‹ Huit mois en Amérique [microforme]Chapitre 37 sur 56 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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d'abord au Canada avant que cette Sibérie américaine n'ait revêtu pour cinq mois son manteau de glace et de neige.

Vendredi, après avoir expédié à la hâte quelques visites d'adieu, j'ai pris un des trois chemins de fer de New- York à Boston. J'ai peu de chose à vous dire du pays, parcouru à vol d’oiseau, entre ces deux villes, sinon qu'on suit les bords de la mer, que les côtes en général sont arides, qu’on traverse vingt rivières sur des ponts, trois estuaires en ferry-boat, et qu’on côtoie une succession de golfes et de rades abritées. D'abord Long-Island allonge ses côtes basses au fond de l'horizon maritime; on traverse Norwalk, Bridgeport, villes florissantes, New- Haven, assise aux deux bords d’un golfe bleu, puis les

campagnes du Connecticut, riches et populeuses malgré

une terre ingrate. La vallée de la Nouvelle-Tamise et la rivière Connectieut, cette dernière surtout, sont des accidents agréables dans une région monatone; nous y passons comme une flèche, apercevant à peine la riante vallée, son cours sinueux, ses croupes molles et boisées, qui brillent de toute leur splendeur d'automne. On sent déjà l'approche de l'hiver; nous arrivons à Boston par une nuit de décembre.

Le lendemain, dès le premier pas que je fis dans la rue, je fus frappé de l'aspect nouvegu de cet autre monde : un peuple actif, quoique sérieux et presque sévère, moins affairé et plus décemment vêtu qu'à New- York; pas de faux luxe dans l'apparence, pas de colifichets fragiles dans l'architecture : on dirait Londres ou Liverpool. Les maisons sont bâties pour la plupart de beau granit grisâtre, à fortes et massives assises; elles n'ont pas non plus cette hauteur démesurée qui les fait ressembler à des châteaux de cartes, ni ces misérables

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auvents de bois qui leur donnent un air de pauvreté sordide. Les rues ne sont pas démesurément larges, ni coupées régulièrement à angles droits avec une ennuyeuse monoton'e. Enfin Boston n’est point, comme la plupart des villes américaines, un grand village qui a fait fortune, une perpétuelle banlieue sans cité. La rue où je demeure longe un grand parc appelé Boston Common, planté de beaux arbres, et qui contraste avec les squares négligés de New-York. Le State- House, un assez beau bâtiment de granit qui est le siége du gouvernement, élève à côté, sur une éminence, ses terrasses, sa coupole et ses escaliers ornés de statues. En face court une avenue en pente, ouverte sur la promenade, et dont l'unique rangée de maisons, flanquées de rotondes ou de demi-tourelles en saillie, est coquette et gaie comme les jolis cottages des environs de Londres, C’est d’ailleurs le quartier élégant de la ville, espèce de Piccadilly sans tumulte, sans boue, au-dessus d’un pli de terrain gracieux et d'une vue qui vaut cent fois celle .de Green-Park. Derrière le State= House, sur le flanc de la colline qu'elle gravit en pente raide, est une rue retirée, soignée, irréprochable, où toutes les maisons sont entourées de grilles de fer; je ne sais quoi dans leur aspect annonce un intérieur chaud, confortable: et tranquill:. Par cette froide bise du nord, le passant jette un regard curieux et jaloux sur les glaces polies des fenêtres. C’est là, dans une petite maison proprette, arrangée avec amour et pleine d'objets d'art recueillis en Europe, que vit mon digne ami M. Sumner.

Je n'avais encore vu que le Sumner ennuyé, afairé, de Washington, campé au milieu des liasses diplomatiques, retenu, par la chaîne de son titre à un labeur qui ne lui laissait pas toute la liberté de sa bonne humeur et de son aimable esprit. Il faut à présent que je vous le

