PROS
ee à
Si l’on en croit les bruits qui courent, on laisse à chaque province le droit de décider elle-même sur quel patron sera taillé son gouvernement. L'accord s'établit, parce que le pays veut qu’il s’établisse, et que dans ce dessein il a composé la délégation mi-partie de membres du parti anglais, mi-partie de membres de l’ancienne opposition française aujourd'hui au pouvoir. Les rouges n'ont pas obtenu une nomination.
C’est que la guerre civile des États-Unis inspire aux Canadiens une crainte salutaire de cette annexion dont leurs terribles voisins les menacent. Elle leur donne en même temps l'audace de résister à ce qu’ils considèrent au fond comme leur destinée, car le danger de l'annexion est ajourné, mais non pas vaincu. Les embarras de l’Amérique, si déplorables à tant d’égards, sont après tout l'unique espoir de salut de la petite nationalité canadienne. Malgré sa pauvreté relative, malgré le déficit annuel de son budget, le Canada peut encore avec avantage opposer sa dette actuelle de 400 millions aux milliards incalculables de la dette des États-Unis. 11 a fait de grosses dépenses pour l'armement de ses milices; mais sous ce rapport les États-Unis n’ont rien, que je sache, à lui envier. Les Canadiens, qui n’ont jamais eu pour la république américaine qu’un zèle douteux et intéressé, font aujourd’hui des vœux pour qu'elle reste divisée ; mais, sitôt la guerre achevée, l’Union rétablie, la dette américaine éteinte ou répudiée, ne se laisseront-ils pas de nouveau convaincre qu'ils auraient profit à l'annexion? A vrai dire, sans trop l'avouer à personne, sans peut-être se l'avouer à eux-mêmes, ils en sont convaincus d'avance, et le projet actuel n’est qu'une autre forme . du besoin qui les y pousse. Si fort que l’on tienne au maintien de la petite nationalité canadienne, si fort aussi
haque patron parce dessein u parti osition nt pas
re aux n dont nne en idèrent nexion l’Améès tout
canadéficit C ayanux mil- IL a fait milices ; que je mais eu x etineste diblie, la ront-ils à l’an- 1e, Sans unvaine forme nne au rt aussi
qu’on admire la sagesse du gouvernement britannique dans ses rapports avec ses colouies, on ne peut nier ce qu’il a d’artificiel dans leur univn à une métropole située au delà des mers, quand elles ont à leur porte, avec un peuple de même race, l’un des plus grands et des plus riches pays du monde.
Autrefois, quand un monopole réciproque enchainait l'Angleterre aux colonies, elle pouvait encore s’abuser sur les prétendus bienfaits d’une union qui était leur ruine. Aujourd’hui que le mariage commercial des États- Unis et du Canada est depuis longtemps consommé par le sage libéralisme de la mère patrie, l'évidence éclate à tous les yeux. Sur 45 millions de dollars, chiffre total des importations pendant l’année 1863, 23 millions venaient des États-Unis, 22 millions seulement de tous ies autres pays du monde. Sur 37 millions de dollars, somme des exportations, 20 millions allaient aux États, 17 seulement au reste du monde. La population émigre aussi vite qu’elle se multiplie; elle va chercher aux États-Unis de plus gros salaires, une vie plus large et plus abondante, un plus vaste théâtre pour son activité. La petite colonie française, ahandonnée de la mère patrie, qui a pu, en un siècle et sous la sujétion d’une race étrangère, croître spontanément de soixanse-cinq mille à un million d’âmes, n'a pas perdu sa vitalité extraordinaire. Elle déborde dans toute l'Amérique, peuple le Mexique, la Plata, les Antilles, remplit en ce moment les armées du Nord et du Sud ; .nais elle ne s'étend plus guère chez elle : le tropplein coule ailleurs. En 1863, l'émigration a augmenté de 47 pour 100 sur 4862; pour les neuf premiers mois, l’émigration de 1864 dépasse déjà de 32 p. 100 celle de 4863. N'était l'attachement des Franco-Canadiens pour leurs foyers, la population s’éclaircirait plus vite encore.
