu’on lui a envoyé de combattre, il s'est démis de son commandement. Un autre général, nommé à sa place, a refusé de le prendre, et Hood n’a accepté que pour se faire battre. Grant, il est vrai, avance lentement, mais sûrement. Toutes les sorties de l'ennemi sont repoussées : il en est réduit, pour se ravitailler, à ces raids dont le succès ne saurait longtemps prolonger sa vie. Hier encore on s’effrayait d’une invasion nouvelle. Les rebelles avaient battu sur la frontière un petit corps de troupes, brûlé et pillé un canton de la Pensylvanie. Ce ne sont plus des expéditions militaires, mais les brigandages désespérés d’une armée en détresse.
Le Sud enfin est tellement épuisé, qu’en dépit de son attitude arrogante il pourrait bien chercher le salut dans la soumission. La paix est son unique espoir. Mais, si belle qu'on la lui fasse, il ne r’acceptera pas des républicains; son orgueil se plierait plus facilement devant les démocrates. Beaucoup de gens petsent ou affectent de croire que cet orgueil, habilement ménagé, pourrait se contenter dé satisfactions apparentes et se résigner à une défaite qui aurait les dehors d’une réparation. Peut-être, dit-on, les gens du Sud n’attendent-ils que l'avénement des démocrates pour recevoir d'eux la paix et le pardon, et l'administration républicaine serait alors le seul obstacle au rétablissement du passé. Cet espoir affaiblit
le gouvernement et grossit l'opposition de beaucoup d'hommes pacifiques et honnêtes, qui ne veulent pas plus de paix déshonorante que de guerre éternelle. De même que les républicains ont rallié à leur cause les démocrates modérés dans l'élection du président Lincoln, les démocrates, s'ils sont sages, pourraient bien rallier un grand nombre de républicains. Il faut pour cela que les plus violents se modèrent et renoncent à leur cher esclavage ; il faut que le parti adopte le programme des républicains. Alors, la querelle n'étant plus entre les principes, mais entre les hommes, il y aurait beaucoup à espérer de l'union d’un parti démocrate régénéré, combattant les républicains par leurs propres armes, et recueillant le fruit de leurs efforts en leur laissant la responsabilité de leurs fautes. Revenant au pouvoir avec le rétablissement de l’Union et l'abolition de l’esclavage, atteignant par la paix le but que leurs adversaires poursuivent vainement par la guerre, les démocrates s’y assureraient un grand rôle et une longue durée. Qu'ils acceptent le fait accompli, qu’ils s'emparent du drapeau national, qu’au lieu d’être des ennemis cachés et des traîtres à leur pays, ils deviennent un parti politique qui dispute à un autre l'honneur de sauver la patrie commune, et la présidence est à eux : c’est l’avis de quelques hommes éclairés, que ne dominent point les passions de la foule; mais s’ils espèrent remonter le courant, ils y seront eux-mêmes emportés. Il y a en Amérique un despotisme tout-puissant que personne ne brave, celui de l'opinion. Quiconque veut marcher dans ses propres voies avec indépendance est un homme perdu.
Quand le vice-président de la confédération rebelle, Alexandre Stephens, prononçait dans la convention de la Géorgie ce discours célèbre qui restera l’acte d'accusation
du Sud, lor:
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du Sud, lorsqu'il adjurait ses concitoyens de ne pas déchirer la constitution et de ne pas livrer leur pays à l'horreur d'une injuste guerre civile, qui eùût prédit que le même homme deviendrait en peu de jours l'un des plus fougueux champions de la révolte? Il en sera de même des chefs du parti démocrate modéré : ils seront entraînés à des actes qu’ils réprouvent et dont ils rougiront.
Du lac Ontario, 4 août.
J'ai dit adieu au Niagara à la lueur d’un orage nocturne. À chaque éclair qui passait sur leur face blanche, les cataractes s’illuminaient comme un palais de fées. Quelquefois, entre l’éblouissement et des ténèbres, on eût dit une montagne de glaces. Ce pâle fantôme, entrevu soudainement et rentré aussitôt dans la nuit, semblait la vision fugitive d’un monde merveilleux.
Je vous avouerai d’ailleurs que les splendeurs de Niagara commençaient à m'ennuyer un peu. Les mœurs des indigènes y contribuaient peut-être. Je me suis habitué en Amérique à une façon d'agir simple et ouverte en matière d'argent. Pas d’hésitation, pas de contestation possible : on demande combien, et l’on paye; on est bien sûr qu'on a payé le prix de tout le monde. Les Américains ont en affaires une largeur qui dédaigne les petites fraudes et les petits profits. Ici, c’est autre chose : la population semble vivre du pilla” des étrangers. Je retrouve le sourire narquois et impudent du filou parisien sur le visage des cochers, guides, bateliers, et de toute l'engeance qui exploite les touristes. On visite sous la chute du Fer-à-Cheval le fameux rocher de la Table, et
une petite excavation d’où l’on voit ruisseler au-dessus de sa tête une mince nappe d’eau égarée sur le bord de la cataracte. On vous habille de toile cirée ; on vous donne un guide, comme pour une expédition dangereuse. Celui-ci fait des grimaces emphatiques; il vous parle par gestes pour vous faire croire que le tumulte étouffe sa voix. Le désordre des eaux est toujours superbe ; mais à quoi bon cette mise en scène ? Vous croyez en avoir fini : l’homme vous prend par les épaules et vous pousse dans son « musée », collection précieuse d'os de baleines, de quadrupèdes boiteux, de chiens à deux pattes, de canards éempaillés, de papillons de papier et de figures de cire représentant la sorcière d'Endor, la reine de Taïti et Christophe Colomb. Il vous demande deux ou trois dollars. Vous allez payer en monnaie américaine, acceptée partout à Niagara. Mais l’escroc veut de l'or et sait fort bien le change du papier. Furieux, je lui jette une pièce d'or à la figure. Un Américain s’en serait offensé, mais notre homme trouvait le tour bon et ramassa l'argent.