montre chez lui, épanoui dans son élément congenial, entouré de ses livres, de ses estampes, de ses statues, les soignant avec l'amour d’un vieux garçon, soignant sa personne aussi, bibliophile, lettré, antiquaire et homme du monde, presque élégant quand il se promène dans cette ville de Boston où chacun le connaît et l’aime, où on le salué à chaque pas. Il faut que je vous introduise, malgré l’indiscrétion, dans ce cabinet tendu de gravures précieuses, plein de vieux livres, de manuscrits, de missels gothiques et © ditions rares, près de cet homme grand et de stature robuste, semblable à un Américain de la vieille roche, et qui vous fait en souriant les honneurs de son petit musée. Cependant il vous questionne sur la littérature, sur la philosophie, sur les mœurs de votre pays, sans préjugé ni parti pris, comme un curieux qui cherche sans cesse à refaire son opinion. La politique, où il joue un si grand rôle, est pour lui le métier, le travail qu’on oublie aux heures de loisir. Si vous l’interrogez, quelques mots un peu sentencieux, mais pleins de conviction sincère, et il se hâte de revenir à ses entretiens favoris. Il semble heureux de vous prouver que ses études encyclopédiques n’ont laissé inexploré aucun champ de la littérature et de l’histoire, qu’il a ztemps couru l’Europe en artiste, en étudiant et en observateur ; mais il ne prétend pas vous imposer ses vues. Vous pouvez d’ailleurs lui dire franchement tout le bien que vous pensez de lui : rien ne le caresse plus doucement; mais sa juste opinion de lui-même n’est ni irritable, ni défiante, ni importune : elle ne donne ni faste à son langage, ni hauteur à ses manières, ni ostentation à sa bienveillance. Homme bon, simple, cordial, sincère, satisfait des autres comme de lui-même, heureux de répandre sur tous ceux qui l'approchent le contentement que lui inspi-

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rent sa renommée noblement acquise et l'estime des honnêtes gens! Je lai vu quatre fois à peine, et je me figure l'avoir toujours connu.

M. Sumner s’empara de moi, me guida par la ville, me montra la poste, la banque, la douane, d’autres monuments publics, — tous bâtis dans un style massif, dont la lourdeur même plut à mes yeux fatigués des baraques de New-York. Nous parcourûmes les quartiers commerçants et populaires, les marchés enfin, dont l'exquise propreté, l'ordre parfait, l'élégance même, font l'orgueil des Bostoniens. Quand on se rappelle nos hangars sales, fétides, ouverts à tous les vents, auprès desquels on ne passe jamais sans dégoût, on admire ces longues galeries fermées qui sont à la fois une charmante promenade d'hiver et une mine de tableaux pittoresques. De chaque fenêtre jaillit un rayon de soleil qui se joue sur les étalages, sur les arrangements coquets de fruits, de légumes, de gibiers, de volailles, d'oiseaux aux plumes brillantes, sur les chapelets de saucissons qui pendent en festons aux murailles, sur les quartiers de viande empourprée ou les poissons dorés étalés sur des tables de marbre, enfin sur les marchands nègres et leurs têtes de cuivre bronzé. Au bout du grand marché, nous visitons Faneuil-Hall, une salle contemporaine de l'indépendance, berceau de l'éloquence américaine, dont elle reste le sanctuaire vénéré. Si laide que soit cette bâtisse jaune, on se garderait bien d’y toucher une brique. C'est là qu'a retenti l'écho de toutes les grandes voix qui ont ému l'Amérique, là qu'aujourd'hui encore mon cicérone a coutume de parler à sa ville natale. 11 me montre à côté l'emplacement où fut versée la première goutte de sang qui donna lieu à la guèrre de l'indépendance. Les redcoas occupaient l’ancien bâtiment de la douane; ici s'é-

tait assemblée la foule irritée. C'était l'hiver : quelques boules de neige frappèrent les soldats, qui firent feu. Les gens de couleur aiment à rappeler qu’il y eut un nègre parmi ces premiers martyrs de la patrie américaine : c’est leur lettre de noblesse et leur titre à la liberté.

De là, jetant un coup d'œil au passage sur les Boston water works, vastes réservoirs de granit adossés à ja colline, nous revinmes encore au State-House, point culminant d’où la vue embrasse la ville et les bras de mer qui entourent la presqu'ile où elle est bâtie. Nous allâmes chez le gouverneur, qui était absent, chez le poëête Longfellow, que nous ne pûmes vair. Nous dinâmes à l’'Union-Club, où mon aimable hôte me fit boire « du

vin de mon pays »; puis nous montâmes en voiture pour

nous promener dans ces.jolis environs de Boston, qui méritent bien leur renommée. Les pièces d'eau darmantes dans les vallées, les coteaux couverts de jardins et de maisons de campagne, les chemins creux qui serpentent sous Jes massifs de pins et de cèdres, forment un dédale riant où viennent courir le soir les phaétons et les cavalcades.