où V4
L'agriculture est routinière et se traîne dans les vieux errements. Aujourd'hui encore, à huit lieues de Québec, on est au bout du monde : il n’y a plus rien au delà que des déserts. Les terrres n’ont pas de valeur, parce qu'elles manquent de débouchés. Les routes sont rares, mauvaises, obstruées pour la plupart de péages onéreux. Aussi, tandis que les produits du sol surabondent dans les campagnes et qu’il règne dans certains districts écartés un born marché désastreux, l’Angleterre semble avoir communiqué aux grandes villes quelque chose de sa cherté. Québec même est loin d’avoir aujourd'hui toute son ancienne importance commerciale. Les canaux de l'État de New-York lui enlèvent tout le commerce des grands lacs; les chemins de fer des États de l'Est détournent son propre négoce vers les voies toujours ouvertes des ports américains. Plus les moyens de communication deviendront nombreux, rapides et économiques, plus le courant qui écoule les produits du Canada abandonnera les régions septentrionales, qui en étaient jadis la seule issue. On multipliera les canaux, les chemins de fer vers New-York, Boston et Portland; mais on ne fera pas fondre les glaces qui obstruent pendant cinq mois l’embouchure du Saint-Laurent. Le Canada n’aura même plus sa saison d'activité intermittente et temporaire pour racheter son temps annuel d'engourdissement forcé. Chaque année, la navigation du Saint-Laurent diminue : les deux canaux creusés à grands frais pour ouvrir aux lacs l'accès de la mer, le canal Welland, qui tourne les cataractes du Niagara, et celui qui sert à éviter les rapides entre Montréal et Prescott, ne sont plus assez larges et ne rapportent rien. Sur le canal Welland, le transit a diminué de 12 1/2 p. 100 dans les six premiers mois de l’année. Sur les canaux du Saint-Laurent, la décroissance est en-
core pl dernièr grande une à améric:
passe 4 duit le:
nadient 5 milli rent, et d’en semble relégué Je v
ici m'a ment, : au con drait des ch l’établ par le tion à sang rôte.
mais le cri Le États table, aveni coloss puiss détes
vieux 1ébec, là que u'elles
mau - Éreux.
t dans
écarsemble à de sa l toute ux de ce des étourvertes ication lus le >nnera 1 seule Tr Vers ra pas l’'em- 1e plus ur ra haque s deux accès tes du Mont- Ppor= iué de nnée.
st en-
core plus inquiétante; elle est de 33 p. 100 snr l’année dernière. Remarquez que la diminution est d'autant plus grande qu'on se rapproche de la mer et qu’on dépasse une à une les voies ouvertes récemment par l'industrie américaine. Sur les canaux de l'État de New-York, il passe aujourd hui des barques de 210 tonnes, ce qui ré duit les frais de transport au point de tuer la marine canadienne et de rapporter chaque année un profit net de 5 millions de dollars. Ainsi, le commerce du Saint-Laurent, au lieu d'arriver à la mer grossi du tribut des lacs et d'enrichir les provinces riveraines de son embouchure, semble au contraire rebrousser le courant du fleuve et reléguer au dernier rang les territoires du nord-est.
Je vois donc, en dépit de la confiance que tout le monde :
icim'a montrée, le Canada condamné, dans son isole ment, à un avenir insignifiant et stationnaire. L’annexion, au contraire, aurait pour lui mille avantages : elle lui vaudrait un commerce libre, des marchés assurés, des routes, des chemins de fer, des canaux, des transports faciles, l'établissement immédiat d’une foule d'industries attirées par le bon marché de la main-d'œuvre, enfin l’immigration au lieu de l'émigration. Elle répandrait une vie, un sang nouveau dans ce corps étiolé où la croissance s'arrête. Les Canadiens le sentent etaimeraient mieux le taire ; mais les Américains, qui le savent aussi, se chargent de le crier sur les toits.
Le Canada n'est, à vrai dire, qu'une dépendance des États-Unis; sans ce voisin, à la fois bienfaisant ct redou-table, ce serait un pays perdu, sans ressources et sans avenir, Il ne peut maincenir son indépendance à côté du colosse aux cent bras qu’à la condition de former une puissance qui tieune la balance égale. Or ceux mêmes qui détestent le plus la république américaine doivent eu