Maintenant, louons une voiture. Disons qu’on nous conduise au Whirlpool et au Trou-du-Diablé : on nous mène à l'île de la Chèvre. Le cocher nous livre aux marchands d’objets indiens, ses compères. 11 nous montre les Trois-Sœurs, trois petites iles blotties au flanc de la grande, où, dit-il, a vécu longtemps un solitaire. Puis il nous raconte qu'au siècle dernier, les Canadiens disent lors de la Rebellion, les Américains lors de la guerre de l'Indépendance, trois vaisseaux anglais, surpris et désemparés, vinrent à la dérive s’abimer dans la cataracte. |
Le pays est plat, vulgaire, uniforme, sitôt qu'on perd de vue le ravin et le fleuve. En revanche, on y a des surprises continuelles. Au tournant d’un petit bois, nous
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rencontrons une maisonnette ; nous mettons pied à terre, et tout à coup, le majestueux ravin se découvre à nos pieds : c’est le Whirlpool ou tourbillon. Le fleuve arrive écumant, précipité par la pente, et s'arrête brusquement, emprisonné dans un bassin circulaire, au milieu d’un amphithéâtre de forêts, où ses eaux tournent sur ellesmêmes avec une lourdeur agitée qui fait songer à d’immenses abimes. Il s’y tourmente, il semble chercher son issue. Soudain il s'échappe d'un seul jet par une fente étroite, avec une rapidité qui donne le vertige, mais sans
. briser sa masse bleue, dont la surface se déchire à peine
en quelques blanches écumes. Plus haut, la gorge est abrupte, le fleuve tout blane, tout hérissé ; plus bas elle s’arrondit, et laisse deviner dans le lointam le lac Ontario et ses larges rives.
Un petit bateau à vapeur, construit à Niagara, tenta une fois de franchir les Rapides. Il avait fait longtemps le métier de ferry entre les deux rives, au pied même des cataracies. Vous vous souvenez peut-être de l'avoir vu figurer dans l'histoire fabuleuse, mais authentique, de notre glorieux compatriote Blondin. C'était la Matd of the Mist qui se tenait au milieu de la rivière, lorsque le grand homme fit cuire l’omelette qu'il tendit au bout d’une ficelle aux passagers du navire. Elle est aujourd'hui saine et sauve dans le lac Ontario, où eïie arriva presque en pièces, à demi submergée, ayant fait la moitié du chemin sous les vagues. De telles folies ne sont possibles qu’en Amérique. On imagine ailleurs de protéger les individus contre etix-mêmes : ici chacun est libre de disposer de sa personne et de son bien. Sur les chemins de fer, sur les routes, vaus trouvez des écriteaux qui vous disent le danger et vous mettent en mesure d'y pourvoir. Une fois averti que vous transgressez la règle, libre à
vous de le faire à vos risques et périls. L'autre jour, au lac George, un passager s’avisa de grimper sur le balancier mouvant de la machine, où il resta une demi-heure à voltiger sans que personne songeât à le contrarier dans son caprice.
De Niagara à Lewiston, où l’on s’embarque sur le lac Ontario, le chemin de ‘er suit en corniche les ondulations du ravin. Ce défilé est superbe, surtout quand la vue passe au-dessus des premiers plans escarpés de la vallée et va se reposer au loin sur la ligne bleue du grand lac
ou sur la contrée plus douce qui l’environne. Mais à peine.
embarqué, j'ai perdu toute illusion sur ces vastes mers intérieures. Le lac produit l'effet d’un océan monotone, sans vagues, sans tempêtes ni terreurs. J’y trouve au moins des journaux que nous allons dépouiller ensemble pour nous distraire des ennuis de la traversée. Le nouvèau ministre des finances ouvre un nouvel emprunt de 200 millions de dollars. Les coupons sont de 80 dollars, portant un intérêt de 7 1/2 pour 100 en papier, et remboursables en papier dans le délai de trois années, si le porteur ne préfère les changer en bons de l'emprunt de 6 pour 100, remboursable en quarante ans au plus, capital et intérêt payés en or. C’est un effort pour relever le crédit du papier monnaie, et le substituer à l'or pour trois années au moins dans le service des intérêts, sinon dans le remboursement dernier du capital. Vous voyez que l'Amérique aussi commence à imiter notre système d'emprunts populaires offerts aux petites fortunes, mais ses financiers n’ont pas encore l’art de les faire valoir : ils devraient venir apprendre à notre école comment on enlève en huit jours les emprunts patriotiques.
Cependant, le président décrète un jour de jeûne et de
prière « PC jusqu’au d pour que l paix. » De ratio Seym son État, :
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