On parle ici des démélés secrets du parti abolitioniste avancé avec la fraction plus modérée du parti républicain que représente le président Lincoln. Depuis qu'on reproche au président de faire la guerre à l'esclavage aux dépens de l'intérêt national, il a singulièrement abaissé le drapeau de l'abolition. 1 semble qu'il-ait à cœur de prouver que l'émancipation est le moindre de ses soucis, et plutôt une arme de guerre qu'un but politique. Le nom d’abolitioniste a été si longtemps une injure qu'on rougit encore aujourd'hui de prendre ouvertement part contre l'esclavage, et le gouvernement a grand’peine à se faire pardonner de la majorité unioniste les coups irré-

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parables qu'il a portés à l’institution du Sud. De leur côté, les chefs de l’abolitionisme, MM. Chase, Wendell- Phillips et, dit-on, M. Sumner lui-même, mécontents de ces timidités, se sont demandé s’ils ne susciteraient pas à M. Lincoln un concurrent radical, qui eût été sans doute le général Fremont. M, Chase, récemment exilé du ministère, et qui d’ailleurs avait des prétentions personnelles à la présidence, ne s'était pas déclaré encore; mais il courait le pays, préchant le radicalisme et ne ménageant point au président les paroles amères. Il y a trois somaines, on l’a vu tout à coup changer de langage. En même temps le général Fremont, abandonné, perdait toute espérance, et écrivait, pour retirer sa candidature, une lettre mal résignée qui laisse le champ libre à M, Lincoln.

À la coalition des démocrates et des rebelles, les républicains répondent maintenant par l'alliance intime de tous les partisans de l'Union, Nulle part leur victoire n’est plus certaine que dans cette ville de Boston, foyer

du libéralisme philosophique qui transforme aujourd'hui

l'Amérique. L’abolition n’y est pas seulement la doctrine de quelques penseurs, c'est la conviction d’un grand parti. On s’en aperçoit aux immunités dont jouissent ici les nègres. Ils tiennent des meetings, organisent des clubs, convoquent les blanes à leurs assemblées. Ils ont même le droit de suffrage, bien qu'ils n’en usent pas facilement, et qu'un préjugé implacable persiste à tenir dans yn demi-servage ceux que les lojs ont affranchis. Les démocrates, au premier rang desquels se signalent toujours les Irlandais émigrés, assaillent souvent de huées et de pierres leurs assemblées pacifiques. C’est de Boston pourtant qu'est partie la première idée de cette convention générale des gens de couleur qui se tient en ce

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mement même à Syracuse, et excite à la fois tant de scandale et de curiosité. La populace, soulevée par les démocrates, voulait, dit-on, user de violence et assommer les délégués comme des chiens. On s’extasiait de l’insolence du noir prétendant à compter pour un homme; une assemblée de bœufs et de chevaux revendiquant leurs droits outragés n’eût pas soulevé plus d’étonnement et d'indignation. Il 2 fallu aux gens de couleur beaucoup de patience et de courage pour qu’on souffrit leurs réunions, La presse, qui d’ahord s’en était moquée, finit par

s’y rendre, attirée par l'intérêt et la nouveauté du spec-

tacle. Enfin les journaux publient aujourd’hui leurs réso-

lutions, qui sont, avec une certaine pompe africaine, un

morceau d’éloquence autrement sérieux que le manifeste de Chicago. Il y a dans ces quelques lignes un sentiment profond de dignité blessée, de droit méconnu et de sincère patriotisme. Quelle pauvre figure font devant cette simple protestation de l'opprimé les sophismes froids et hypocrites des philosophes de l'esclavage !

Portland, 11 octobre.

Éveillé hier pat des fanfares et des coups de canon, je trouve la ville de Boston pavoisée de drapeaux. Que se passe-t-il? A-t-on pris Richmond, ou remporté quelque victoire problématique fêtée comme un triomphe ? Quelques détachements de soldats traversent les rues au milieu d’une foule affairée qui ne semble pas les voir. C’est pourtant en leur honneur que le canon tonne. Tout le long du chemin de fer de Portland, je vois les stations encombrées de monde : ce sont les parents, les amis, les fiancées qui attendent les soldats en congé; ce sont aussi

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les familles en deuil de ceux qui sont tombés qui viennent fêter tristement le retour des vivants. Et l’on ose dire qu’il n’y a que des mercenaires étrangers dans l’armée des États-Unis!

On est émerveillé lorsqu'on songe à ce que devait être avant la guerre la prospérité de ce pays. Dans ces provinces de la Nouvelle-Angleterre, pourtant si peu favorisées de la nature; vous ne voyez encore aucune trace de misère et d'abandon. Je me trompe: vous rencontrez quelquefois de vastes manufactures délaissées, comme en France et en Angleterre, faute de coton. Il y a vers les confins du Massachusetts et du Maine un village appelé Lawrence, créé il y a peu d'années par l'établissement de plusieurs grandes filatures. Le voyageur est confondu lorsqu'il découvre au loin les murailles colossales, les tours, les cheminées, les dômes de ces prodigieux édifices, à présent déserts et silencieux. A côté de la cité manufacturière abandonnée s’élève le village agricole de Lawrence, cottages blancs, jardinets. fleuris, fermes coquettes éparses dans les vergers. Le peuple grave et décent qui se presse sur notre passage ressemble aux bourgeois.de nos campagnes. Je fais un triste retour sur nos humbles chaumières et sur leurs rudes habitants. 1! faut avouer que l'Amérique est un kaléidoscope mouvant ; son territoire immense présente à la fois tous les degrés et tous les élages de la civilisation. La Nouvelle-Angleterre, après deux siècles d'existence, n’est pas Join de surpasser l’Europe : qui sait si la société nomade et brutale de l'Ouest ne la rejoindra pas en peu d’années? Si contestables que soient ses vertus politiques, la démocratie en définitive a des avantages positifs qui doivent primer tous les goûts e: toutes les raisons idéales. Elle est la forme de gouvernement la plus propre à assurer au

plus grand nombre ce bien-être dont la poursuite est le continuel effort des sociétés humaines. On peut aimer les vieilles civilisations et les anciennes mœurs, comme ces costumes surannés dont les guenilles pittoresques nous plaisent mieux que le drap commun des habits modernes. Mieux valent pourtant l'élégance un peu douteuse de ces filles de fermiers en chapeaux à plumes et la raideur étriquée de ces artisans empesés dans leur triste habit noir. |

Portland, d’où je vous écris, est au nord de Boston, dans l’état du Maine, — jolie ville située entre deux bras de mer, sur une presqu'ile enfermée elle-même par d’autres promontoires. L'hôtel de ville, ouvert à tous venants, a une coupole où nous montons sans qu’il soit besoin d’invoquer ni la clef du gardien ni le babil du cicérone, Il n'y a point en Amérique de ces parasites oisifs qui passent leur vie à tirer un rideau sur un mur ou à tourner la clef d’une porte ouverte. La vue s étend sur les côtes, sur la grande mer, sur une rade superbe où peuvent mouiller les plus grands navires, sur la ville gaie, proprette, et ses avenues de platanes, enfin sur Îa campagne rouge, jaune, brune, omnicolore, bornée au loin par des lignes de montagnes parmi lesquelles on discerne le pâté bleu des Montagnes-Blanches. C’est là que je m'achemine par le chemin de fer de Montréal.

13 octobre.

Voilà décidément l'hiver, le froid, les pluies, les tristes aspects du ciel. Au physique et au moral, je me replie sur moi-même, et comme l'hiver fait qu'on se blottit au coin du foyer, il reporte aussi ma pensée vers le home

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DE BOSTON A MONTHÉAL 367

abandonné. 11 n’est pas gai, lors même qu'on en a pris l'habitude, de rester quinze heures durant enfermé dans une Salle d’auberge, cherchant en vain à réchauffer son corps et ses idéés, écoutant machinalement dans le silence d'une nuit d'automne la cadence de la pluie qui tombe où le battement régulier de la montre qu'on à posée devant soi pour voir fuir les heures.

Mais où suis-je? me demanderez-vous. — À Sherbrooké, petite villé du Bas-Canada, station du Grand- Tru railway, où je suis arrivé la nuit dernière, venant de Gorham, dans le New-Hampshire, au pied du mont Washington. Il faisait froid dans ces montagnes. De Pottland à Gorham, le pays se désole et se dépeuple à mesuré qu’on avance. D'abord c’est le paysage accoutumé de la Nouvelle-Angleterre avec ses prairies, ses bois un peu maigres, ses jolies rivières encaissées dans des vallons touflus, avec l'écarlate de ses feuillages tranchant sur les grisilles d'automne ; plus loin, des vallées arides, parsemées de pauvres villages, puis un pays heurté, hérissé d’arêtes rocheuses parmi lesquelles se faufilent de petits torrents montagneux ou s'épandent des lacs solitairés, — des forêts de sapins et de mélèzes jaunis, enfin les grandes montagnes où nous pénétrons au crépuscule par la vallée de la rivière Androscogin. Nous circulons dans uné suite de vallées désertes, bordées de forêts sombres : élles ont le soir un aspect septentrional qui glace plus éncore que la bise qui s’y engouffre.

Le Grand-Trunk est bien le plus lent ét le plüs mal tenu des chemins de fer. Entre Portland et la frontière canadienne, la compagnie n'accorde aux voyageurs qu'un seul train par jour. 11 y a trois mois, près de Montréal, tout un train d'émigrants était précipité, au passage d'une rivière, sur un sleamer qui passait. Le mécanicien, nou-

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